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3 avril 2012 2 03 /04 /avril /2012 11:42

 

Traduction de l'article publié sur la BBC News pour la Journée Mondiale de l'Autisme, 02 Avril 2012 : France's autism treatment "shame"

Par Elsa Bouet

 

 

La "honte" du traitement de l'autisme en France

 

Dans beaucoup de pays, la façon standard de s'occuper des enfants autistes est l'approche comportementaliste – les stimuler et les récompenser pour qu'ils développent les compétences nécessaires au fonctionnement en société – mais la France place toujours foi en la psychanalyse. Et un nombre de plus en plus grand de parents demande maintenant du changement.

 

Pour les personnes concernées par l'autisme, c'est un des plus sérieux problèmes de santé de notre époque.

Pendant des décennies la France a tourné le dos aux dernières avancées scientifiques, et a traité l'autisme comme une forme de psychose.

 Résultant de cela, des dizaines de milliers d'enfants ont été mal diagnostiqués – ou pas diagnostiqués du tout – et condamnés à des vies de misère.

 Jusqu'aujourd'hui, dans son approche de l'autisme, la communauté médicale française continue de faire confiance à la psychiatrie et la psychanalyse – longtemps après que le reste du monde ait changé pour des méthodes alternatives de traitement.

"C'est un déshonneur total", d'après Daniel Fasquelle, un député engagé dans ce problème.

"Chaque jour je suis contacté par des parents avec la même histoire – expliquant que l'autisme de leur enfant n'a pas été détecté à temps, qu'ils n'ont jamais eu le traitement dont ils avaient besoin.

"Des milliers d'enfants auraient pu être sauvés. Ils le font partout ailleurs. Pourquoi pas ici ? C'est la honte de la France."

Le conflit sur l'autisme en France a été tenu discret pendant des années. Mais récemment il est devenu public. Des associations indépendantes ont été créées, faisant pression en faveur d'un mouvement loin de la psychanalyse et de la psychiatrie et aux traitements comportementalistes qui prévalent ailleurs.

Début mars, ces groupes ont remporté une victoire importante - avec un rapport de la HAS qui met en question l'utilisation de la psychanalyse comme un traitement pour l'autisme. Mais les psychanalystes ne le prennent pas si facilement. De leur point de vue, le comportementalisme est une forme de conditionnement social superficiel qui n'aborde pas les causes premières - et ils sont en colère d'avoir été enfermés dans le rôle des méchants de l'histoire, quand leurs buts sont aussi sincères que ceux de leurs adversaires.

"Une chose qui ne paye jamais dans le domaine de l'autisme est le triomphalisme," dit Lauriane Brunessaux, une pédopsychiatre. "L'autisme est beaucoup trop complexe et nous le comprenons si mal." Aujourd'hui ce sont les comportementalistes qui sont triomphalistes. "L'approche comportementaliste de l'autisme a été développée dans les années 70 et 80 aux États Unis et au Canada et c'est maintenant la norme dans la majeure partie du monde.

Sous la méthode dénommée ABA (Applied Behavioural Analysis – analyse appliquée du comportement), l'autisme est traité comme un problème éducatif plutôt que médical.

Avec un ensemble de récompenses (qui peuvent être accordées ou retenues) – et avec beaucoup d'attention individuelle – les enfants peuvent apprendre à fonctionner en société, et être beaucoup moins un fardeau pour leur famille.

"Si vous les diagnostiquez tôt et leur donnez ensuite un traitement entre deux et sept ans, 70 % des enfants autistes peuvent acquérir des compétences linguistiques fonctionnelles. Ici en France, on est bien loin de ce chiffre," dit Fasquelle. "Et le même modèle continue plus tard dans la vie. Au Royaume-Uni, il y a 17 fois plus d'étudiants universitaires avec autisme qu'en France. C'est inacceptable."

L'objet du blâme – pour Fasquelle et les associations – réside dans une communauté médicale qui s'accroche à Freud.

