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22 mai 2012 2 22 /05 /mai /2012 19:59

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Plus jamais ça !

Quand mon fils y est arrivé dans un hôpital de jour, il n'avait pas de diagnostic posé. Après une semaine d'observation il était considéré comme psychotique avec des défenses autistiques. Dans leur description on reconnaît typiquement le profil d'un enfant autiste, mais ils ne le considèrent pas comme tel, puisqu'il est verbal...

Tous ses actes et paroles sont passés au crible de la psychanalyse avec des interprétations dignes du "crocodile" ( j'ai ainsi des pages de perles de ces années là).

AUCUN bilan n'a été établi dans quelque domaine que ce soit et mon fils fut amené à "participer" sans cesse à des activités auxquelles il ne comprenait rien, qui ne l'intéressaient pas et qu'il ne pouvait réaliser, par manque (entre autres) de capacités à observer, à reproduire, à exécuter en même temps que les autres, à comprendre la consigne, etc. Bref toute activités proposée étant inadaptée, il fut mis constamment en échec, d'où mésestime de soi, angoisse envahissante, troubles du comportement amplifiés, d'où punitions, mise à l'écart, etc... Bien sûr, aucune forme de stimulation, puisqu'il fallait ATTENDRE qu'il soit prêt pour faire ou apprendre!!!

 

Ce que je raconte est malheureusement affreusement banal et vous avez déjà lu tant de fois ce genre de témoignage .

Ce que je raconte je ne l'ai compris qu'au bout d'un an et demi, quand j'ai compris que mon fils était autiste et que je l'ai fait diagnostiquer avec évaluations.

Un des intervenants qui a quitté ce lieu, m'a dit l'avoir quitté "pour ne pas cautionner cette forme de maltraitance" (sic)

Ce que mon fils y a vécu a dégradé son état et lui a fait perdre définitivement de précieuses années de développement, de stimulation et de rééducation. Voilà comment une prise en charge "psycho-dynamique" (quel est le comique qui a osé nommer ainsi ces pratiques???) basée exclusivement sur la psychanalyse peut abîmer un être. N'est ce pas une autre forme de maltraitance que de laisser un cerveau en errance, que de laisser des compétences émergentes en friche, que de laisser un enfant de côté parce qu'on y comprend rien, de passer son temps à interpréter de travers, via les fantasmes personnels et les transferts de chacun, des stéréotypies ou des comportements naturels de survie et de révolte? Alors n'en déplaise aux anti-comportementalistes, il y eut heureusement l'ABA pour lui redonner confiance, estime de soi, joie et joies et le faire avancer. Puis il y eut les bilans dans les différents handicaps associés identifiés et les rééducations enfin adaptées.

Mais plus jamais ça...

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19 mai 2012 6 19 /05 /mai /2012 20:38

French autistic kids mostly get psychotherapy - Les enfants autistes français ont surtout des psychothérapies

 

Traduction, par Elsa Bouët, de l'article publié par Associated Press le 18 Mai 2012, et paru dans de nombreux journeaux anglophones

parmi eux : USA Today, News times, Washington Times...

 

LONDRES – Dans la plupart des pays développés, les enfants avec autisme sont habituellement envoyés à l'école où ils reçoivent un programme d'éducation spécifique. Mais en France, ils sont plus souvent envoyés chez un psychiatre où ils reçoivent une thérapie analytique par la parole faite pour les gens avec des problèmes psychologiques ou émotionnels.

Les choses changent lentement, mais non sans résistance. Le mois dernier, un rapport de la Haute Autorité de Santé française a conclu qu'il n'y avait pas d'accord parmi les scientifiques sur l'efficacité de la psychothérapie psychanalytique pour l'autisme, et elle n'a pas été inclue dans la liste des traitements recommandés.

Cela a provoqué un taulé chez les psychiatres. Des groupes comme l'école freudienne, l'association mondiale de la psychanalyse et l'institut français de l'enfant ont lancé une pétition appelant le gouvernement français à reconnaître leur approche clinique, basée sur la psychothérapie analytique.

"La situation en France est en quelque sorte comme celle des États Unis dans les années 50", dit le Dr Fred Volkmar, un expert américain qui dirige le centre d'études sur l'enfant à l'université Yale. "Les Français ont un point de vue très particulier sur l'autisme et, pour quelque raison, ils ne sont pas convaincus par les preuves."

Les méthodes comportementalistes, qui se basent sur le principe d'aider les enfants autistes à communiquer avec les autres et à développer des compétences sociales, sont la norme en Grande Bretagne, au Canada, au Japon, aux États Unis et ailleurs en Europe. Mais elles sont rarement utilisées en France.

La France a longtemps été critiquée pour son approche du traitement de l'autisme. En 2002, la fondation Autisme Europe a déposé plainte contre la France au conseil de l'Europe, accusant le pays de refuser d'éduquer les enfants autistes, comme il est requis par la charte sociale européenne.

La charge a été retenue et le comité européen des droits sociaux a déclaré que "la France a échoué à réaliser un progrès suffisant" dans l'éducation des enfants autistes. Le comité a aussi accusé la France de faire des personnes autistes "un groupe exclu" et souligné un "manque chronique de soin".

Volkmar dit que certaines formes de psychothérapies sont peut-être utiles pour des enfants autistes de haut niveau pour gérer des problèmes comme l'anxiété, mais ne devraient pas être considérées comme un traitement de première ligne. Il dit que la vaste majorité des enfants autistes aux États-Unis – plus de 95% – va à l'école.

Mais les enfants français avec autisme traînent loin derrière. D'après les données du gouvernement, moins de 20% des enfants autistes vont à l'école. La plupart du temps ils sont gardés à la maison ou vont dans un hôpital de jour pour des séances psychiatriques.

Beaucoup d'experts français insistent à dire que la psychothérapie analytique est essentielle. "Je ne dirai jamais que la psychanalyse est la meilleure méthode, mais elle est inestimable", dit Marie Dominique Amy, présidente de  la CIPPA, Coordination Internationale entre Psychothérapeutes Psychanalystes s'occupant de personnes avec Autisme. Elle dit que même chez les enfants autistes qui ne parlent pas, la thérapie peut être faite par les gestes et en interprétant leur langage du corps.

Amy dit qu'elle n'a rien contre les méthodes comportementalistes, qui pourraient être inclues dans un programme de traitement compréhensif. Mais elle dit qu'il était impossible d'accepter l'évaluation de la HAS sans consensus sur l'utilisation de la psychothérapie psychanalytique pour traiter l'autisme.

Amy dit aussi qu'elle a vu des enfants autistes s'améliorer après avoir été traités avec une thérapie controversée appelée "packing". Cela implique de serrer les enfants en sous-vêtements dans des draps mouillés et froids dans l'intention de les "reconnecter" avec leur corps. La pratique est rare, mais est autorisée en France dans le cadre de projets de recherche. Amy dit qu'elle a vu des enfants autistes commencer à parler, écrire et dessiner après les sessions. Elle dit qu'il est essentiel d'avoir la permission des parents avant d'essayer le packing.

D'après l'association française des psychiatres, le packing peut parfois produire des résultats "spectaculaires". Ce groupe dit que plus d'enfants autistes pourraient bénéficier de la méthode si les autorités ne régulaient pas de manière si étroite son utilisation.

D'autres condamnent cette pratique comme barbare. "Non seulement il n'y a pas de preuve que le packing fonctionne, mais il est impensable que quelque chose de potentiellement dangereux et nuisible puisse être performé sur des enfants vulnérables", dit Tony Charman, président de la branche autisme à l'institut de l'éducation de Londres.

Catherine Consel était horrifiée quand elle et son mari ont appris que leur fils Thomas, aujourd'hui 20 ans, avait été sujet à de régulières séances de packing pendant trois ans alors qu'il était traité dans un hôpital de Bordeaux. "J'étais choquée", dit Consel. "Nous faisions confiance aux docteurs pour prendre soin de lui". Consel et son mari ont appris ça par hasard des années plus tard, après que l'hôpital de Thomas soit apparu dans une émission télévisée sur cette technique.

Elle et son mari ont ensuite demandé le dossier médical de Thomas, où les psychiatres ont noté que son autisme était le résultat des problèmes mentaux de ses parents. "Il était très difficile de lire ce que Thomas a subi", dit-elle des séances de packing. "Ils ont noté tout très précisément, combien de temps ça a pris et comment il a crié et pleuré," dit-elle.

Consel est convaincue que Thomas aurait pu aller mieux si sa famille était restée aux États Unis, où il est né. "Il y a seulement une façon de faire les choses en France", dit elle. "Et parfois le gouvernement fait le mauvais choix."

Ailleurs en Europe, le packing est inconnu et même la psychothérapie analytique est rare.

En Espagne, par exemple, les recommandations sur le traitement de l'autisme publiées en 2006 ont mis la psychothérapie analytique dans la même catégorie que les thérapies comme la chelation, qui consiste à l'injection de produits chimiques dans le corps pour enlever les métaux lourds. Les officiels espagnols ont établi qu'il n'y avait pas de preuve sur l'efficacité de ces traitements alternatifs.

Joaquin Fuentes, un psychiatre et conseiller scientifique pour un groupe espagnol sur l'autisme, dit que là où il travaille dans la région Basque, les enfants autistes vont dans des écoles classiques et non pas en hôpital psychiatrique. "Être exposé à un traitement psychanalytique est une manière douloureuse et non-éthique de traiter un enfant avec autisme", dit-il.

Certains parents français en viennent à envoyer leurs enfants à l'étranger pour qu'ils reçoivent un traitement adéquat. Quand le fils d'Andy Berverly, Guillaume, a été diagnostiqué autiste à 2 ans, il a commencé à recevoir un traitement psychanalytique par des psychiatres à Paris.

