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17 février 2012 5 17 /02 /février /2012 17:48

Commentaires sur certains propos de Bernard Golse dans le magasine santé de France 5 -  14 février

http://www.youtube.com/watch?v=fXnO84nvs1A

 

En noir - Bernard Golse

    En bleu - mon commentaire personnel

 

  • "Alors à partir de là y a deux façons de l'aider : Soit l'aider par la relation à admettre qu'un autre existe et qui n'est pas un danger. "    

Toujours cette idée que l'enfant autiste ne veut pas entrer en relation car il a peur de l'autre : l'autisme ce n'est pas cela, on le sait maintenant. Un enfant autiste ne voit pas l'intérêt de communiquer car il pense que l'on sait ce qu'il pense, donc ce qu'il veut entre autre. Ce n'est pas par peur d'aller vers l'autre.

 

 

  • "D'abord, rien n'est validé. Tout le monde doit savoir que dans le traitement de l'autisme, toutes les méthodes d'approches , cognitives, comportementales, psychothérapies, etc..rien n'est validé ! Y a des choses en cours de validation, mais rien n'est validé et pas plus la méthode ABA que d'autres. "

Faux : voilà des références de nombreuses études sur le programme TEACCH, ABA dont les conclusions valident ces pratiques.

On peut également consulter la version provisoire du rapport 2012 des recommandations de la HAS

 

 

 

  • "Alors après dire, "c'est non recommandé", d'abord non recommandé ça ne veut pas dire "interdit". "

C'est vrai que beaucoup de professionnels continuent malgré tout à faire des formations, colloques subventionnés par le service public et « aider » l'enfant avec des pratiques non recommandées : cela ne les gêne pas le moins du monde : c'est pour cela qu'une loi est essentielle pour rendre ces recommandations opposables. Hélas le rapport sortira juste après la fermeture de l'assemblée nationale qui rouvrira je crois fin octobre, donc aucun projet de loi ne pourra être déposé à la sortie des recommandations.

 

 

  • "Donc ça fait des années et des années que les gens se mettent à aider les enfants avec des méthodes qui ne sont pas encore tout à fait validées . Écoutez je crois que si on faisait rien, les parents nous en voudraient encore beaucoup plus que de se croiser les bras. "

Voyons voir de quelle manière ont été aidés les enfants autistes nés dans les années 70 80 ou 90 et qui ont bénéficié pour unique prise en charge d'une pratique psychanalytique, consistant à attendre l'émergence de leur désir de sortir de l'autisme. Voyons le résultat aujourd'hui de cette aide : ce sont aujourd'hui des adultes vivant en hôpital ou institution psychiatrique, dépendants pour chaque geste quotidien, ne sachant pas communiquer autrement que par des troubles du comportement, qui sont gérés par des injections massives de neuroleptiques, les transformant lentement mais surement en être humain amorphe. Drôle de manière pour certaines personnes d'aider des enfants...

 

 

  • "Mais, je le crains, on est dans une année terrible, on est dans une année terrible, où y a des pressions différentes, des pressions politiques, des pressions idéologiques. Des pressions peut être commerciales même. "

En effet on est dans l'année de l'autisme, grande cause nationale : année terrible donc.

La pression des parents qui à 95% ne veulent plus que leur enfant n'ait d'autres choix qu' une pris en charge psychanalytique. Pour rappel, actuellement au moins 90% des instituts et IME fonctionnent avec ce type de prise en charge.

Pression idéologique : en effet, les parents veulent aujourd'hui que leur enfant reçoive de l'éducation comme tout citoyen, apprenne à communiquer, apprennent l'autonomie, quelles drôles d'idées en effet !  

Enfin, entre des parents et des professionnels comme lui, ayant son statut médical et reconnu médiatiquement, lesquels sont le plus dans les capacités de faire pression ?