"Aujourd'hui chacun sait que l'autisme est un problème neurodéveloppemental. Ce n'est pas une psychose ou des troubles psychiques," dit Muhamed Sajidi, le président de l'association Vaincre l'Autisme.

"Mais en France ce sont les psychiatres - lourdement sous l'influence de la psychanalyse freudienne - qui restent responsables. Et ils se sont coupés de tous les changements de notre connaissance de l'autisme." Sajidi a fondé l'association après que sa vie ait été "détruite", comme il s'est exprimé, par l'échec de la communauté médicale de diagnostiquer l'autisme de son fils Sami.

Pour lui, comme pour beaucoup d'autres, le pire est la façon dont la culpabilité a été rejetée sur les parents des enfants autistes, et particulièrement sur la mère.

"La première fois que je suis allé voir un docteur quand mon fils Gael (autiste) avait trois ans et que nous pensions qu'il y avait un problème, le psychiatre m'a demandé si je l'avais désiré - si cela avait été une grossesse désirée !" Dit Candy Lepenuizic, une femme britannique mariée à un Français.

"Ensuite elle a demandé quel genre de rêves j'avais eu pendant que j'étais enceinte de lui. Et elle a suggéré que la famille entière fasse une psychothérapie."

À ce moment je me suis levée et suis sortie. C'est seulement parce que j'avais été prévenue que cela pouvait arriver que je n'ai pas fondu en larmes."

De telles histoires d'horreur sont typiques dans les familles françaises d'enfants autistes.

"Toute l'idée était que c'était la faute à maman [en français dans le texte]. C'était la "maman réfrigérateur", ou c'était un problème avec la dynamique de la famille", dit Lepenuizic.

"Ils pensaient que si l'enfant n'arrivait pas à communiquer avec le monde extérieur, c'était à cause d'un trauma dans l'utérus ou dans les tous premiers moments de la vie. C'était un dysfonctionnement familial, et nous devions le soigner !"

Les critiques disent que cette emphase sur la psychanalyse et les relations ont fait que les enfants autistes n'ont pas été repérés avant qu'il soit trop tard. Et cela, à son tour, diminue les chances d'un traitement efficace.

Quelques 60% d'enfants autistes en Suède vont à l'école, dit Sajidi, président de " Vaincre l'Autisme".

"Aujourd'hui seulement 20% des enfants autistes en Frances sont à l'école, et souvent en temps partiel. Le reste est soit en hôpital psychiatrique, ou en centre médico-social, ou vit à la maison – ou en Belgique," dit Sajidi.

"Beaucoup de familles envoient leurs enfants en Belgique, où il est beaucoup plus facile de mettre en place des centres de traitement comportementaliste.

"Les choses changent maintenant, parce que les parents refusent d'être menés en bateau par les professionnels. Mais la vraie tragédie concerne les autistes adultes de France, dont beaucoup sont dans un état de totale incompréhension ou même d'auto-mutilaton.

"Soixante-quinze pour cent des familles avec enfants autistes finissent en divorce, et en général c'est avec la mère que reste la personne autiste.

"Aujourd'hui ces pauvres femmes vieillissantes s'occupent de leurs enfants autistes sans savoir ce qui leur arrivera quand elles mourront."

Si Sajidi et d'autres militants commencent à sentir le vent tourner, c'est parce que le ministère de la santé commence enfin à fonder des écoles pilotes comportementalistes, ainsi que des centres de diagnostic.

Dans son rapport récent, le ministère a aussi désapprouvé une pratique connue sous le nom de "packing" où les enfants autistes sont enveloppés dans des draps humides pour les reconnecter avec leurs corps. Les militants disent que ce traitement est à la fois barbare et inefficace.

Le problème fondamental, disent les militants, est que la profession psychiatrique résiste aux appels au changement, parce que le moins il y a de patiens, le moins ils gagnent.