"Ils ont dit que son autisme était une psychose et que Guillaume avait besoin de trouver lui-même comment s'en sortir", dit Berverly. Après des années d'une scolarité partielle en France, Beverly a envoyé Guillaume dans une école en Belgique qui se base sur des techniques pour l'aider à interagir avec les autres et à faire des choses simples comme mettre son manteau. Il est convaincu que Guillaume, maintenant 15 ans, serait plus avancé s'il avait eu un meilleur traitement étant enfant.

"J'ai commencé avec beaucoup de confiance dans les docteurs français, c'est seulement plus tard que j'ai réalisé que nous avions tort dans ce pays", dit Beverly. "La situation est peut-être enfin en train de s'améliorer, mais pour beaucoup de familles avec enfants autistes, ce n'est pas assez."

 

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11 mai 2012 5 11 /05 /mai /2012 19:09

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Réponse de Nathalie Radosevic, maman, suite à l'article paru dans Psychologies.com, intitulé : « Comment les autistes nous voient »

 

 

 

Les autistes ont le sens de l'humour.

Oui, comme chacun sait, l'humour est totalement personnel. Il n'existe pas d'humour type, même les neurotypiques parlent « d'humour noir », ou « rire jaune »...il existe donc également plusieurs formes d'humour autistiques, en espérant ne pas vexer les neurotypiques qui pourraient penser détenir du monopole humoristique. C'est pourquoi, j'ai intitulé mon article « La psychose neurotypique vue par les autistes », parce que nous voulons également partager la notion de psychose et de maladie avec les neurotypiques. Il ne faut pas que cela soit exclusif à l'autisme !

 

 

« Ce sont d’étranges bébés. Comme leurs yeux nous fuient, nous nous demandons s’ils nous voient »

Lorsqu'un neurotypique feint de ne pas voir un « ami » de longue date à qui il doit de l'argent, il ne semble pas voir son ami créancier....et pour peu que cet ami l'alpague en lui demandant de ses nouvelles ou simplement de lui rappeler sa dette, soudain, frappé par gêne, le neurotypique s'exclame « Ah, je ne t'avais pas vu ! De l'argent ? Tu es sûr ? Ah oui, tu as raison....j'avais oublié ! » Est ce que nous dénonçons cette personne aux services sociaux pour trouble amnésique, ou le fait de n'avoir « pas vu » son créancier ne fait il pas de lui une personne en danger parce qu'il ne voit pas ? Et bien les autistes, eux, ne savent pas feindre, ne rusent pas pour ne pas restituer une somme d'argent. Ils sont foncièrement honnêtes, car pour eux, déroger au principe de faire ce qu'on dit est intolérable !

Le fait que l'on pense d'eux qu'ils soient des bébés, c'est sans doute pour dire que la ruse n’apparaît que plus tard, et que le bébé est un être innocent, comme l'est la personne autiste ? Alors pourquoi ne pas mettre en lumière le coté positif de la sincérité et de l'innocence au lieu d'en faire un défaut en le rabaissant à l'état régressif de bébé ? Parce qu'un autiste ne parle pas forcément il est forcément « un bébé » ? Diriez vous qu'une personne d'origine étrangère qui arrive en France est un bébé ou un attardé mental parce qu'il ne parle pas notre langue ? Alors imaginez combien de français peuvent paraître attardés à l'étranger, car c'est l'un des seuls pays à ne pas faire l'effort d'apprendre les langues étrangères et estime qu'on doit savoir parler le français à l'étranger !

 

 

 

Les neurotypiques aiment porter des matières désagréables au toucher, voire, des vêtements ressemblant à des encarts publicitaires

 Parce qu'une personne ne veut porter que du coton ou au contraire, ne veut porter que du synthétique, cette personne est considérée comme bizarre ? Alors parlons justement des personnes qui se damneraient pour porter des vêtements et accessoires, chaussures hors de prix juste parce qu'il y a le nom de la marque écrite en gros dessus. Si on considère l'aspect marketing, il semblerait que le neurotypique souffre d'une maladie mentale du fait qu'il n'a pas réalisé que le créateur de ces marques utilisent les clients pour faire leur propre encart publicitaire, non seulement gratuitement, mais en plus, sont payées par le client qui va payer souvent une fortune pour avoir le droit de diffuser ces marques sur lui !

 

Quelle personne normalement constituée porte des vêtements et accessoires en ne demandant pas une contrepartie financière du fait qu'elle diffuse la marque du créateur sur lui ? Les « people » se font payer pour être vues avec des marques....elles ont des contrats avec le propriétaire de ladite marque et le citoyen lambda, neurotypique, lui, se rue pour MONTRER qu'il peut se l'offrir.

 

 

« Que survienne une sensation inattendue – une forte envie d’aller aux toilettes qui prend la forme d’une douleur incompréhensible, un claquement de porte, une sonnerie… »

Un autiste sent qu'il doit aller aux toilettes lorsqu'il a une douleur...parce qu'il est tellement absorbé par ce qu'il fait ou voit qu'il n'y va que lorsque l'envie se montre pressante et intenable. Et les neurotypiques ? Ils ont un bouton qui s'allume qui leur dit d'y aller ? Jamais un neurotypique n'a retardé le moment d'aller aux toilettes juste parce qu'il ne voulait pas rater une émission à la télé ou parce qu'il n'avait pas envie d'y aller avant de partir et que ça l'a pris juste dans les transports en commun ? Les claquements de porte et les sonneries stridentes sont elles agréables aux neurotypiques ? Le bruit comble-t-il à ce point un vide existentiel du neurotypique stressé et dépressif qu'il a besoin d'entendre des sons dépassant le seuil tolérable pour un autiste, qui lui est plus adepte de tranquillité et de calme ?

 

 

 

« Ils ne captent pas les émotions sur un visage »

Les neurotypiques captent des émotions même lorsqu'il n'y en a pas. Ou cherchent constamment à interpréter des situations et émotions non présentes chez leurs semblables. Voilà aussi l'une des raisons aux mésententes conjugales et aux crêpages de chignons relationnels. Ils sont forts pour voir des sens cachés même là où il n'y en a pas. Ils sont paranoïaques, narcissiques et ramènent tout à eux. Si au contraire les autistes s'interrogent sur les émotions des neurotypiques ou d'autres personnes différentes et non neurotypiques, c'est parce qu'elles sont curieuses de l'autre. Elles aiment apprendre et comprendre. Il me semble que c'est une qualité qui peut s'apparenter à de l'intelligence, non ?

 

« Tous ces éléments concourent sans doute à entraver le développement de ce l’on appelle la « théorie de l’esprit ». Cette aptitude, qui apparaît vers l’âge de 3 ans, est la capacité à attribuer des états mentaux à autrui ».

 C'est bien ce que je disais. Les neurotypiques se pensent les seuls détenteurs de la « théorie de l'esprit ». Plutôt que d'extrapoler, une personne autiste posera la question clairement et sans détour, pour ceux qui ne parlent pas, ils trouveront un autre mode de communication. Mais ils communiqueront et ne resteront pas sur des suppositions ou extrapolations.

 

 

 

« Regard qui échappe au bébé malade »

Tous les bébés doivent être malades alors selon cette hypothèse, car rares sont les bébés qui s'intéressent à tout ce qui les entoure. Les neurotypiques ne disent-ils pas que les bébés passent le plus clair de leur temps à manger et dormir dans les premiers mois de leur vie ? Alors certes, les bébés autistes ont parfois le regard fuyant (pas tous ou sélectivement, face aux inconnus), mais lorsqu'on leur apprend plus tard à le faire, ils semblent rattraper largement le retard et mettre les neurotypiques en échec à l'âge adulte (parfois même avant). Je donne un exemple concret. Un autiste voit une personne sans abri mendier dans le métro...il regarde la personne s'approcher de lui qui parle pourtant à toutes les personnes, pourtant la plupart des neurotypiques baissent ou dévient la tête ou semblent absorbés par leur journal, livre ou la vue imprenable des tunnels sombres du métro parisien. Ils le font également lorsqu'une personne âgée, enceinte ou handicapée monte dans le wagon ou le bus. Sont ils souffrants ? Pourtant, même ma fille a noté à haute voix que les personnes ne veulent pas la laisser s'asseoir et qu'ils regardent leurs chaussures ! Pourtant elle est autiste et a pu remarquer qu'ils regardaient ailleurs.

 

 

 

Le neurotypique est moqueur et éprouve le besoin de rabaisser et d'humilier devant les autres

Certes, la personne autiste n'éprouve pas forcément le besoin de s'amuser avec les neurotypique dont il ne comprend pas les jeux. Mais si c'est pour se moquer de quelqu'un d'autre, il faut s'interroger sur l'état mental de la personne neurotypique qui présente un état mental de dépendance, il ne sait pas jouer seul, il a besoin de s'occuper en embêtant ses camarades et plus tard, vous harcèlera au téléphone parce qu'il ne comprend pas que vous ne partagiez pas ses centres d'intérêts. Or, devant cette évidence, l'autiste, ne sachant quoi répondre (sans doute parce qu'il n'y a rien à répondre et que l'autiste aura la sagesse de se taire plutôt que de passer pour un imbécile), il se taira ou répondre « je ne sais pas ». Ce qui attisera la moquerie des neurotypiques qui, non contents de ne pas savoir s'occuper seuls, ont le besoin compulsif de rabaisser celui qui ne se soustrait pas à son besoin (tout aussi compulsif) d'autorité.

 

 

 

« Car la pensée autistique est une pensée concrète. »

Oui et si certains n'utilisent pas les expressions métaphoriques, d'autres au contraire les privilégient, car les images sont concrètent justement. Une personne autiste pourra ainsi écouter une personne, mais si on lui demande de « se mettre à la place » de l'autre, elle risque en effet de ne pas pouvoir. C'est tout simplement une constatation réaliste, car nul ne peut le faire. Pas même les neurotypiques qui se targuent pourtant de la capacité d'empathie (sélective)...se mettre à la place de l'autre implique d'avoir une compréhension totale de la personne que l'on a face à soi et dans la mesure où toute personne est déjà pour elle même parfois une inconnue...et que l'on passe tous du temps à se trouver (même en cherchant activement), comment ne pas l'être pour l'autre ?