Pour l'instant ce sont les parents qui au quotidien subissent la pression des professionnels de santé ( dont lui ) pour faire interner leur enfant en structure à fonctionnement psychanalytique ( ce sont quasiment les seules structures existantes )

 

 

  • "Les gens raisonnables, j'espère en faire partie "

 Est ce raisonnable d'interpeller la HAS par voie médiatique afin de leur dire de changer, à 2 semaines de sa sortie, des recommandations qui ont mis des mois et des mois à se faire ?

Vouloir qu'un enfant passe sa vie en hôpital ou insitution est-ce raisonnable, ne serait-ce que sur le plan économique ? Bien sur ce n'est pas dit directement ici, mais des témoignages de parents démontrent les énormes difficultés qu'ils ont eu à obtenir de ce professionnel un diagnostic, et à faire sortir leur enfant de l'hôpital où il était orienté.

 

 

  •   "pour aider un enfant autiste il faut premièrement le mettre à l'école. Et là on est solidaire, la main dans la main avec tous les parents : "

Tiens c'est nouveau ça, qu'il soit pour la scolarisation . Si seulement c'était vrai...mais bon on revient vite à la réalité en lisant les témoignages des parents qui sont passés par lui

 

 

  • "Mais bien entendu nous souhaitons qu'il aille à l'école, c'est la base, par ce que l'enfant autiste il est autiste toute la journée. Il faut qu'il soit quelque part dans un lieu où les parents aient confiance . "

En gros ce qu'attend Bernard Golse de l'école, c'est un lieu pour calmer les parents et les rassurer. Mais pour l'intérêt de l'enfant, pas un mot...l'école serait elle juste un lieu de « stockage? »

 

 

  • Bernard Golse - Il faut l'aider sur un plan éducatif , et pourquoi pas ABA, pourquoi pas TEACCH et pourquoi pas d'autres méthodes

            Journaliste - Mais y a pas Une méthode...

           Bernard Golse - Bien sur que non les parents doivent avoir le choix.

Oui mais le problème c'est que à cause de l'omniprésence des thérapies psychanalytiques enseignées aux thérapeutes, le choix il n'existe tout simplement pas : en effet les tentatives de formations universitaires aux TCC par exemple sont balayées sous la pression des enseignants en psychanalyse, comme l'affaire du Master Comportementaliste à Amiens.

 Le DU ABA de Lille a rencontré une résistance inouïe de la part de ces personnes dites « raisonnables ».

Pas de formation, pas de thérapeutes formés, pas de choix. Du coup ce sont aux parents de s'activer et de lancer une pétition pour qu'il y ait des formations universitaires autres que psychanalytiques.

 

  • Un plan reéducatif à un moment y a toujours besoin d'une rééducation orthophonique, rééducation psychomotrice etc

Formations en psychomotricité imprégnés de psychanalyse . Comme on peut le voir ici par exemple http://www.snup.fr/download/JA2012-BRUXELLES.pdf

 

 

  • Les psychanalystes en ont un peu assez de cet arrêt sur image qui dit que quand on est psychanalyste et qu'on veut aider un enfant autiste de manière psychanalytique on est simplement à la recherche du coupable : la mère ou je ne sais qui. Mais ça c'est complètement ringard !

Euh...sans commentaires là...se référer au film « le mur » qui vient d'être censuré ( on se demande bien pourquoi !) se référer aussi aux témoignages des parents.

 

 

  • Mais aider un enfant autiste quand on est psychothérapeute psychanalytique c'est pas du tout la même chose que d'aider un adulte névrosé . C'est mettre des mots sur ses émotions, ses angoisses.

Les parents ne font-ils pas déjà cela ? Quand aux angoisses...tout le monde en a surtout quand on ne sait pas communiquer ses besoins.  

 

  • Être autiste est très angoissant et sortir de l'autisme aussi .

Je ne savais pas qu'on en sortait, première nouvelle ! Moi même qui suis dans le spectre de l'autisme, je n'en suis toujours pas sortie...peut être un jour, qui sait ?

 

 

  • Sortir de l'autisme c'est aller à la rencontre du monde des objets, de l'environnement, des personnes qui sont autour, ça peut être un grave danger, ressenti comme un grave danger.

