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7 avril 2012 6 07 /04 /avril /2012 17:59

Une relation Suédoise va écrire un article sur l'autisme en France, pour le webmagasine Néo qui traite de Société, Politique etc..

On me demande comment on traite l'autisme en France, et les raisons qui font que je veux m'exiler en Suède.

 

Voici ce que je veux répondre

 

En France c'est le secteur psychiatrique qui est en charge des enfants autistes. L'autisme est considéré par une grande majorité des professionnels comme étant la pire des psychoses : lorsque ils suspectent de l'autisme chez un enfant, souvent ils ne le disent pas aux parents, car pour eux c'est enfermer l'enfant dans une terrible maladie mentale.

Les enfants autistes sont donc très souvent diagnostiqués "psychotiques" : l'orientation est alors prioritairement le soin, et pas l'éducatif : à partir de 3 ans, ils sont orientés  en hôpital psychiatrique pendant la journée, ou en Centre Médico Psychologique,  avec 2 ou 3h  d'école par semaine, si les parents le demandent vraiment, qu'ils remplissent la liste interminable de papiers, et si ils ont la chance qu'une Auxillaire Vie Scolaire soit nommée pour accompagner l'enfant.

L'École ne veut pas d'enfant comme ça, pour eux ce n'est pas nécessaire d'éduquer un enfant autiste.¨La majorité des enseignants pensent que la place d'un enfant autiste est en institut spécialisé.

 

 

Pourquoi cette spécificité française ?

 

  • La France est un pays  très élitiste 

 

Quelque part la révolution n'a pas agi, car toute une partie de sa population est privée des droits à l'éducation, comme l'étaient les paysans sous Louis XVI.

Par comparaison, les philosophes, psychiatres d'orientation psychanalytique ( 80% des psychiatres ), les intellectuels, ont remplacé eux, la noblesse.

Ces professionnels monopolisent tous types de média : cela explique pourquoi en 2011, un français sur 2 pense que les thérapies psychanalytiques permettent d'améliorer l'état d'une personne autiste.

Ils trustent les colloques et les formations médicales et universitaires, avec le partenariat des mairies, et tout autre service, public. Des fondations gérées pas de grands groupes leur permettent de financer leur recherche.

Etant les plus nombreux, ils font facilement pression sur les professionnels qui soutiennent une autre approche que la leur, empêchant par tous les moyens la création de formations universitaires autres que psychanalytiques.

 Noyautant également le système judicaire, ils peuvent censurer sans problème les actions qui ne vont pas dans leur sens, comme tout récemment le film "Le mur" , ou d'autres tentatives comme celles décrites  ici.

 

 

  • Les effets pervers du système de santé français

 

Personne ne demande de résultats aux psychiatres, ils sont payés par l'état, et reçoivent la même somme quelleque soit leur efficacité. Ils font absolument ce qu'ils veulent. Ainsi, les hôpitaux et institutions psychiatriques sont des lieux idéaux pour des personnes voulant s'amuser un peu avec des enfants, assouvir des fantasmes, sans avoir de comptes à rendre à personne, même pas aux parents.

L'état laisse faire....

Si les associations de parents n'étaient pas là, la France serait comme...comme un état fasciste ..toutes les personnes non conformes, ou nuisant à l'image du pays, seraient mises dans un endroit, maltraitées...et laissées pour compte.

 

 

Pourquoi ça n'évolue pas ?

 

Il y a beaucoup trop d'argent en jeu. Les professionnels aux commandes des services hospitaliers ne veulent pas perdre leur clientèle. Ils en vivent. Comme ils sont au pouvoir, soutenus officiellement par plusieurs partis politiques qui prônent soit disant le changement, ils ne tomberont pas, et ne rendront de comptes à personne. Ils sont beaucoup trop puissant.

 

 

Que font les partis politiques ?

 

Les présidentiables évitent très soigneusement de parler d'autisme : ils sont conscients que c'est une catastrophe sanitaire, et qu'ils en sont en parti responsables. Pour que cela change il faut changer très profondément la manière de prendre en charge l'autisme : cela prendrait inévitablement beaucoup d'énergie de leur part, et beaucoup de temps et aussi reconnaître leurs erreurs. Ils préfèrent donc ignorer.

 

C'est un peu comme le principe de l'inertie : "Tout objet soumis à des forces qui se compensent, ou non soumis à une force, persévère dans son mouvement initial" .Ici, aucune force ne s'applique au gouvernement , ou bien, elles se compensent : le gouvernement poursuit sa trajectoire...Si on veut que le mouvement change il faut appliquer une force . Qui doit l'appliquer ? Nous peut être, les parents...

 

L'autisme est grande cause nationale cette année...mais ça ne sert pratiquement à rien. Peut être simplement à alléger la conscience des français ? des politiques ? Le 3ème plan autisme vient de sortir : malgré tout ce qui a été rapporté, il continue dans la même voie, à donner de l'argent par ci par là, alors qu'il faudrait réorienter les fonds entre les différents ministères, ( de la santé, au profit de l'éducation nationale ), créer des dizaines de formations universitaires adaptées, former les enseignants etc... Rien de tout cela...

 

 

Pourquoi je veux m'exiler ?

 

Étant donné que même avec toute la volonté des parents, même avec des recommandations de bonnes pratiques, qui de toute façon ne seront pas appliquées sauf sous éventuelles contraintes,  rien, ou très peu de choses changeront en France.  

Le seul avenir de Julien ici, c'est une institution psychiatrique.

L'année prochaine il  ne verra quasiment plus d'enfants de son âge ordinaires.

Je ne peux pas dépenser 1500 euros par mois pour sa prise en charge, pendant toute ma vie...actuellement c'est le cas, et même en faisant cela, il est exclu des lieux sociaux. Alors qu'il a un handicap social.