Avoir des exigences que l'on n'a pas déjà envers soi, c'est cela être neurotypique ?

 

 

« Ils doivent apprendre par cœur la vie en société »

Comment se passe l'éducation d'un neurotypique ? Sait il instinctivement se servir de la politesse ? Les enfants n'apprennent-ils pas qu'il ne faut pas écrire sur les murs ou se moquer des autres ? Alors, c'est que les neurotypiques sont soit mal éduqués soit inaptes à vivre en société. Les prisons regorgent de personnes neurotypiques qui n'ont pas appris les règles de bonne conduite que les autistes, une fois qu'elles ont appris ce qui est permis et ne l'est pas, ne sera pas criminel en série, violeur, voleur, n'ira pas agresser des personnes gratuitement ou pour leur voler ce qu'ils possèdent, n'iront pas vandaliser, etc. A ce se demander qui est le plus atteint et inapte à vivre en société !

 

 

« Pour les personnes autistes, la vie sociale est une jungle, souligne le docteur en sciences sociales belge Peter Vermeulen »

En effet, je confirme. Personne de sensé et d'éduqué ne peut accepter de vivre dans une pareille société de gens capables de mentir, voler, tricher, piller, tuer, violer, agresser sans raison ou par intérêt quelconque (matériel ou juste pour avilir)...à part peut être les neurotypiques qui se consolent en se lançant des expressions stériles pseudo philosophiques « C'est la vie, la vie c'est dur, c'est une jungle, faut s'y faire... » etc.

Vivre « dans un état d'insécurité permanente », oui, qui ne le serait pas sachant qu'il est incapable de faire du mal aux autres et de comprendre les ruses des comportements pervers ?

 

 

« Ils dépensent une énergie folle pour vivre parmi nous »

Je le confirme. Lorsqu'une personne n'est pas câblée pour comprendre les « théories de l'esprit » (faisons un peu d'humour noir neurotypique!) des personnes neurotypiques, donc, comprendre qu'il y a des ruses, des personnes potentiellement malveillantes dont il faut se méfier, qu'il faut constamment s'assurer de ne pas signer un contrat nous piégeant de contraintes parfois inhumaines (on appelle cela les clauses abusives, mais la Justice a encore du travail à faire en France pour les sanctionner!), ou de personnes vous faisant accepter de se porter « caution solidaire » dont la solidarité est d'ailleurs totalement absente ou juste faite pour contraindre l'innocent, celui qui n'est pas pervers ni truand. La loi d'ailleurs est surtout là pour donner raison aux plus rusés, ceux qui savent la contourner. Et si on créé des mesures de « protection judiciaire » en considérant une personne comme « majeure incapable », imaginez donc la vision psychotique de la neurotypie pour une personne autiste ! Un vrai cauchemar !

 

 

 

C'est au monde neurotypique de s'éduquer et d'arrêter de considérer celui qui est différent comme un attardé mental.

 Demain, si nous découvrions qu'il y a plus d'autistes que de neurotypiques, c'est LE NEUROTYPIQUE qui passera pour incapable...je doute que les personnes autistes puissent infliger aux neurotypiques ce qu'ils ont subi de leur part, à savoir :

des traitements médicamenteux lourds et inappropriés

 

des traitements inhumains de soins psychiatriques divers (contention, « enveloppements humides et froids » - je nomme le « packing », cellules d'isolement, humiliations du personnel hospitalier, infantilisation, etc)

 

des traitements inhumains et culpabilisation des parents et notamment de la mère par la psychanalyse qui est fortement implantée dans le milieu hospitalier (à 80 %), humiliations des mères et des enfants, infantilisation et laisser, voire pousser l'enfant et l'adulte autiste à la régression et j'en passe...

 

 

 « Ils dépensent une énergie folle pour vivre parmi nous »

 Je le confirme. Lorsqu'une personne n'est pas câblée pour comprendre les « théories de l'esprit » (faisons un peu d'humour noir neurotypique!) des personnes neurotypiques, donc, comprendre qu'il y a des ruses, des personnes potentiellement malveillantes dont il faut se méfier, qu'il faut constamment s'assurer de ne pas signer un contrat nous piégeant de contraintes parfois inhumaines (on appelle cela les clauses abusives, mais la Justice a encore du travail à faire en France pour les sanctionner!), ou de personnes vous faisant accepter de se porter « caution solidaire » dont la solidarité est d'ailleurs totalement absente ou juste faite pour contraindre l'innocent, celui qui n'est pas pervers ni truand. La loi d'ailleurs est surtout là pour donner raison aux plus rusés, ceux qui savent la contourner. Et si on créé des mesures de « protection judiciaire » en considérant une personne comme « majeure incapable », imaginez donc la vision psychotique de la neurotypie pour une personne autiste ! Un vrai cauchemar !

  

 

Pour combattre quelques idées reçues : 

- Oui une personne autiste évolue et peut progresser.

 

- Non, l'autisme ne s'arrête pas à l'âge adulte, un enfant autiste devient un adulte autiste, même s'il n'a plus autant de difficultés qu'auparavant, car il a pu apprendre et mettre des stratégies éducatives en place.

 

- Oui, il y a des adultes autistes qui peuvent apprendre un métier, même le choisir (pour peu qu'on lui laisse un vrai choix ! ).

 

- Ils peuvent également conduire, se marier et avoir une vie de famille et avoir des enfants et s'en occuper tout autant que les neurotypiques.

 

- Non, les personnes autistes ne réclament pas plus de droits que les neurotypiques (mais ça c'est curieux c'est une pensée purement neurotypique de penser qu'une personne reconnue « handicapée » va forcément ruser pour obtenir de l'argent qui ne lui est pas dû, ou qu'il pourrait en avoir plus que lui !).

 

- Non les personnes autistes ne sont pas forcément déficientes parce qu'elles ne parlent pas et ont des comportements qui peuvent sembler bizarre aux neurotypiques. Tout comme il peut sembler bizarre à une personne autiste de voir des neurotypiques se moquer cruellement, faire du mal gratuitement, mentir, tricher et autres....chacun ses amusements...les autistes sont pacifistes !

 

 

Combattre la psychanalyse, pourquoi ?

 Parce que la vision de la psychose ne s'applique pas à l'autisme, nous demandons aux psychanalystes (tous métiers confondus qui utilisent la psychanalyse comme moyen thérapeutique) de cesser de divaguer sur les soi disant incapacités des personnes autistes, ni sur des interprétations purement hallucinatoires des pensées autistiques. Il est temps que la psychanalyse retrouve un peu de décence et cesse l'intrusion dans la vie des personnes autistes. Parce que ces psychanalystes s'imposent aux personnes autistes, et que ce ne sont pas les personnes autistes qui vont délibérément choisir cette thérapeutique...un neurotypique accepterait-il d'aller chez un garagiste faire réparer son véhicule et de trouver un gastro-entérologue à la place ? Surtout si celui ci se prétend indûment compétent et sabote son véhicule....

 

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10 mai 2012 4 10 /05 /mai /2012 13:25

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Christine Dalbergue                                                                                   21 Décembre 2011

 

 

Monsieur le Premier ministre,                                     

 

Maman d'un enfant autiste âgé de 13 ans, votre annonce sur l'Autisme Grande Cause Nationale fait renaître l'espoir en moi dans le combat quotidien que je mène pour mon fils.

 

Après avoir été accusée à tord de maltraitances sur mon enfant en 2005 (accusations fondées uniquement sur ses troubles du comportement par une enseignante), avoir été obligée de le remettre à son père, violent notoire, par la justice de notre pays alors que les preuves de mon innocence et de l'autisme de mon fils étaient dans le dossier des Juges, ma vie a explosé.

 

Ma santé, ma vie sociale et professionnelle se sont détériorées au point que je me suis retrouvée dans la rue, hospitalisée, en fauteuil roulant (car les disques intervertébraux de mon dos se sont détruits), avec un cancer et son lourd traitement.

 

Suite à cette injustice, pendant trois ans, et malgré de multiples signalements effectués auprès des services de la protection infantile, mon fils a été véritablement maltraité cette fois par son père, le Juge des Enfants n'est pas intervenu, le Conseil Général a conclu que je manipulerais mon enfant tout en reconnaissant quelques bizarreries à son endroit pour justifier un constat incompétent mais n'entendant ni son autisme et le besoin urgent de le retirer de la situation destructrice qu'il subissait.

 

Finalement, mon fils, à 10 ans, tentera de se suicider pour ne pas retourner chez son père. Après l'avoir sauvé de sa tentative d'étouffement avec un foulard, nous avons eu la chance de rencontrer un jeune agent de la brigade des mineurs du commissariat de Toulouse qui nous a enfin pris au sérieux.

 

A partir de là, nous avons découvert avec ma nouvelle avocate que les services de la protection infantile et la justice avaient connaissance des maltraitances que subissait mon fils, de nos appels à l'un et à l'autre dans le dossier du juge des enfants, ainsi que des signalements faits par l'éducation nationale pendant deux ans... En vain.

 

Après, j'ai du prendre mon fils à charge toute seule pendant trois ans à mon domicile face à l'absence de moyens eu égard à l'autisme, gérer ses stress post traumatique et ses apprentissages. Je le mènerai jusqu'en 5ème avec un 15 de moyenne et trouverai seule, les ressources, le traitement et le médecin qui le débarrasseront de ses stress post traumatique suite aux multiples violences imposées.

 

Aujourd'hui, mon fils a échoué dans un hôpital de jour (moins de 3H semaine) où j'ai du lutter âprement pour qu'on ne lui administre pas la camisole chimique (seule solution proposée !)