"Ils ont un intérêt financier à institutionnaliser les enfants autistes," dit Sajidi.

Lepenezuic dit : "L'État paye. L'enfant ne va pas mieux – mais qui ça intéresse ? Il est pris en charge par l'état, et les docteurs se font beaucoup d'argent. Beaucoup changeraient-ils le système ?"

Mais de l'autre côté, de telles charges sont profondément rejetées.

Les psychiatres pour enfant comme Lauriane Brunessaux croient que les associations ont grossièrement distordu le débat, et sont engagés dans une bataille pour "discréditer les psychanalystes et toute la nation de l'inconscient".

Les défendeurs du système français disent que la situation n'a jamais été aussi uni-dimensionnelle que ne le clament les comportementalistes.

Avant tout, disent-ils, il y a plein d'histoires de réussites émanant du traitement psychanalytique de l'autisme. Elles n'ont simplement pas été bruyamment trompettées.

Deuxièmement, ce n'est pas comme si l'approche comportementaliste elle-même était au-delà de toute critique. Aux États Unis et au Canada, dit Brunessaux, il y a eu des études qui posent de sérieuses questions sur sa validité scientifique.

"La seule vraie référence du comportementalisme est l'expérimentation du choc éléctrique sur des rats effectuées par (le psychologue américain) Burrhus Skinner dans les années 40.

"De toute évidence les méthodes de récompense et de punition de nos jours sont totalement différentes. Mais c'est cela l'arrière-plan du comportementalisme," dit-elle.

Pour le psychanalyste français Eric Laurent, il y a un problème plus profond.

"Changer le comportement est une chose. Mais que faites-vous du trouble qu'il y a derrière ? C'est très bien de se concentrer sur les compétences qui peuvent être transmises par une approche comportementaliste, mais ça laisse là toute une dimension de l'image", dit-il.

Quant à l'accusation que les psychanalystes sont responsables des difficultés des familles, Laurent est également dédaigneux.

"L'idée que que vous ayez eu à attendre que des psychanalystes viennent pour qu'il y ait de la haine dans les familles est ridicule. La haine a toujours été là.

"La psychanalyse est utilisée comme un bouc-émissaire – même si nous ne devrions peut-être pas nous en offusquer, puisqu'être un bouc-émissaire est une partie du rôle de la psychanalyse," dit-il.

Ce qui met en colère les gens comme Brunessaux et Laurent est qu'alors que de leur côté du débat ils sont prêts à admettre l'efficacité du comportementalisme – comme une des différentes approches possibles de l'autisme – les comportementalistes sont dogmatiquement attachés à leur système et seulement le leur.

Qui que ce soit qui ait raison en fin de compte, ce que le conflit sur l'autisme montre peut-être le plus clairement est un changement dans la nature de la société française.

Autrefois, les familles faisaient ce qu'on leur disait. L'état était bienveillant, et avait des ressources massives à dépenser. Si les docteurs choisissent l'institutionalisation, alors qu'il y a-t-il à redire ?

Aujourd'hui c'est différent. Grâce à la transmission du savoir, à internet, au consumérisme et au déclin de l'esprit collectif – les familles pour la première fois se sentent encouragées à penser, et agir, par et pour elles-mêmes.

 

  • Qu'est-ce que l'autisme ?

L'autisme et le syndrome d'Asperger font partie d'une catégorie de troubles qui peuvent poser des difficultés avec la communication et les compétences sociacles, et qui peuvent mener à l'isolation et aux problèmes émotionnels

Trois principaux symptomes :

Difficultés avec l'interaction sociale – n'être pas conscient de ce qui est socialement approprié

Problèmes avec la communication verbale et non-verbale – ceux affectés peuvent être capables de parler fluidement ou, plus communément dans l'autisme, peuvent être incapables de parler

Manque d'imagination et de jeu créatif – comme ne pas apprécier prendre part à des jeux de rôles

 

  • L'autisme aux États-Unis

Pendant que la France se bat sur comment traiter les enfants autistes, les États Unis se demandent combien de gens sont affectés, et pourquoi.