Sous entendu : quand on est autiste on est dans son monde et on ne veut pas en sortir car on a trop peur. C'est pas ce qu'on pensait déjà il y a une vingtaine d'année ? Les connaissances sur ce syndrome n'auraient elles pas permis d'en savoir plus ?

Par exemple si je vais dans un pays civilisé, je pense que jamais je n'entendrai cette définition de l'autisme dans un magasine de santé sur une chaine publique. Mais bon, ce monsieur doit savoir ce qu'il dit, vu que c'est un « spécialiste » il fait figure d'autorité.

 

 

  • Et le psychanalyste est assez bien formé sur ça du fait de son activité avec les questions du transfert et du contre transfert il partage assez bien le monde de l'enfant

Ainsi le psychanalyste aurait le pouvoir de partager le monde d'un enfant, pouvoir que n'aurait pas les autres ? Ce sont des surhommes alors ? Je ne sais pas si c'est le cas mais vu la manière dont ils sont encensés dans les média et invités à titre d'expert partout, je comprends qu'ils puissent se voir ainsi.

En tout cas il n'y pas de preuves possibles à cette affirmation, on est obligé de le croire, et puis on n'a pas le choix vu que les structures publiques fonctionnent quasi uniquement avec cette approche

 

 

  • C'est dommage que la Haute Autorité de Santé qui est une instance scientifique, je crains qu'elle ne cède sous la pression actuelle Et qu'elle soit imprégnée par des courants idéologiques ou des conflits à fin diverses.

A propos de pression ...la pression des milieux psychanalytiques est telle que aujourd'hui la France est l'un des derniers pays au monde à reconnaître comme seule prise en charge les pratiques psychanalytiques. Est ce bien raisonnable ?

 

Ce mot « pression » me rappelle bien sur aussi la pression exercée par les psychanalystes sur le président de l'assemblée nationale en 2010, l'obligeant à revoir sa proposition de loi qui visait à ce que les psychanalystes suivent une vraie formation. Est ce bien raisonnable ?

 

Enfin à propos de conflit rappelons que l'immense pression faite par le courant psychanalytique a obligé le ministre de la santé à enterrer en 2004 un rapport fait par l'INSERM et qui concluait à une inefficacité de la psychothérapie psychanalytique par rapport aux autres psychothérapies. Est ce bien raisonnable ?

Pour en savoir plus : http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article1540

 

 

En bref

Monsieur Golse a essayé de se faire passer pour une personne raisonnable ouvert à toutes approches,très au fait de ce qu'est l'autisme, et ne comprenant pas pourquoi ces conflits actuels. Se posant en victime de pressions.

Il fait croire que en France il y a de la place pour chaque approche, alors que aujourd'hui seule la thérapie psychanalytique est reconnue donc remboursée : les projets de création de structures publiques à approche psychanalytique sont systématiquement agrées et donc financés par l'état, sans qu'aucune demande de preuves de leur efficacité ne soit demandée. La plupart des projets de structure publique à approche éducative et comportementaliste sont bloqués.

 

Conclusion d'un papa d'enfant autiste :

On a compris qu’il cherche à préserver sa chère psychanalyse en la mettant au même niveau que l’ABA, tentant de marier la carpe et le lapin. Ces deux approches sont concrètement incompatibles, l’une préconisant d’attendre que l’enfant soit prêt, l’autre préconisant une stimulation intensive précoce. Il le sait parfaitement, c’est donc une hypocrisie de sa part.

 

Conclusion : les français non concernés par l'autisme vont retenir

  • que l'autisme, c'est se mettre dans un monde par peur d'aller vers l'autre
  • qu'on peut en sortir
  • qu'en France tout va bien ( sauf l'Education Nationale qui ne fait pas son travail )
  • que c'est vraiment trop injuste ce qui arrive aux psychanalystes, ils ne méritent pas cela, ils ont tant œuvré pour les personnes autistes.  

 

Bon alors : les parents français d'enfants autistes sont ils exceptionnellement déraisonnables ? Pourquoi tant de colère ?

Cela, ce n'est pas expliqué dans cette vidéo....

 

 

 

 

 

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