Mon fils est également dans un ITEP, Institut thérapeutique éducatif et pédagogique (8H par semaine) n'a qu'une heure trente d'apprentissage par semaine... Tout notre travail à domicile se détériore, je dois faire le huitième recours auprès de la Maison départementale des personnes handicapées, parce que l' AEEH,Allocation d'éducation pour enfant handicapé, que l'on me donne n'est toujours pas au bon taux de tierce personne, je ne peux aller travailler, je dois quémander le bon taux de l'AEEH ... Je suis épuisée, de plus en plus désespérée de devoir me battre autant pour si peu et si seule.

 

Quels moyens concrets peut m'apporter votre reconnaissance " Autisme Grande Cause Nationale" pour ce qui concerne la prise en charge de mon fils ?

 

J'ai besoin qu'on m'aide un peu pour reprendre du poil de la bête dans l'accompagnement quotidien de mon fils, je vous serais très reconnaissante de bien vouloir m'indiquer quelles démarches et quels contacts je peux entreprendre dans ma localité ou ailleurs afin de faire évoluer concrètement notre situation vers un avenir un peu plus envisageable et moins angoissant pour nous deux.

 

Je vous remercie d'avoir prêter attention à ma demande d'aide, et vous prie de croire, Monsieur le Premier ministre, à l'assurance de ma parfaite considération.

 

Christine DALBERGUE

 

PS : Je tiens à votre disposition tous les éléments de preuves de ce que je raconte ici.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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3 mai 2012 4 03 /05 /mai /2012 13:17

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Les guignols  de l'info, Mardi 01 Mai, curseur à 03 minutes : François Fillon, essayant de retrouver un boulot pour ses ministres, s'adresse à David Douillet, actuel ministre des sports 

- Et moi j'vais faire quoi François ?

- Oh rien pour toi David, pour les gens comme toi y a des aides, des maisons spécialisées, on va te trouver un endroit avec plein de gens comme toi.

- Des Judokas ?

- Non, des autistes.

 

Déjà que la plupart enfants autistes sont plus ou moins exclus de la société française..privés d'éducation ( à quoi bon, hein...ce ne sont que des autistes ! ) concentrés à vie dans des endroits rien que pour eux, et si possible loin des lieux publics. Livrés à eux mêmes, parfois attachés, gavés de neuroleptiques, transformés en chose informe et amorphe...c'est vrai que les neuroleptiques, ça coûte pas cher, et c'est radical..avec ça ils sont faciles à gérer...et comme ce ne sont que des autistes, mettons le paquet non ?

 

 

 

Avant les autistes, c'étaient les homos, les arabes, les noirs, les juifs....les choses évoluent donc. Malheureusement, ça évolue très peu dans ce pays, vu qu'un sketch comme ça, dans un pays civilisé, c'est impensable...mais bon, c'est l''exception culturelle hein..la France, ses intellectuels, ses philosophes, son raffinement..... son élitisme, son arrogance, son nombrilisme, son ignorance, son retard mental...

Finalement...est ce que ça vaut le coup d'essayer d'intégrer Julien dans cette société ? De subir l'intolérance, la bêtise, la méchanceté ?

Je pourrais me dire : "Mais non, ce n'est pas par ce que les guignols de l'info ne respectent pas les autistes, que c'est le cas pour tous les français typiques."

En fait je me dis que c'est justement ce genre de sketches qui encourage les français à considérer les autistes comme des sous humains, et accepter qu'ils vivent en camp de concentration établissement spécialisé.

 

Je ne leur en veux pas..ils sont désinformés, quelque part victimes eux aussi......mais l'herbe est plus verte ailleurs.

Croire que les responsables de ce manque de respect s'excuseraient en lisant cela est illusoire. Après tout...ce ne sont que des autistes.

 

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24 avril 2012 2 24 /04 /avril /2012 22:14

Témoignage d’un Infirmier

 

L’année de l’autisme, les recommandations de la Haute Autorité de Santé pour leur accompagnement et les bonnes pratiques, l’interdiction d’un documentaire Le Mur sur « La Psychanalyse à l’épreuve de l’autisme » de Sophie Robert, rappellent la place prépondérante des idées psychanalytiques dans le champ de la psychiatrie et de la pédopsychiatrie.

 

Les voici telles que je les ai vues appliquées, lorsque j’ai travaillé en psychiatrie pendant une dizaine d’années. Avec une période d’intérim, cinq hôpitaux ; soit au total une vingtaine de structures intra ou extra hospitalières m’ont permis de fréquenter une trentaine de psychiatres ou de pédopsychiatres, une dizaine de psychologues, et de nombreux collègues de toutes les branches paramédicales et sociales.

 

Les usagers, leur entourage, le public n’ont pas accès aux réunions, aux commentaires des soignants. Il me paraît aujourd’hui nécessaire de montrer ce qui s’est révélé à moi au fil des rencontres.

 

Les séquences suivantes sont retenues pour leur caractère répétitif et révélateur de l’impact que les choix thérapeutiques peuvent avoir sur la vie des personnes.

Il ne s’agit pas d’un bêtisier.

Les faits rapportés ici concernent des professionnels reconnus, certains sont experts auprès des tribunaux. Je les considère également comme des personnes cohérentes et respectables.

 

Il m’est apparu que la tolérance et l’utilisation de diagnostics différentiels compatibles avec les mêmes signes préservaient un vivier de d’erreurs et de souffrances : les relations avec les usagers et leur entourage, comme les actions à déterminer varient du tout au tout en fonction de l’orientation médicale et paramédicale, selon qu’elle soit psychanalytique ou cognitive et comportementale.

 

 


Voici ces séquences :

 

Une unité dite de « patients chroniques » en psychiatrie générale adulte est tenue par une succession de médecins à orientation psychanalytique depuis l’ouverture de l’hôpital.

18 mois après l’arrivée du premier médecin à orientation cognitive comportementale, après reconsidération des diagnostics, avec des traitements adaptés, les deux tiers de l’effectif a pu réintégrer un logement et une vie sociale à l’extérieur. Certains étaient hospitalisés pour des psychoses depuis 11, 23 ou 31 ans alors qu’il s’agissait de Troubles Obsessionnels Compulsifs, troubles de l’humeur, Troubles du Spectre Autistique…

 

Dans un autre service, un homme hospitalisé depuis l’âge de 18 ans pour « dysharmonie évolutive » est sorti à 35 ans sans modification du diagnostic, uniquement grâce à un collègue qui a eu l’idée de photographier avec lui les itinéraires pour qu’il puisse aller travailler.

Sortie en moins de six mois.

 

Ailleurs un psychiatre oriente systématiquement les réunions de synthèses sur la « forclusion du non(m ?) du père ». Il refuse les infirmières avec lui en entretien, garde les patientes entre 4 et 6 minutes dans son bureau, et les patients entre 30 à 40 minutes. « L’homosexualité refoulée des patients » est le « diagnostic » associé aux psychoses et schizophrénies qui revient le plus souvent dans son discours.

 

En Centre Médico-Psychologique, un psychologue me confie en fin de carrière :

« Vous savez Olivier, finalement, la psychothérapie [psychanalytique], c’est surtout utile pour nous les soignants ».

 

Un autre psychologue, formé de la même façon et également très expérimenté, considère ses repères théoriques : « Je n’écris rien sur les dossiers, j’écris seulement « entretien ». On ne sait pas comment cela peut être utilisé, et chacun peut penser ce qu’il veut selon la perception de ce qu’il entend. […] »

 

Au cours d’une évaluation sociale hors secteur psychiatrique à l’occasion d’une procédure de divorce, la garde de l’enfant est en jeu. La mère subira un signalement : une psychologue en relation avec l’enquêteur social interprètera un défaut de prononciation de son enfant comme corrélé à la maîtrise de multiples langues étrangères de la mère. « Votre enfant est perturbé dans son identité langagière. Il a besoin de se construire et pour cela il lui faut son Père. » La psychologue demandera que la garde soit attribuée au père alors que la mère fournit les preuves d’un comportement psychopathique chez ce dernier.

A l’initiative de la mère, le défaut de prononciation de l’enfant sera identifié comme une anomalie anatomique par une orthophoniste et confirmé par un O.R.L. Il faudra en plus d’un avocat, des démarches en haut lieu, un soutien spécialisé, et 18 mois pour rétablir la situation.

 

Une autre mère verra son enfant confié en famille d’accueil à l’issue de la première journée d’hospitalisation motivée par une crise de son enfant au domicile : le médecin écrit Troubles Envahissants du Développement (T.E.D) pour le dossier administratif de la Maison Départementale des Personnes Handicapées, mais parle de « dysharmonie » à la mère. Il se justifie oralement par un « risque de maltraitance du fait de cette pathologie ».

Elle signalera, pendant ses visites autorisées de façon espacées, des effets secondaires préoccupants dûs à une prescription de neuroleptique. Démarche qui restera lettre morte. Le médecin qualifiera la mère « d’hystérique contre tout traitement ».

Avec de l’aide sur un forum autisme, et la rencontre à l’arrachée avec un pédopsychiatre différent, la mère retrouvera ses droits et ceux de son enfant. Il lui aura fallu 5 mois et dynamisme sans faille.

 

De multiples questions se posent : en quoi une famille d’accueil est-elle susceptible d’être moins sujette à maltraiter un enfant dont la pathologie induirait un risque de maltraitance ?

La mère n’est pas coupable, ni responsable de la pathologie, n’est-ce pas ? Où s’agit-il d’un double discours ?

 

Une autre mère retrouve son enfant hospitalisé pour bilan, après quelques jours : le médecin ayant interdit les visites. Il a prescrit un neuroleptique pour des « hallucinations » alors que le diagnostic de T.E.D est déjà posé. Le caractère obsessionnel des idées envahissantes était médicalement établi auparavant. La mère remarque des effets secondaires massifs non traités dans l’unité, exige une consultation. Elle sort ensuite son enfant contre avis médical.

Comment faire quand on ne peut pas payer le privé ?

