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10 mars 2012 6 10 /03 /mars /2012 19:58

J’élève seule mon fils depuis sa naissance car Léonard est ce qu’on appelle un « bébé surprise ».

A sa naissance, son père n’a pas voulu le reconnaître.

Je n’avais aucun problème avec cette situation. Je me sentais prête à élever mon enfant seule. Je crois que j’aurais bien moins supporté un avortement car même si la grossesse n’avait pas été programmée, dès que j’ai su que j’étais enceinte, j’étais la « plus heureuse du monde », j’étais juste triste que le père ne partage pas ma joie.

 

Bébé, Léonard était très sage : je n’ai eu aucun problème pour l’adaptation à la crèche lorsqu’il a eu 4 mois, aucun problème pour le sevrage, aucun problème d’alimentation … Rien : tout allait bien avec lui ! C’était un bébé en or !

 

Maintenant avec le recul et parce que j’ai un autre enfant, je me rends bien compte que ce n’était pas « normal » : il était TROP sage !

Ce que je ne comprends pas c’est qu’à la crèche, puis au jardin d’enfants ou même à la PMI on ne m’ait rien dit !

A 18 mois, il a même fait le bilan de santé de la CNAM et rien : personne n’a rien vu !

 

C’est son entrée dans le langage qui m’a alerté mais parce qu’entre temps j’avais repris mes études en linguistique et en didactique du français langue étrangère et que mes professeurs faisaient le parallèle entre la façon qu’a un enfant d’apprendre sa langue maternelle et un adulte qui apprend une langue étrangère.

Mon fils avait 2 ans à l’époque et commençait à parler mais sa façon ne ressemblait en rien à ce que mes professeurs disaient !

Léonard parlait peu, il chantait tout le temps mais ne communiquait que très peu. Il répondait aux questions que je lui posais, souvent par « oui » ou par « non » sans rajouter autre chose.

Il était très peu curieux aussi et il ne cherchait pas à toucher à tout.

 

Je me suis vraiment inquiétée pour lui à l’approche de ses 3 ans car je lui parlais, il me regardait mais avec une telle indifférence que cela me glaçait le sang. J’avais l’impression qu’il ne comprenait pas ce que je lui disais. A ce moment là, j’ai eu peur pour ses capacités intellectuelles mais je ne comprenais pas parce que le reste ça allait : il marchait, il allait aux jeux dans les parc etc et puis surtout il était dans un jardin d’enfants et personne ne me disait rien.

Je crois que j’ai fait « l’autruche » 1 an, assez réconfortée par quelques copines qui me disaient : « Chaque enfant évolue à son rythme, tu vois bien qu’il peut parler de toute façon puisqu’il chante ! »

Finalement, j’ai pris rendez vous dans un CMP.

Comme l’histoire familiale de Léonard était de toute façon particulière (il ne connaissait toujours pas son père), je me disais autant consulter pour aborder cette situation, savoir comment parler du père, comment expliquer à Léonard que cet homme n’était pas là etc

Nous avons vu une psychologue.

Dès le premier rendez vous j’ai expliqué pourquoi je voulais que mon fils voie un psy

et évidemment elle m’a posé plein de questions sur notre situation familiale.

Ensuite, nous avons dû la voir toutes les semaines et bien sur elle s’est engagé dans cette brèche : l’absence du père !

Léonard ne dessinait pas, pour elle : il ne voulait pas laisser de trace … J’avais beau dire que si, si une fois alors que j’étais occupée au téléphone, il avait écrit sur le mur du salon. Elle ne voulait rien entendre : elle insistait sur le fait que Léonard porte mon nom de famille ( évidemment puisque son père ne l’avait pas reconnu ! ) et donc qu’il ne souhaitait pas laisser de trace !

J’ai bien évidemment aussi eu droit à : «Vous êtes trop fusionnelle ! »

Etc etc et cela a duré presque 2 ans !

 

Un jour, exaspérée, j’ai fini par me fâcher et j’ai demandé si on allait devoir venir encore longtemps comme ça pour parler de notre situation familiale, si elle pensait me dire ce qu’il se passait avec mon fils et si je pouvais avoir quelques conseils.

 

La psy a été très mal à l’aise mais devant mon entêtement à la questionner, elle a fini par me dire qu’elle n’était pas sure, que c’était difficile à dire parce qu’il est encore petit, et puis à quoi bon vouloir lui mettre une étiquette mais que peut être que ce qu’avait mon fils était grave, qu’elle pensait à une dépression ou à une psychose infantile.

 

Je ne savais absolument pas ce qu’était une psychose infantile, je n’avais jamais entendu ce terme !

Une dépression, je n’y croyais pas car mon fils n’avait pas d’autre symptôme : il mangeait et dormait très bien.

De plus, je ne le voyais absolument pas triste puisque justement il chantait tout le temps !

 

J’ai passé ma semaine sur Internet à essayer de comprendre ce qu’est une psychose infantile et je suis tombée sur des sites parlant d’autisme (évidemment).

 

La semaine suivante, j’ai revu cette psy et je lui en ai parlé.

Elle a ri et m’a dit : « Hahaha j’en étais sure que vous alliez me parler d’autisme ! Mais non, il n’est pas autiste ! »

 

C’était en février 2005, jusqu’à aujourd’hui, je n’ai toujours pas compris ce qu’il y avait de drôle et pourquoi cette femme était morte de rire après m’avoir annoncé que mon fils était probablement psychotique mais pas autiste !

 

 

Au final, Léonard a été diagnostiqué et évalué à l’hôpital Robert Debré : il est autiste, sans déficience intellectuelle.

A partir de là, il a pu avoir une vraie prise en charge.

 

 

 

 

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commentaires

cougna21 11/03/2012 20:05

Merci pour ce témoignage, très émouvant pour nous qui avons vécu (comme beaucoup !) un parcours similaire. Pour que d'autres familles gagnent du temps ....
Merci !

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