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31 mai 2012 4 31 /05 /mai /2012 19:45

El Autismo es Causa (vergüenza) Nacional en Francia - L’autisme est grande Cause (honte) Nationale en France

Traduction, par Mathilde Contreras, de l'article publié le 31 mai dans "Autismo Diario"

Film-le-mur-Autisme.jpg

 

Le 18 février 2012, la France a ratifié la Convention des Nations Unies des Droits des personnes handicapées, cependant – comme il est tristement habituel – cette ratification est restée lettre morte.

 

Le 26 janvier 2012, un jugement français a décrété l’interdiction de diffusion et de distribution dans le pays d’un documentaire intitulé « Le Mur », ainsi que le paiement d’une indemnisation par la réalisatrice, Sophie Robert, à Alexandre Stevens, Eric Laurent et Esthela Solano, les tristement célèbres protagonistes du documentaire. On a protégé l’intérêt privé (avec de claires tendances économiques et sectorielles) plutôt que l’intérêt public, dans ce qui est une insulte à toute la société française : fin de la liberté, de l’égalité et de la fraternité. Le documentaire en question dénonce une situation effrayante en ce qui concerne la conception « officielle » de l’autisme, basée sur un modèle de pensée et d’action caduc, périmé et vulgaire, centré sur la psychanalyse. En quelques mots : un modèle qui rejette sur les mères la faute de l’autisme de leurs enfants, et soumet ces derniers à des tortures.

 

Et, même si cela paraît incroyable, en cette même année 2011, le gouvernement français a déclaré qu’en 2012 l’autisme serait grande cause nationale. Et parmi les actions et communiqués, le gouvernement français lui-même, à travers de la Haute Autorité à la Santé (HAS), a mis en question l’efficacité de la prise en charge basée sur la psychanalyse comme traitement de l’autisme dans le rapport qui a été présenté en mars de cette année sur ce point particulier. Mais, comme par hasard, le rapport a été assez tendre lorsqu’il s’est agi de dénoncer de façon claire et concise, non seulement les irrégularités, mais les violations continues et importantes des droits fondamentaux des personnes qui étaient victimes de l’intervention psychanalytique, laquelle était –évidemment- promue et financée par l’Etat lui-même. La HAS et l’Agence Nationale de l’Evaluation et de la Qualité des Etablissements et Services Sociaux et Médico-sociaux (Anesm), n’ont pas condamné ouvertement les approches psychanalytiques et se sont contentées de les qualifier de « non consensuelles », « n’ayant pas prouvé leur efficacité et ne se basant pas sur des connaissances scientifiques ». Mais elles ne rejettent pas clairement ce modèle, même si elles rejettent par contre le « packing », procédé qui, heureusement, a été interdit pour sa part de façon claire. En toute logique, on n’assume pas ses responsabilités, et les seuls coupables sont les victimes.

 

Il est évident que dans cette affaire, beaucoup d’intérêts sont en jeu, et les rayer d’un trait de plume n’est pas chose facile. Rome ne s’est pas faite en un jour et il va falloir pas mal de travail pour éjecter le lobby psychanalytique du système de santé français. Même si malheureusement, pendant ce temps-là, les soins que reçoivent les personnes autistes en France continuent à être d’une qualité plus que douteuse. Sur ce point, pratiquement rien n’a changé, même si Jean-Luc Harousseau, président de la HAS, a déclaré que « le rapport marque une étape dans la couverture sociale de l’autisme…Rien ne sera plus comme avant », en réalité, seuls les faits comptent.

 

Au jour d’aujourd’hui, et alors que Le Mur est toujours interdit, des milliers de familles françaises continuent à émigrer vers des pays voisins pour pouvoir donner à leurs enfants autistes une possibilité de recevoir des soins de qualité. On estime qu’actuellement, rien qu’en Belgique, il y a 6 500 familles françaises environ qui ont émigré pour mettre leurs enfants à l’abri des psychopathes qui prétendaient les « soigner ». Et cela a bien sûr des conséquences, puisque c’est le gouvernement belge qui doit couvrir les frais du sauvetage de ces personnes, chose qui depuis quelque temps ne semble plus du goût de l’exécutif belge. Pendant ce temps-là, à l’Elysée, on continue à regarder ailleurs. Actuellement, la nouvelle administration française est encore en train d’évaluer comment elle va faire face à ce problème. Selon des sources du gouvernement belge, le coût direct qui est supporté pour donner une couverture aux émigrés français dépasse largement les 300 millions d’euros par an. Bizarrement, le coût par personne et par jour en Belgique pour une intervention de qualité est largement moindre que le coût du modèle français, fait devant lequel surgissent de nouvelles questions, comme par exemple : pourquoi le modèle français, en plus de ne servir à rien, est-il si cher ? Où va cet argent ? A qui profite donc le fait que ce système inhumain se perpétue ? N’oublions pas que nous parlons ici d’argent public.

 

Mais en chiffres réels, la vérité est que rien ou presque n’a changé en France, plus de 80% des enfants autistes ne vont toujours pas à l’école, et de plus, selon des sources émanant du ministère de l’Education français, il n’existe au jour d’aujourd’hui aucun plan pour résoudre cette situation à court terme, même si on affirme qu’ « ils y travaillent », mais qu’avant deux ans au moins on ne disposera pas d’un modèle qui puisse donner une réponse, puisqu’entre autres problèmes, il n’y a pas suffisamment de professionnels formés pour pouvoir donner une réponse adaptée, ou qu’actuellement, on ne sait pas quelle peut être la réaction des familles dont l’enfant n’a aucun handicap , mais on prévoit qu’elle sera contraire aux modèles éducatifs que réclament les associations de parents.

 

Le rapport élaboré par Isabelle Mostien-Resplendino « La scolarisation des enfants en situation de handicap. Rapport comparatif France/Belgique et propositions », semble ne pas avoir reçu l’écho qu’il méritait, ou bien il a provoqué un effet contraire à celui désiré, et dans certains secteurs on l’accuse d’être un document qui fait la promotion de l’émigration forcée en Belgique. En bref, il y a des opinions et des interprétations pour tous les goûts.

 

Un autre point curieux est la disparition de toutes les pages qui existaient sur le portail du gouvernement français en référence à la Grande Cause Nationale, tout simplement, elles n’existent plus. Devant les questions formulées sur ce qui s’était passé avec ces pages, la réponse a été qu’elles avaient été simplement déplacées, par contre on n’a jamais réussi à retrouver où elles se trouvaient maintenant. Depuis la grande opération médiatique menée par l’à présent ex premier ministre français, François Fillon, tout semble s’être congelé. On attribue ce temps mort aux élections présidentielles, mais en vérité la situation a à peine changé pendant l’année. A l’Elysée, ils disent qu’ils viennent d’arriver , qu’on doit parler de ces choses avec le ministère de l’Education, au ministère de l’Education qu’ils y pensent mais que peut-être qu’à la Santé on nous en dira plus, à la Santé on nous renvoie à l’Hôtel Matignon, et ainsi de suite…Et dire qu’on a posé des questions sur la grande Cause (honte) nationale !

 

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