 

L’évènement suivant a été rendu public. Je le mentionne ici sans y avoir été confronté directement, car il est très représentatif de nombreux remaniements de traitements que j’ai constaté lors d’hospitalisations qui remettaient des diagnostics précédents en cause.

Le diagnostic initial était rétabli, ou un diagnostic associé était ajouté mais n’excluait pas le premier, ou encore un problème physique était venu interférer et était diagnostiqué a posteriori.

 

Pendant plusieurs mois, un pédopsychiatre en Centre Médico-Psychologique pour enfant fait une lecture personnelle d’une « problématique familiale ». Il adopte la lecture systémique (étude des relations interpersonnelles familiales). Malgré un signalement pour blessure sur un des enfants communiqué par les Urgences, malgré les antécédents du père, connu d’un autre département, il n’y aura pas d’enquête.

Le père aura droit à un article dans un journal régional tant les sévices qu’il infligeait à ses enfants étaient variés.

Le calvaire des enfants s’arrêtera grâce à l’intervention d’une personne non qualifiée et non mandatée pour ce rôle.

 

Une unité de psychiatrie générale : un psychiatre qui consulte trois demi-journées par semaine réserve depuis une petite dizaine d’année une demi-journée pour l’entretien avec une femme hospitalisée souffrant de schizophrénie : elle a rendez vous à 14h00. Elle est souvent en retard d’une heure ou deux. Il l’attend. Parfois elle ne vient pas. Interrogé à maintes reprises sur cette monopolisation horaire pendant que d’autres patients réclament des entretiens ou que des paramédicaux signalent des problèmes, il répondra de plusieurs façons : « Ce qui est important c’est l’espace qu’on lui laisse. » […] « Sa mère ne lui a pas laissé la place nécessaire c’est à nous d’arranger ça » […] « Il est hors de question de sacrifier sa maladie sur l’hôtel de la rentabilité ». Le médecin pose sa montre sur le bureau. Le temps est suspendu. C’est le « temps thérapeutique ».

Rien dans l’anamnèse, ni dans le contact avec la mère, ni dans les interactions observées entre la mère et la fille ne laissent supposer une maltraitance ou une négligence.

 

Un psychiatre qui travaille à la réinsertion de détenus nous déclare en réunion que « Les murs de la prison, c’est quand même ce qu’il y a de plus contenant pour les psychotiques. »

L’idée selon laquelle une schizophrénie relève de déficits de l’image corporelle symboliquement mal construite à la vie dure. L’héritabilité génétique comme le caractère neuro-développemental du trouble sont ignorés.

À chaque fois qu’une personne avec une schizophrénie, un trouble de l’humeur, une psychose hallucinatoire chronique, etc, est allée en prison, son état s’est aggravé. L’un d’entre eux a appris des techniques d’agressions alors qu’il n’en avait ni le profil, ni les motivations, ce qui a considérablement entravé son retour à la vie courante.

 

 

Synthèse de l’observation d’une psychomotricienne sur le comportement d’un adulte avec autisme, en isolement pour accès de violence depuis plusieurs années : « Entend ce qu’il veut bien entendre. »

Dans sa formation, comme dans beaucoup d’autres, l’autisme est décrit comme une position au monde, un refus de contact avec le monde extérieur.

 

Presque partout ailleurs dans le monde, les Troubles du Spectre Autistique sont reconnus comme un déficit neuro-sensoriel, un trouble neuro-psychologique issu d’un développement différent du cerveau qui perturbe les perceptions sociales, la communication, et amène à des intérêts restreints.

 

Dans un Centre Médico-Psychologique, un enfant vient accompagné par sa mère pour des cauchemars récurrents. À quatre ans et demi, il parle comme un enfant de 8 ans et joue avec l’ordinateur de son père.

Un unique entretien entre la mère, le médecin chef et le psychologue se solde par : « J’ai pensé à un Asperger pour le petit mais elle [la mère] n’est pas froide, elle dégage même un truc sexy. Tu as vu comment elle s’occupe de lui dans l’ascenseur. »

L’enfant sera admis à l’hôpital de jour sur la base de ses dessins, interprétés en réunion : « c’est clair ça, on voit qu’il a sa place ici, [et il appuie] avec nous. »

En synthèse, nous n’aurons pas d’autre précision. L’enfant n’a ni problème de communication, ni de trouble dans l’interaction sociale. Il n’est pas agressif avec les autres ou envers lui-même. Il est plutôt attentif et joyeux, n’a pas de problème à l’école où la mère dit qu’il s’ennuie. Il sera déscolarisé pour venir à l’hôpital de jour.

Il tentera de faire jouer les autres enfants pendant d’autres réunions.

 

Alain se brûle la peau sur un radiateur en fonte parce qu'il y est perché en permanence. Il est nu parce qu’il mange ses vêtements, qu'il déchire en lambeaux.

Une collègue démarche l'administration : il fait 13°C dans sa chambre la nuit. La nuit précédente, lui est descendu à 36°C. L’administration tarde à allumer le chauffage.

Un autre collègue dit : « […] tu sais ils sont quand même différents, ils [ne] ressentent pas les choses comme nous. »

Brain storming avec notre nouveau médecin que les "vieux" infirmiers n'aiment pas : il cautionne l’idée d'un lit en plexiglas surélevé et fixé au dessus du radiateur. Après une semaine et demie de négociations avec l’administration, Alain s'allonge au chaud et peut regarder par la fenêtre en même temps.

Tout se passe bien les deux premières semaines. Un matin, il tombe du lit surélevé la tête la première. Urgences. Pas de fracture mais il a le visage marqué par un gros hématome qui descend autour des yeux. Son père en est fou de rage. L'hôpital général nous prévient qu'il est persuadé que des infirmiers l'ont tabassé. Explications sur le choc, sur les patients en traumato accidentés de la route avec les mêmes hématomes autour des yeux en cas de choc frontal.

Alain retourne sur le radiateur.

Il est mort un an plus tard : une complication dépistable chez un adulte capable de montrer qu’il a mal au ventre l’a emporté.

 

Enfant ou jeune adulte, il n’a jamais bénéficié de techniques de communication alternative de type PECS (Pictural Exchange Communication System).

Pendant plusieurs années, j’entendrai des psychiatres s’exprimer dans les médias, fustigeant ces « méthodes qui empêchent la symbolisation d’accès au langage ».

 

Aujourd’hui le 24 avril 2012, un pédopsychiatre médiatique et responsable d’un pôle régional annonce à la presse : « Au fur et à mesure que je progresse dans mon métier, je ne fais plus de diagnostic ; je m’occupe des individus, c’est plus efficace. »

Comment identifier un besoin spécifique d’apprentissage de la communication sans diagnostic

?

Ces techniques éprouvées existent depuis plus de 40 ans, généralisées…ailleurs. En France, beaucoup les considèrent encore comme du « formatage », comme une volonté de réduire le symptôme à une déficience mécanique et de lui retirer son sens.

 

Stéphane fait des allers retours en Unité pour Malades Difficiles parce qu'avec ces réactions fulgurantes et sa corpulence, plus grand monde n’ose l'approcher. Il aura passé les quinze dernières années en isolement, suite à l’échec d’une psychothérapie qui s’est soldée par un bureau volant.

Tout jeune, sa mère aura tout mis en œuvre pour lui apporter une éducation adaptée. La maman, culpabilisée et épuisée, ne reviendra pas après ses 18 ans.

À l’initiative d’un médecin cognitivo-comportementaliste, nous nous appuyons sur ses motivations. Nous l'accompagnons au bloc technique chez le dentiste et la podologue, puis en ville pour avoir des lunettes et des vêtements. Ça change des pyjamas. Il apprécie.

Ce sont les résultats dûs au comportementalisme.

Il sait qui va ouvrir sa porte à la façon dont la clé travaille dans la serrure et nous salue alors par nos prénoms avant de nous voir. Il reconnaît des infirmiers à leur façon de marcher même quand ils tentent de maquiller leur démarche. Il n'aime pas être surpris, il restitue des conversations intégrale six ans après, et des comptes rendus partiels de réunions alors qu'il est éloigné d’une quinzaine de mètres et séparé par deux portes fermées.

Stéphane est décédé avant 35 ans, après 27 ans d'hospitalisation, et son diagnostic d’autisme ne sera posé qu’après la trentaine.

 

Karim, autiste de kanner, s'automutile le rectum systématiquement après chaque entretien avec un psychologue les années précédent mon arrivée dans le service. Le psychologue entendait vouloir lui « faire entendre que l’autre existe », et mène des entretiens individuels.

La vie de Karim prend un tournant en quittant le pavillon une semaine en vacances avec des animateurs. Le médecin cognitivo-comportementaliste appuie la démarche. Ils sont quatre encadrants pour cinq patients, et en cinq jours ils lui apprennent à trouver les toilettes, et à y aller de lui même. Détaché en permanence, il réapprend à dormir dans un lit.

Les infirmières du pavillon, en liaison permanente avec ces animateurs, aménagent son retour. Elles synchronisent leurs roulements pour assurer une totale cohérence et que rien ne soit retiré de la chambre. Avec ces changements, Karim trouvera une place dans une structure accueillante en Belgique, mais après une soixantaine de dossiers de demandes en France rédigées par une très vaillante assistante sociale.

 

Le même problème de places s’est présenté pour toutes les personnes avec autisme.

 

Isabelle répète toujours la même chose très près de nos oreilles au point d'exaspérer et d'épuiser des infirmiers endurcis. Elle sera admise dans une structure pour adultes avec autisme après quatorze ans d'attente.

 

Luc arrive à l’hôpital dès cinq ans : à l’entrée, le diagnostic d’autisme est posé.

Pendant quarante-cinq ans, il ne recevra aucune éducation. Il est toujours hospitalisé.

 

 


 

D’où me vient la culture psychanalytique en laquelle je croyais ?