Une étude par le Centre de Contrôle des Maladies (CDC) reporte que l'incidence du syndrome d'Asperger, de l'autisme ou du trouble envahissant du comportement est bien plus haut qu'on ne le pensait – un enfant sur 88 est probablement sur le spectre autistique, pas un sur 110 comme reporté précédemment.

"Ces nombres du CDC devraient tous nous réveiller," dit Lawrence Korchnak, vice-président de l'Autism Society dans le Maryland.

La majeure partie du changement a été attribuée à une meilleure détection dans les communités afro-américaines et hispaniques. Mais que ce soit l'unique raison est impossible à dire, dit Craig J Newshaffer, directeur de l'institut de l'autisme AJ Drexel en Philadelphie.

"Il nous reste à nous demander si une partie de cela pourrait être dûe à une réelle augmentation du risque," dit-il.

 

  • La mère réfrigérateur

Des années 50 aux années 70, l'autisme était fréquemment attribuée à la frigidité émotionnelle du côté de la mère

Dans un journal de 1949, le psychiatre Leo Kanner suggère "froideur parentale, obsessionnalité, et un type mécanique d'attention aux besoins matériels uniquement" laissent les enfants dans des "réfrigérateurs" et les fait se replier et "chercher le confort dans la solitude"

Certains expert qui croient que l'autisme est un trouble psychologique continuent de considérer les interactions parentales défaillantes comme la source du problème

 

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3 avril 2012 2 03 /04 /avril /2012 08:24
  • Revue de presse ici

 

On a senti que les média ne mettaient pas beaucoup d'entrain sur le sujet, évitant de reparler des recommandations de la Haute Autorité de Santé : ils ont soit abordé des sujets "soft" comme le Syndrome d'Asperger chez des adultes déjà insérés, soit donné la parole à une maman qui prône la pratique du packing, comme Eglantine Emeyé, avec pas moins de 4 articles dans la presse écrite et 2 interviews sur Europe 1.

A noter des articles de quotidiens dijonnais, sur l'approche biomedicale des troubles associés de l'autisme avec l'association Respir Bourgogne

France Soir a pour sa part largement couvert le sujet, avec notamment un article sur l' explosion du nombre de diagnostics d'autisme aux Etats Unis

Les chaines télé ont préféré traiter de sujets mineurs, plutôt que de parler de cette journée.

Coté Belge, RTL.be a consacré pas mal de sujets sur la situation dramatique en France.

 RTS.ch, la radio suisse, a interviewé Josef Shovanec, asperger, qui met l'accent sur les adultes autistes qui en grande majorité n'ont pas l'opportunité de s'insérer, trouver un travail.

 

 

  • Coté politique

 

Les candidats à la présidentielle ne se sont pas exprimés, entretenant le flou concernant leur programme vis à vis de l'insertion sociale et scolaire, la façon d'appliquer sur le terrain les recommandations de bonnes pratiques.

Nous savons quand même que le collectif des 39 est soutenu par le Front de Gauche, les verts ( EELV), le NPA, Lutte Ouvrière et le PS, qui s'est engagé à réorganiser la Haute Autorité de Santé.

 

 

 

  • Mon sentiment 

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 Un point positif est que cette journée a mis en valeur les adultes asperger, qui se sentent un peu les oubliés de la grande cause.

La journée mondiale de l'autisme est vue comme un sujet peu important, léger, alors que la situation en France est honteuse, comme le souligne un article de la BBC à l'occasion de cette journée.

 

 Aujourd'hui, les familles françaises se sentent un peu comme des noirs en Afrique du Sud au moment de l'apartheid.