J'ai très peur de la réalité qui risque de se produire lorsque je ne serai plus là : qu'il soit placé en institution psychiatrique, avec un surdosage de neuroleptiques, à la merci de tout le monde, maltraité, attaché toute la journée en chambre d'isolement ( beaucoup d'autistes aujourd'hui connaissent ce sort ). Incapable de se défendre, et surtout, personne pour le défendre.

 

 

La France, pays développé ?

 

On mesure parfois le développement d'un pays à la qualité d'éducation qu'il donne à ses citoyens, à sa façon de prendre en charge les plus faibles.

La France est elle un pays développé ?

Ne respectant pas la convention internationale des droits de l'homme, plaçant toute une population entre les mains de professionnels incompétents et payés par les contribuables, la France mérite-t-elle encore d'être membre de l'Union Européenne ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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commentaires

Autisme 11/08/2014 01:02

Le problème de l'Autisme, c'est qu'il est l'exemple type du non sens de la psychanalyse.
L'Autisme devient donc une cible.
Personne ne nous défendra, c'est à nous de prendre la parole.

Angela 16/04/2012 16:45

Bonjour,

Vous savez en France il y a (selon MEN , en 2008) 3000 enfants qui bénéficient de l'instruction en famille (enfants sans problèmes de santé).

Ils ne vont pas à l'école.
Ils ne sont pas enfermés entre 4 murs.
Ils sortent tous les jours pour rencontrer leur copains de toutes âges.
Ils font pleins d'activités en dehors de la maison.
Ils sont instruits et heureux.

L'école n'est pas le seul endroit où on peut voir des enfants.

pierre sans 08/04/2012 16:16

Trop de caricature tue la caricature. Vous poussez le bouchon un peu trop loin et ce petit jeu, on tombe dans un des sports favoris des français,qui consiste se dénigrer, s'autoflageller et se
considerer comme les derniers des pays civilisés. Je voyage pas mal, j'en ai un peu marre de ce sport débile.
Donc, moi qui figure dans ce blog au titre d'un psychiatre qui a à se plaindre de confrères manquant d'humanité tiens à rétablir des choses qui me semblent outrancières dans votre propos.

1 Je reconnais que les "grandes gueules" de la psychanlyse ont souvent accaparé les médias. Et encore : je suis un auditeur régulier de France Inter, où par exemple les émissions sur l'autisme, et
depuis toujours, ont été fort critiques en ce qui concerne la psychanalyse et ont toujours invité des tenants des recherches neurobiologiques. Les choses changent : la psychanalyse, du moins sous
sa forme la plus détestable, arrogante, culpabisatrice des parents, est en nette perte de vitesse.

2 80% des psychiatres adeptes de la psychanalyse? Je ne sais pas d'où vous tenez ce chiffre. Moi qui ai travaillé en 42 ans de carrière dans toute sortes d'institutions psychiatriques, dans
plusieurs régions de France, suis abasourdi par cette estimation tout à fait fantaisiste. Cela était peut être vrai dans la décade des années 80, en région parisienne, et encore. Ne condfondons pas
une grande partie de praticiens qui ont lu un peu de Freud, qui font "joujou" de temps en temps avec un concept psychanalytique et d'autres qui ont réelement une pratique de ce type. Il y a bien
plus de psychologues de tendance psychanalytique que de médecins psychanalyste.

3 Vous parlez d'autistes pris en charge à l'hôpital psychiatrique. Là encore, ne faites pas de démagogie, je regrette de vous le dire ainsi. Un hôpital de jour pour enfants, c'est quoi, le plus
souvent ? Une maison en ville, avec un jardin, ou un grand appartement, où travaillent des gens souvent de valeur, infirmiers, éducateurs, orthophonistes et psychomotriciens, psychologues, et
enfin, peu de temps le plus souvent des psychiatres. Il est exact que certains de ces H de J sont sous la coupe de psychanalystes, mais c'est de plus en plus rare. Donc les h. de J. pour enfants,
ce n'est pas l'asile !

4 Tous les enfants autistes à l'école ? Moi je veux bien, mais ce n'est pas raisonnable. Le "spectre autistique " est large, et certains ne pourront jamais tirer parti de l'école. Affirmer le
contraire est mentir aux parents, et leur donner de fausses espérances.. En maternelle, oui, admettons pour la plupart. Mais à partir de 6 ans les possibilités de l'école se réduisent, et au delà,
il y a une proportion relativement importante d'autistes qui sont mieux à leur aise dans des IME, avec scolarisation en intra, éventuellement à temps partiel dans une école tolérante.

5 Et au final, lorsqu'arrive l'adolescence, puis les débuts de l'âge adulte, apparaissent chez les autistes les plus gravement atteints, des troubles du comportement (agitation, violence,
agressivité, etc) qui rendent la vie familiale infernale, et qui poussent des parents au désepoir. Et là on doit avoir ecours à des psychotropes. Et c'est là où souvent les fameuses institutions
psychiatriques brillent par leur rejet. "Ce sont des handicapés", ce ne sont pas des "malades" disent souvent mes confrères, comme si on ne pouvait pas être malade ET handicapé !

6 Enfin dernière chose. Certes les écoles psychanalytiques, lacanniennes le plus souvent, ont un fonctionnement assez sectaire. Mais certaine officines cognitivo-comportementales aussi je l'affirme
haut et fort. Certaines officines vivent de la detrese des parents, il faut le savoir.

Au total, restons lucides, mesurés, objectifs, dénonçont les abus, et il y en a, mais de caricaturons pas à l'excès. Cela ne sert pas la cause des autistes.

Pierre Sans

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