 

J’ai reçu un enseignement exclusif des concepts psychanalytiques freudiens depuis le lycée, enseignés comme base de la psychologie.

Ces connaissances ont été réactivées et enrichies pendant la formation d’infirmier avec les extensions classiques de Lacan, Winnicott, Dolto et quelques autres.

Au travail, mon rôle était concret.

Il m’est cependant arrivé d’utiliser des reformulations basées sur ces connaissances. Elles se sont révélées inadaptées, et j’ai certainement causé du tort à des personnes qui avaient besoin d’une aide différente. Je voudrais qu’elles puissent accepter mes excuses les plus sincères.

 

Bien entendu nous ne sommes pas seuls, certaines situations sont désamorcées dans le cadre d’avis divergents au sein des équipes. La rationalité basique et quotidienne intervient.

Mais certains magistrats éclatent parfois de rire en lisant certaines expertises.

Car en revanche, des erreurs se génèrent également en cascade.

 

Est-il admissible que nous décidions de l’avenir d’enfants et d’adultes en négligeant de référer à une certaine objectivité selon des preuves, ou selon des consensus formalisés ?

 

Est-il admissible qu’en l’absence de consensus formalisés nous ne les recherchions pas et nous ignorions ceux qui ont été produits et évalués à l’étranger ?

 

Est-il préférable de nous abriter derrière des conceptions qui laissent une place décisive à l’interprétation subjective alors que nous intervenons dans la vie privée ?

Est-il recevable que ces analyses de situations ne soient ni récusables ni critiquables ?

 

L’impact de l’action médicale et paramédicale sur la santé, sur la vie intime, familiale, sociale, et professionnelle des personnes, m’incite à considérer comme primordial de travailler selon des preuves et des consensus formalisés.

 

Ayant éprouvé les pratiques basées sur des croyances, j’ai rejoint le KOllectif du 7 janvier pour une psychiatrie basée sur des preuves.

 

 

Olivier Bousquet

Infirmier, parent d’enfant avec T.E.D

 

 

- Absence de dates, de lieux, de mentions identifiant les personnes et les établissements. Prénoms changés.

- Absence des faits relatif à la prise en charge de mon propre enfant.

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22 avril 2012 7 22 /04 /avril /2012 18:46

Mon fils a 23 mois quand nous constatons que Yoann ne va pas bien. Il est en nourrice 3 jours par semaine, une journée en garderie et une autre journée avec ses grands parents.

Les symptômes inquiétants : il longe les murs, l'évolution du langage s'arrête, il devient violent, il fait de graves crises d'asthme.

Mon mari et moi-même décidons d'arrêter la nounou, qui ne nous semble plus adaptée aux problèmes de Yoann en avril.

Je suis enceinte de 5 mois et je me dis que bientôt j'aurais plus de temps à lui consacrer. En attendant, ses grands parents maternels et paternels s'occupent de lui à plein temps.

Nette amélioration, je ne verrais plus le pneumologue pour l'asthme, les crises se sont arrêtées.

Yoann a une petite soeur, nous sommes en septembre, il a 2 ans et demi, il ne parle pas.

Je rencontre mon médecin de famille, il m'oriente vers une orthophoniste. Le bilan : ce n'est pas un problème d'orthophonie, aussi elle m'oriente vers le CMP le plus proche de mon domicile à Choisy Le Roi (94).

Nous rencontrons la psychologue du CMP, et nous expliquons nos choix d'avoir des enfants, le bonheur d'être parents, etc...

Yoann est en travail de groupe tout les mercredis, avec des enfants qui ont un profil différent, mais rien sur les troubles de Yoann de la part de l'équipe du CMP.

Yoann est scolarisé normalement, en petite section.

Yoann vit mal les séances de psychothérapie familiale, mon mari abandonne, et en désespoir de cause, lorsque je demande : "qu'est ce que je peux faire pour aider Yoann ?", la réponse de la psychothérapeute : "Soyez une bonne mère!".

Je suis curieuse, je lis, je rencontre des personnes qui m'orientent vers des spécialistes de l'autisme. Finalement, le diagnostique tombe, Yoann souffre de troubles envahissants du développement. J'en parle à l'équipe du CMP, qui me demande de ne pas en parler devant Yoann, car il risque de s'enfermer dans sa "maladie". J'ai besoin d'en parler pour savoir comment l'aider. La psy du CMP me demande de suivre une thérapie pour moi-même. Je refuse, car pour moi, je ne me sens pas être le problème de mon fils.

Finalement, nous déménageons dans les Yvelines, Yoann entre au CP. La rentrée est très difficile pour lui, car trop de changement...

Nous rencontrons l'équipe du CMP de Plaisir, le chef de service nous accueille bien, mais le cas de Yoann est compliqué, l'autisme est trop léger.

Yoann redouble son CP avec une AVS de l'éducation nationale, cela se passe mal avec elle, Yoann est en échec scolaire.

Mon mari à bout, exige des résultats auprès de CMP, il leur affirme : "mon patron me demande des résultats, je veux des résultats pour mon fils!!!".

La pédopsychiatre nous explique que son rôle est de soulager les familles, mais elle n'a pas les moyens d'aider Yoann pour un prise en charge personnalisée, comme dans le privé. Elle nous oriente vers cabinet privé, le cabinet PSY à Versailles.

La nous rencontrons des personnes compétentes, qui utilisent des techniques et outils adaptés pour aider Yoann à communiquer.

Nous entrons dans l'association "Tous à l'école" dans les Yvelines, Yoann bénéficie d'un accompagnement personnalisé dans une école ordinaire, et le suivi à la maison se met en place. OUF!!! Yoann entre dans les apprentissages. Aujourd'hui,il fait parti des bons élèves de sa classe.

Yoann passe en CM2 à la rentrée prochaine, et nous sommes rassurés. Pas de séances de psychothérapie, simplement une remédiation cognitive, pour l'orienter dans le bon comportement et séances d'orthophonie.

Tout cela pour dire, que la réalité n'est pas rose, que cela nécessite un investissement financier important. Les personnes modestes subissent le CMP, ils n'ont pas le choix.

Pour conclure, nous sommes fiers du parcours de notre fils, qui se révèle grâce aux soins et à son accompagnement.

 

Nous ne sommes pas à la fin du tunnel, mais nous restons vigilants.

 

 

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20 avril 2012 5 20 /04 /avril /2012 09:18

Synhèse dans cet article.


Résumé :

Une maman met tout en place pour que son enfant soit scolarisé.

Tout est systématiquement mis en place pour empêcher cette scolarisation, les droits de l'enfant et de la maman sont bafoués. Cette maman est punie financièrement. Cassée de partout. Prête à tout.

 


 

J'ai deux enfants. Mon ainé, garçon de 13 ans est atteint d'autisme. Il a suivi une scolarité (assez chaotique) en milieu ordinaire jusqu'au la rentré de 2011/2012. Là, il a eu la décision de la MDPH du Rhône (dictée par l'Inspection Académique du Rhône) de l'orientation en IME et, « en attente de place, scolarisation en ULIS TED, classe intégrée dans un collège ordinaire).

 

Je me suis opposée à l'orientation en IME et je plaidais pour le maintien dans une classe ordinaire. Pression a été faite de tous cotés pour que j'accepte la scolarisation en ULIS, (surtout de celui, du père de l'enfant, qui est allé jusqu'au faire un signalement sur moi et demander de lui confier la garde de l'enfant: la procédure, épuisante dans tous les sens, n'a rien changé, le père a été débouté de toutes ses demandes) et je l'ai acceptée.

 

Au bout d'un mois et demi, mon fils a été exclu de l'ULIS définitivement, du jour au lendemain, sans aucune procédure, sans aucune alternative proposée ni la voie du recours possible. La raison évoquée a été son comportement difficilement gérable et aucune remédiation n'a a été proposée ni avant ni, bien sur, après l'exclusion. La porte de sortie (l'IME) a été indiquée comme une punition, non pas comme une solution optimale (qu'elle n'est surtout pas).

 

La saisie du Tribunal Administratif en référé n'a rien changé tout comme la plainte au commissariat de la police pour la discrimination (classée sans même me mettre au courant).

 

Mon fils est resté 6 mois sans AUCUNE scolarisation. J'ai du arrêter totalement mon activité professionnelle afin de m'occuper de lui (en faisant l'instruction en famille, de manière « illégale » puisque le père de l'enfant n'a pas voulu signer la déclaration obligatoire). J'ai subi, en même temps, l'acharnement du père m'accusant de tous les maux, l'obstination de l'EN, la pression engendrée par l'enquete sociale ordonnée par le Juge des enfants et le stress créé par la situation financière délicate dans laquelle moi et ma famille nous nous sommes retrouvé. Et avec tout ça, j'ai du m'occuper à 100 % de mon fils, gérer sa frustration de ne pouvoir plus aller à l'école, bref, la suite de cette déscolarisation brutale et injuste. Et avec tout ça, j'ai pu lui assurer les apprentissages beaucoup plus conséquents qu'il n'a eu durant toute sa scolarité. Je ne veux pas parler du coût, que cet effort représente pour moi (et ma famille) mais je veux noter l'indifférence totale envers mon enfant et l'hostilité ouverte envers moi-même de la part des institutions.

 

A un moment, je me suis dite que la situation ne peut plus durer et j'ai annoncé à l'Inspection Académique que je compte emmener mon fils au collège de son secteur comme ça se doit. Ca a eu comme effet, après une réunion dans ce collège, à une scolarisation à temps (très) partiel envisagée à la rentrée après les vacances des Pâques. Une Auxiliaire de Vie scolaire a été embauchée et mon fils a pu la rencontrer à deux reprises pour la première prise du contact, pour instant, en tête-à-tête, mais quand même dans l'enceinte du Collège. Il fut heureux d'aller à nouveau au collège après tant du temps de rupture.