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2 avril 2012 1 02 /04 /avril /2012 18:47
  • La France, à l'étranger

 

 BBC News : "France's autism treatment shame"

http://www.bbc.co.uk/news/magazine-17583123

 

RTS.ch : Interview de J Schovanec, autiste

http://www.rts.ch/video/info/journal-12h45/3897100-cinquieme-journee-mondiale-de-sensibilisation-a-l-autisme-entretien-avec-josef-schovanec-chercheur-en-philosophie-et-sciences-sociales-et-porteur-du-syndrome-d-asperger.html#.T3mh76Ks89c.facebook

 

RTL.be : "Journée mondiale de l'autisme, un handicap encore mal connu"

http://www.rtl.be/loisirs/monbienetre/sante/735515/journee-mondiale-de-l-autisme-un-handicap-encore-mal-connu

 

RTL.be : "Journée mondiale de l'autisme ; ce qui les rend uniques, c'est leur richesse intérieure"

http://www.rtl.be/info/vous/temoignage/866805/journee-mondiale-de-l-autisme-ce-qui-les-rends-unique-c-est-leur-richesse-interieur-

 

RTL.be : "Autisme : le bleu sur la bourse de Bruxelles"

http://blogs.rtl.be/santevousbien/2012/03/31/autisme-le-bleu-sur-la-bourse-de-bruxelles/

 


 

  • Sur les chaînes de télévision

 

France 3 Rhone Alpes Auvergne " Comment faire face à l'autisme"

http://auvergne.france3.fr/info/comment-faire-face-a-l-autisme-73246042.html?onglet=videos&id-video=CLER_1629050_300320120843_F3

 

TF1 News : "Comment j'ai découvert que mon enfant était autiste" et Interview de V Guerhard et A Camm, du collectif autisme.

http://lci.tf1.fr/france/societe/comment-j-ai-decouvert-que-mon-enfant-etait-autiste-7106485.html

 

M6, JT de 12h45 : reportage de Magali Pignard mamanasperger d'un enfant autiste

http://www.m6replay.fr/#/info/le-1245/44966

 

France 2 JT soir : reportage de Valentin Merou, asperger

http://www.francetv.fr/info/autisme-portrait-de-valentin-atteint-du-syndrome-d-asperger_79575.html

 


 

  • Presse nationale

 

La dépêche : "La France s'illumine aux couleurs de l'autisme pour afficher sa solidarité"

http://www.ladepeche.fr/article/2012/03/30/1319365-la-france-s-illumine-aux-couleurs-de-l-autisme-pour-afficher-sa-solidarite.html

 

La dépeche : "Autisme : une campagne pour alerter les pouvoirs publics sur les discriminations subies"

 

France Soir : " L'autisme a fortement augmenté aux Etats Unis : +26% en 2 ans"

http://www.francesoir.fr/pratique/medecine/l-autisme-a-fortement-augmente-aux-etats-unis-205003.html

 

France Soir : "Autisme : 650 000 malades en quete de reconnaissance"

http://www.francesoir.fr/pratique/medecine/autisme-650000-malades-en-france-204927.html?google_editors_picks=true

 

France Soir ; "Autisme : Journée Mondiale de sensibilsation ce Lundi"   M.Ricard

http://www.francesoir.fr/actualite/sante/autisme-journee-mondiale-de-sensibilisation-ce-lundi-204613.html

 

 

20 minutes - "Autisme : une journée pour rappeler que ce n'est pas une maladie rare" J Menielle

http://www.20minutes.fr/sante/909571-autisme-journee-rappeler-maladie-rare

 

L'Express : "Journée de l'autisme : 5 liens pour comprendre ce trouble" L Souillier

http://www.lexpress.fr/actualite/sciences/sante/journee-de-l-autisme-cinq-liens-pour-comprendre-ce-trouble_1100277.html

 

Famili.fr : "C'est la journée mondiale de sensibilisation à l'autisme"

http://www.famili.fr/,c-est-la-journee-mondiale-de-sensibilisation-a-l-autisme,363,332108.asp#articles