 

MAIS : cette re-intégration, cédée par l'Education Nationale qui a fini par prendre en compte le recours suspensif que j'ai engagé devant le TCI (pour supprimer l'orientation en IME), est suspendue à la décision du Tribunal Contentieux d'Incapacité. Or, celui, vient de tomber : la confirmation d'orientation en IME sans aucune argumentation, sans aucun égard pour les avis des spécialistes qui vont dans le sens d'intégration dans le milieu ordinaire. De plus, le TCI a ordonné l'exécution provisoire de cette décision, c'est-à-dire que, même si je fais appel devant la Cour Nationale de l'Incapacité, cette décision DOIT s'appliquer en attente de l'autre décision.

 

De plus, je suis accusée d'être responsable de la situation et, de surcroit, « punie » financièrement par le non-octroi du complément de l'Allocation auquel j'ai droit. M'étrangler financièrement leur est apparu comme le moyen sur de venir à mes fins.

 

La pression est faite de tous part afin de casser ma résistance et enfermer mon fils en IME (et cela, en pleine connaissance de cause qu'il n'y même pas des places dans aucun des IME listé sur la décision de la MDPH et que, d'autre part, les conditions dans un IME ne répondent absolument pas aux besoins de mon fils).

 

Le pire est que, dans cet acharnement, il n'y a aucune pensée réelle pour l'enfant. Comment vivrait-il une nouvelle déscolarisation alors que celle-ci vient de commencer lui donnant un espoir après tant de la frustration vécue ?


 

22  Septembre 2012 : évolution de la situation


 

Timothée est resté 3 mois au collège de son secteur, jusqu’au les vacances de l’été. Il y a fait beaucoup des progrès. L’Education Nationale n’a pas osé de le jeter dehors « au milieu » de l’année, malgré la décision du TCI et son effet exécutoire.

 

A la fin de l’année scolaire, j’étais plus au moins sur que Timothée continuerait sa scolarité dans ce Collège. A la dernière réunion rien n’a été dit pour la suite. On est parti en vacances.

 

J’ai reçu, fin Aout, la proposition du RDV chez l’Inspectrice adjointe de l’Académie, « pour parler de la scolarité de Timothée ». J’ai été très (agréablement) surprise. En vain. Ce qu’il y a eu le malentendu sur les mots… La « scolarisation », pour les inspecteurs, ça voulait dire, en IME. « Le Collège, c’est fini », m’ont ils dit. Je ne voulais pas parler d’IME, eux, du collège. On s’est quittés sur ça, au bout de 15 min. de dialogue des sourds.

 

J’ai saisi mon avocat pour écrire une (après une autre, et encore une) lettre à l’inspection, en réclamant la re-scolarisation. Notre argument était le fait, qu’une nouvelle décision de TCI, suite à un nouveau recours, est tombée le 18 Juin dernier. Comme la précédente, elle martèle l’orientation en IME. Simplement, cette fois, ils n’ont pas ajouté « l’effet exécutoire ». Oubli ? Moi, j'espérais qu’ils me laissent une petite brèche. Brèche ou pas, l’Inspection insistait sur son refus d’accepter Timothée au Collège.

 

Comme l’année précédente, je me suis rendue, le deuxième jour après la rentrée, au Collège pour annoncer que mon fils serait demain ici. La principale, en me voyant dans la salle d’attente depuis son cabinet, s’est sauvée, par l’autre porte. Je l’ai rattrapée dans le couloir, qui marchait à toute allure. Elle m’a dit, sans se retourner, qu’elle a un « besoin urgent ». « A cause de moi ? » -voulais-je demander. Ca devenait vraiment comique.

 

Sortie des cabinets, Madame la Principale a du entendre ce que j’avais à dire. « Je n’accepterai pas votre fils, je n’ai pas d’autorisation », - m’a-t-elle répondu. Je lui parlais alors des caméras et de la médiatisation.

 

L’après-midi même, l’AVS de Timothée, la même que l’année dernière, m’a téléphoné pour dire que l’Inspection lui a ordonné de venir le lendemain au Collège de mon fils, à 8h. « Ils m’ont parlé aussi de la presse et des caméras ». Je l’ai rassurée qu’il n’y en aurait point.

 

Trois semaines se sont passées. Aucun accident. L’AVS nous dit à chaque fois que Timothée a beaucoup progressé. Nul besoin maintenant de lui courir derrière, il reste et travaille en classe. Il est toujours en 6ème, à part une matinée quand il est en 5ème.

 

Le service chargé d’accompagnement en milieu ouvert (AEMO), qui est d’un grand soutien pour moi (alors que je ne voulais pas accepter cette mesure au début, tant les résultats d’investigation sociale ordonnée par le même Juge étaient injustes, faux et partiaux) a adressé, en Aout, une lettre au Juge des Enfants. La scolarisation au collège y est présentée comme très bénéfique à mon fils et la prise en charge chez moi, à la maison, aussi. Une leçon pour moi : tout n’est pas foutu dans des institutions de ce pays. Il y a AUSSI des gens humbles, intélligeants et tout simplement humains.

 

Pendant ce temps : le père de Timothée, en collaboration parfaite avec l’Inspection, en apprenant le tenu des courriers de mon avocat, s’est rendu au TCI pour indiquer à Madame la Présidente sa « gaffe » (la fameuse clause d’exécution immédiate). Celle-ci s’empresse de me prévenir que le Tribunal s’est « autosaisi » pour réparer cette « omission matérielle ». Mon avocate n'en croit pas ses yeux : en effet, le cas lui semble être sans précédent et sans aucun fondement juridique. La partialité est flagrante. On écrit une longue lettre avec toutes les références de la jurispudence…

 

La suite, comme dans les mauvais trillers, est prévisible : le TCI a fait ce qu’il a voulu faire et mes 300 Euros que j’ai sortie du réserve pour payer les lettres d’avocat partent en fumée. Ma mère, avec sa misérable retraite en Ukraine épargnait toute l’année pour que je m’achète mon cadeau d’anniversaire. Ca sera la lettre d’avocat, mon cadeau d’anniversaire…

 

Combien des milliers d’Euros, combien des milliers d’heures, y compris celles, des nuits sans sommeil, pour penser, chercher l’information, écrire, s’angoisser… Autant des heures et des forces volées à mes enfants, à ma famille, à mon travail, à moi-même. Je suis fatiguée chroniquement, stressée en permanence. Je dois tout prendre sur moi, je suis le seul rempart contre cette vague d’hostilité incompréhensible, bête, brutale, qui risque à chaque moment d’engloutir à jamais mon enfant. Dans l’indifférence presque totale de tous. Mon mari (et le père de mon deuxième enfant) est toujours à mes côtés, il m’aide énormement. Mais lui aussi, il commence être épuisé.

 

Les personnes censées assurer l’égalité des personnes handicapés, les protéger, ces personnes payés pour ça par l’Etat, elles font tout pour détruire, cacher, évacuer de la société ces personnes. Et leurs familles avec.

 

Nous avons consulté, mon mari et moi, le dossier, établie par la police suite à ma plainte contre la discrimination en octobre de l’année précédente, environs 200 pages, avec des pièces jointes. La police a auditionné plein du monde de l’Education Nationale ainsi que le père. Voilà le résumé, par extraits des citations :

« Le délit de discrimination ne semble pas être caractérisé ».

 

Pourquoi ?

« En effet, il semble que les équipes enseignantes aient fait le maximum pour accompagner le jeune Timothée (…) et ce, malgré les exigence de Mme ZHOLUD » (c’est moi). Donc, il faut comprendre que j’exigeais d’eux de ne rien faire.

 

« L’enfant a un niveau scolaire assez faible (nié par la maman ) mais a progressé au contact des enseignantes de l’école A…. »

Oh, le miracle du contact avec la source vivifiante de l’EN capable de faire progresser même les débils profonds ! Mais pourquoi alors on voulait toujours limiter et maintenant on nous refuse carrement ce contact ???

 

« Il (l’enfant) semble très souvent affamé, sa mère lui faisant apparement suivre un régime alimentaire sous prétexte d’allergies, non constatées par les équipes enseignantes ou le papa ».

 

« Le mot de « maltraitance » a été avancé par plusieurs de nos interlocuteurs qui n’ont pas souhaité que cela figure en procédure ; ce terme a été mentionné non pas dans le sens de maltraitance physique mais plutôt par absence de suivi médical, psychologique…  Seul M. DINCHER a précisé ce terme lors de son audition »… Ils oublient même de m’avoir fustigé que « j’impose » la présence du psychologue de mon fils pour l’observation à l’école. « Pas de suivi médical et psychologique» c’est pas de PSY qui donne du Rispérdale !

 

«  Mme ZHOLUD semble aimer son enfant de façon exclusive sans vouloir profiter des conseils et de l’expérience des personnels de l’éducation nationale ayant entouré son fils depuis sa scolarisation en établissement public  (école A…) ». Je précise : mon fils a passé la moitié de sa scolarité en privé avec lequel je n’ai jamais eu d’accroche. C’est que seulement l’école publique est bénéfique mais je n’ai pas su comprendre ça, zut !

 

Pas seulement la mère crocodile mais un crocodile stupide !

 

Alors tiens, va aimer ton fils de manière exclusive ! Six mois sans école, à la maison ! Et ce n’est pas fini ! Tu vas voir ton amour exclusif quand tu vas rester avec un grand ados, et puis avec un adulte en permanence à la maison (puisque tu refuses l’IME et neuroleptiques) , toute seule, sans travail, sans aucune vie sociale, dans la misère et si possible, sans mari puisque qui supportera cette vie, à part de la mère exclusive ?! Discrimination ? Il n’y a pas de discrimination pour des enfants de mères pareils !

 

Un psy (un bon , oui, ça existe) que j’ai vu, dans le cadre du signalement (concocté, on a compris par qui) m’a dit, en répondant à mon angoisse qu’on peut m’enlèver mon enfant : « mais vôtre fils, madame, tel qu’on le décrit, personne ne va vous le prendre ! »

 

Il a raison, seulement, moi, je connais un autre enfant que le canibal - débile décrit par l’EN et par son père (la honte, LA HONTE !). Je connais un gamin heureux de vivre et fragile, attachant, découragé facilement, fière (le sourire de l’oreille à l’oreille) d’aller les deux petits heures au collège, confiant et compréhensif si je n’ai rien préparé pour son travail ce jour (puisque passée tout mon temps à batailler avec des personnes qui veulent lui supprimer même ces deux heures de rien du tout), content d’un rien, pourvu que ce soit quelque chose qui ressemble à un travail scolaire. Ma fille, 7 ans, lui fait maintenant les dictées. Il est content. Et quand je ne peux pas retenir mes larmes, quand je craque, il me fait des gros câlins.

 


 

Maryna Zholud, maman de Timothée

 

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19 avril 2012 4 19 /04 /avril /2012 18:06
Jeudi 19 Avril "Le téléphone sonne"
 
 
Peut-elle, doit-elle renouveler ses pratiques ?
Les adeptes de Freud sont-ils menacés par des intégristes de l’inconscient qui refusent toute évolution ?

 

 

 

J’ai un enfant autiste, et j’affirme sans l’ombre d’une seule hésitation que l’approche psychanalytique est totalement inefficace au mieux, néfaste au pire concernant son évolution.
 
 
 
Notre enfant a été jugé et condamné, viré de l’école au bout de deux jours de maternel, l’hôpital de jour aurait du être son avenir.
Nous nous sommes battus contre tous ces gens là, une institutrice qui l’a pris comme un « défis », une façon de faire adapté, on n’a jamais lâché, on ne lâchera pas… malgré tous ces psys, maintenant, il est en CM1 sans année de retard, plus de psy, une AVS maintenant à mi temps, une scolarisation à plein temps, heureux de vivre et un avenir maintenant qui se dégage….
 
Nous n’avons pas les mêmes valeurs… Vous, psychanalystes, prônez des valeurs humanistes en apparence, mais dans les faits, on peut parler de sacrifices d’enfants, de familles… des destructions méthodiques.
Je suis un intégriste rétrograde, nous nous sommes battus ma femme et moi contre des gens comme vous pour notre enfant.
 
 
Les velléités psychanalytiques, nous avons su les éviter, ou faire en sorte que cela ne fasse pas de dégât, mais ce fut dans notre parcours un handicap supplémentaire car il ne faut pas oublier que ces gens là peuvent nous coller une enquête sociale dans la poire, peuvent tenter de nous l’arracher si on dit réellement ce que l’on pense d’eux.
 
 
C’est donc une embûche de plus dont nous sommes maintenant débarrassés.
C’est par le fait d’être débarrassé de cet épineux problème (l’approche psychanalytique) que je peux maintenant témoigner… Avant je ne l’ouvrais pas trop de peur d’être traité de parent indigne, qu’on nous enlève notre enfant.
 
Je ne suis pas « contre » la psychanalyse en elle-même… si quelqu’un veut se faire psychanalyser, qu’elle le fasse… la liberté est pour moi un respect.
Cependant, nous en tant que parents d’autiste, nous ne pouvons pas échapper à cette approche dans l’état actuel des choses.
 
 
Ainsi, nous sommes jugés, soit ouvertement soit par « derrière », on tente de mettre en opposition père et mère par le biais de jugement et de culpabilisation.
On tente de nous faire craquer, on nous met la pression, et les couples survivant (10% environ, le reste divorce) ne peuvent qu'être des couples en béton car entre le problème de l’autisme en lui-même et de surcroît, l’approche psychanalytique qui nous est imposée, c’est le « double effet kisscool », double peine.
 
 Finalement, nous ne sommes que des survivants, vos propos décapitent nombres d’espoirs chez des gens fragiles et manipulables, qui voient chez les pontes de la psychanalyse des messies, des messies qui détruisent méthodiquement tout espoir.
 
 
 
 
Je refuserais toute évolution ? Notre enfant réussit alors qu’avec l’approche très évoluée de ces chers psychanalystes, il serait aujourd’hui un enfant non verbal (qui ne parle pas) à s’auto mutiler, gavé de médoc dans un sombre hôpital de jour payé par l’état 600 à 800€ / jour.
 
 
 
Se battre pour nos enfants revient maintenant à être traité d’intégriste rétrograde. Pas de mal, on est blindé, ne vous inquiétez pas, on a le droit à tout avec vous .
 
 
Je suis traité d’intégriste par l’introduction journalistique, je ne vous en veux même pas, notre enfant réussit et on vous em…. rde très cordialement.
 
 
 Luc Wilquin
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17 avril 2012 2 17 /04 /avril /2012 10:27

Réaction du professeur Van Rillaer à la description du Professeur Delion faite par Catherine Vincent dans le journal "Le Monde" le 31 Mars dans l'article : "L'enveloppe qui déchire"

 

 

Chère Catherine Vincent,

 

J’ai lu avec attention votre article sur le docteur Delion, que vous décrivez comme un homme qui a l’esprit d’ouverture, aujourd’hui calomnié, disqualifié.

 

J’aimerais rappeler que « calomnier et disqualifier » est exactement ce que Mr Delion a fait à l’égard de Michel Onfray, dans l’opuscule publié par E. Roudinesco sur le livre qu’Onfray.

 

Voici ses propos dans le texte qu'il intitule « Le coup de pied de l’âne », avec mes commentaires

 

Delion intitule son texte, très justement, « Le coup de pied de l’âne » .

 

Son coup de pied à Onfray est du pur style asinien.

 

Delion est un psychiatre freudien. A le croire, sans Freud et quelques psychiatres freudiens français (Daumézon, Bonnafé, Oury), la psychiatrie serait restée ce qu’elle était au XIXe siècle.

 

Psychanalyste freudocentré et chauvin, Delion ferait bien de lire l’ouvrage d’Ellenberger,"Histoire de la découverte de l'inconscient" , ou l’Histoire de la psychiatrie de Franz Alexander (un freudien !) et Sheldon Selesnick pour apprendre que des psychiatres non freudiens ont œuvré à l’humanisation des asiles bien avant les freudiens qu’il cite. Parmi beaucoup d’autres : Johann Reil en Allemagne et Auguste Forel en Suisse.

 

A la rigueur, qu’il consulte un livre qui se trouve assurément dans sa bibliothèque : le best seller de Mme Roudinesco, "Pourquoi la psychanalyse ? " où il lira page 47 : « La psychiatrie dynamique réinventa un modèle psychothérapeutique en donnant la parole à l'homme malade comme le faisait Hippolyte Bernheim à Nancy et plus tard Eugen Bleuler à Zurich.»

 

Delion ne dit pas un mot sur le fait que le côté carcéral de la vie asilaire a très sensiblement diminué grâce à la découverte des neuroleptiques dans les années 1950. C’est que lui-même est le promoteur d’une méthode qui devrait permettre de s’en passer : le « packing », une camisole de force new look, qui fait songer à des pratiques barbares des siècles passés !

 

Sa méthode s’applique aux enfants autistes. Elle consiste à emmailloter l’enfant jusqu’au cou dans un cocon de contention,mouillé et glacé (au moins 10° en dessous de la température du corps), pendant 45 minutes. Quand la température de la peau a chuté de 36 à 33 degrés, l'enfant est progressivement réchauffé. Ainsi, un enfant agité se trouve maté. Le procédé se renouvelle jusqu’à 7 fois par semaine.

 

  • Pour une présentation de la technique, voir 

 http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article1270

 

  • Pour le reportage de L’Express, voir

http://www.lexpress.fr/actualite/sciences/sante/autisme-le-traitement-qui-choque_768175.html

 

  • Pour une évaluation par des spécialistes de l’autisme, voir :

http://aspergeraide.com/phpBB2/viewtopic.php?t=945

http://anae-revue.over-blog.com/article-autisme-position-du-pr-bernadette-roge-sur-le-packing-46243298.html

 

 

 

Le packingeur affirme qu’« Onfray menace de favoriser le retour de la psychiatriesécuritaire » (p. 83, sic). Attribuer un tel pouvoir à une psychobiographie écrite par un philosophe, cela s’appelle « délire de persécution ».

 

Incapable de prouver qu’une affirmation d’Onfray est fausse, Delion se contente d’affirmer qu’Onfray, en critiquant Freud, a commis « une faute morale » (sic, p. 84). Il déclare que cette faute est d’autant plus grave qu’Onfray n’a pas mentionné« que les livres de Freud ont été brûlés par les nazis ». Il termine en écrivant que, par cet oubli, Onfray a pris le risque « d’être assimilé aux désinformateurs les plus vils » (p. 84).

 

Delion a fait comme tous les auteurs de Haine n°2 : il a critiqué le livre d’Onfray sans l’avoir ouvert. S’il l’avait lu, il aurait constaté ceci à la page 547 :

 

« Le 10 mai 1933, un immense autodafé est organisé dans lequel on brûle des livres de gauche, de socio-démocrates, de démocrates, de marxistes et de juifs. Parmi beaucoup de grands esprits de la littérature, de la philosophie, de la pensée, de la science, de la psychanalyse, on y trouve Einstein et Freud. Mais le nazisme, s’il condamne ces hommes parce qu’ils sont juifs, ne condamne ni la théorie physique de la relativité ni la doctrine freudienne de la psychanalyse. »

 

L’important pour Delion est d’insinuer qu’Onfray est, selon la désormais célèbre expression roudinescienne, un «antisémite masqué ».

 

Pour son coup de pied à Onfray, l’âne manque cruellement de lectures et d’imagination.

 

 

 

Avec l'expression de mes sentiments les meilleurs,

Jacques Van Rillaer

 

Professeur émérite de psychologie

Université de Louvain (Louvain-la-Neuve)

& Facultés universitaires St-Louis (Bruxelles)

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