 

Europe 1 : Interview de E Eméyé par Guillaume Cahour

http://www.europe1.fr/MediaCenter/Emissions/Europe-1-Midi/Sons/Europe-1-midi-Guillaume-Cahour-02-04-12-1017491/

 

Europe 1 : " la colère d' Eglantine Emeyé"

http://www.europe1.fr/France/Autisme-la-colere-d-Eglantine-Emeye-1017593/  

 

Voici : "Mon fils ne parlera jamais" E Emayé

http://www.voici.fr/news-people/actu-people/eglantine-emeye-evoque-l-autisme-de-son-fils-445204#!

 

 Pure people : " Eglantine Emeyé, maman d'un enfant autiste ; il hurle, s'automutile"

http://www.purepeople.com/article/eglantine-emeye-maman-d-un-enfant-autiste-il-hurle-s-automutile_a98461/1

 

Blog de Jean Marc Morandini : " Eglantine Emeyé pousse un coup de gueule contre les psychanalystes"

http://www.jeanmarcmorandini.com/article-280961-autisme-eglantine-emeye-pousse-un-coup-de-gueule-contre-les-psychanalystes.html

 

Le parisien : "L'ancienne miss météo raconte son combat pour son fils" A Echkenazi

http://www.leparisien.fr/espace-premium/air-du-temps/-02-04-2012-1935081.php

 

Médiapart "Lettre ouvert au président de la HAS" M Assouline

http://blogs.mediapart.fr/edition/contes-de-la-folie-ordinaire/article/020412/lettre-ouverte-au-president-de-la-haute-aut

 


 
  • Presse Régionale

 

Six Fours-net "Monica Zilbovicius, invité prestigieuse du congrès d'autisme PACA"

http://www.six-fours.net/actualite/six-fours-congres-monica-zilbovicius-invitee-prestigieuse-du-congres-d-apaca-5225.html



Sud Ouest : "Lumière bleue pour la journée mondiale de l'autisme"

http://www.sudouest.fr/2012/04/01/lumiere-bleue-pour-la-journee-de-l-autisme-675569-4018.php

 

Infos-Dijon : "Lundi 02 Avril, journée mondiale de l'autisme : l'association Respir Bourgogne alerte sur les besoins des familles"

http://www.infos-dijon.com/article.php?sid=26521&thold=0

 

Dijon Scope : "Bourgogne, journée mondiale de l'autisme, un mois d'Avril en bleu"

http://www.dijonscope.com/019485-bourgogne-journee-mondiale-de-l-autisme-un-mois-d-avril-en-bleu

 

Bourgogne France 3 : "Des antibiotiques contre l'autisme", association Respir Bourgogne

http://bourgogne.france3.fr/info/des-antibiotiques-contre-l-autisme-73239861.html



Le Bien Public : " Dijon, la place de la libération bleue de monde"

http://www.bienpublic.com/actualite/2012/04/02/dijon-la-place-de-la-liberation-bleu-de-monde

 

Courrier Picard : "Les structures se tendent la main"

http://www.courrier-picard.fr/courrier/Actualites/Info-locale/Haute-Picardie/Les-structures-se-tendent-la-main/Les-structures-se-tendent-la-main



La Voix Du Nord "L'hôtel de ville en bleu pour mettre en lumière l'autisme"

http://www.lavoixdunord.fr/Locales/Tourcoing/actualite/Secteur_Tourcoing/2012/04/01/article_l-hotel-de-ville-en-bleu-pour-mettre-en.shtml

 

Vendée, Conseil Général "Journée Mondiale de sensibilisation de l'autisme"

http://www.vendee.fr/actualites/3850/journee-mondiale-de-sensibilisation-de-l-autisme.htm   

 

L'indépendant : "Villeneuve de la Raho : St Julien illuminé en bleu pour l'autisme"

http://www.lindependant.fr/2012/04/02/saint-julien-illuminee-en-bleu,128154.php  

 

Martinique - France - Antilles : "Journée mondiale de l'autisme"

http://www.martinique.franceantilles.fr/actualite/sante/journee-mondiale-de-l-autisme-151439.php

 

Le Journal de Saone et Loire : "Journée mondiale de l'autisme aujourd'hui"

http://www.lejsl.com/loisirs/2012/04/02/journee-mondiale-de-l-autisme-aujourd-hui

 

Ouest France : "A Nantes, lâcher de pigeons ce soir pour la journée de l'autisme"

http://www.ouest-france.fr/ofdernmin_-a-Nantes-lacher-de-pigeons-ce-soir-pour-la-journee-de-l-autisme_40771-2062049-pere-pdl_filDMA.Htm

 

 


 

  • Sites médicaux

 

My Pharma : " Journée Mondiale de l'Autisme, le 02 Avril 2012"

http://www.mypharma-editions.com/journee-mondiale-de-lautisme-le-2-avril-2012  

 

SantéLog : "Journée mondiale de sensibilisation à l'autisme : aujourd'hui un défi mondial"

http://www.santelog.com/news/neurologie-psychologie/journee-mondiale-de-sensibilisation-a-l-autisme-aujourd-hui-un-defi-mondial_7982_lirelasuite.htm

 

Santé News : "La Fédération Nationale des Orthophonistes s'associe à la journée mondiale de sensibilisation à l'autisme"

http://www.santenews.eu/2012/04/01/la-fno-sassocie-a-la-journee-mondiale-de-sensibilisation-a-lautisme/  



Santé Medecine: "Autisme : l'hôtel de ville de Paris s'illumine en bleu pour sensbiliser le public"

http://sante-medecine.commentcamarche.net/news/113869-autisme-l-hotel-de-ville-de-paris-s-illumine-en-bleu-pour-sensibiliser-le-public

 

02 Avril - Acturank : "Le monde s'éclaire en bleu pour l'autisme le 02 Avril"

http://www.acturank.com/article11179.html

 

02 Avril - Acturank : "L'hôtel de ville de Paris s'habillera de bleu le 02 Avril au soir pour la journée mondiale de l'autisme"

http://www.acturank.com/article11168.html

 

 

 

 

 

 

 

 



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1 avril 2012 7 01 /04 /avril /2012 19:38

Un psychiatre accuse : maltraitance des autistes graves et de leur famille par le service public

 

 

Je suis médecin-psychiatre depuis 42 ans (l’ensemble de ma carrière en milieu hospitalier ou assimilé) et n’ai jamais cessé de m’occuper d’autistes. En dehors de la polémique actuelle, psychanalyse versus cognitivo-comportementalisme, j’appuie mes équipes dans l’application des méthodes modernes, tel le PECS. Je suis attaché à plusieurs structures de jour de type IME, gérées par une association de parents.

 

 

Pour la quatrième fois depuis trois ans, je me bats en vain avec le service public de psychiatrie infanto-juvenile de l’Aude pour le soin aux autistes graves. Quand de tels enfants, adolescents ou jeunes adultes (pas de langage, handicap énorme) abordent des phases de décompensation violente (automutilations sérieuses, mise en danger des autres enfants, violences notamment en phase de puberté), un recours à une hospitalisation brève est indispensable pour les stabiliser. Dans l’Aude, où j’exerce, le service public refuse de se charger de tels cas lours, sans grandes perspectives et peu valorisants. Pour trois patients différents, j’ai vécu ces impasses extrêmement douloureuses pour les familles, frappées d’une double peine, avoir un enfant gravement déficient et le voir rejeté par ceux qui sont là pour le soigner et l’éduquer.

 

 

Le quatrième cas, en cours, est particulièrement révoltant. La souffrance extrême de A. (12 ans) et de sa famille (maman au bord d’un passage à l’acte désespéré, comme de tristes faits divers l’illustrent régulièrement) m’a amené à annoncer une grève de la faim pour que notre demande de soins, réiétrée à de nombreuses reprises depuis septembre 2011, soit prise en compte. La préfecture de l’Aude est intervenue, m’assurant qu’une solution rapide serait trouvée. Trois semaines après, le service public refuse toujours de s’occuper sérieusement d’A., arguant d’un trop-plein de patients en « phobie scolaire ».

 Mes consoeurs ont toutefois consenti à recevoir les parents et leur ont fait visiter le service en s’arrêtant avec emphase devant la chambre d’isolement et en signalant qu’A. y serait enfermé en cas d’hospitalisation. Bien évidemment, les parents en ont été indignés, se sentant totalement manipulés.

 

 

Je partage cette révolte pour plusieurs raisons :

 

1- Le service public a pour mission d’accueillir tous les types de patients, même (et surtout) les cas lourds.

 

2- Le placement en chambre d’isolement est strictement réglementé, ne peut en aucune manière être anticipé sur un mode punitif ou prétendu éducatif, encore moins pour un chantage.

 

3- Un tel chantage par un médecin est contraire au code de déontologie médicale (j’ai d’ailleurs engagé une plainte auprès du Conseil de l’Ordre des médecins).

 

4- Sur un plan purement humain, face à des parents et un enfant en souffrance, ce comportement est la marque d’une indifférence absolue à ceux que l’on a fait serment de soigner et servir.

 

 

Après avoir alerté en vain toutes les instances médicales et administratives possibles, je m’en remets au soutien des médias, de mes confrères médecins et des associations de parents.

 

Pierre SANS, docteur en médecine

pierre-sans@hotmail.fr

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27 mars 2012 2 27 /03 /mars /2012 18:18

J'attends je ne sais quoi

Qui renouerait le fil

Peut être un vrai sourire

Peut être que l'on me voit

Qu'on dessine sur ma vie

Un avenir sans crainte

Le monde que l'on connait

N'est peut être pas parfait

Mais si il voyait en nous

Des êtres et non des choses

Nous pourrions vivre mieux

Nous pourrions tout apprendre

Nous pourrions vivre ensemble

Nous pourrions être

 

Extrait de la chanson "ça s'appelle vivre" , composée par Romuald Grégoire, ou tout simplement Rom

 

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Ces paroles j'aimerais aujourd'hui qu'elles percutent certaines personnes...des personnes rémunérées par l'état, qui avaient pour mission de l'aider .

qui avaient : au passé.... Car Rom est parti. Le 8 Mars.  Il n'a pas pu surmonter un cancer de l'intestin qui, diagnostiqué trop tardivement par négligence humaine et médicale, a migré vers le foie, réduisant considérablement ses chances de survie.

 

 

Romuald, 35 ans, ayant le Syndrome d'Asperger, avait demandé à la MDPH de Orléans à être accompagné par une AVS, Pauline. Cette personne était injoignable par téléphone et répondait très rarement à ses mails.

Lorsqu'il a commencé à avoir mal au ventre il a essayé vainement de la joindre. C'est finalement une amie, Muriel, habitant en Bretagne, qui s'est chargée de prendre RV chez un médecin. Son AVS, censée l'aider, s'est contentée de rester dans la salle d'attente pendant le RV

Ayant toujours mal au ventre il a ensuite redemandé de l'aide à son AVS : il s'est vu opposer un refus de la responsable de l'AVS de le ramener chez le médecin, pour éviter de le déranger à nouveau.

En voyant son état, Muriel a appelé cette "responsable", pour exiger que l'AVS l'amène chez le médecin. L'AVS, restant à nouveau en salle d'attente n'a pas pu aider Rom à s'exprimer sur ses douleurs, à parler. Le médecin n'a rien prescrit, à part un laxatif qu'il avait déjà prescrit la 1ère fois.

 

Sept ou 8 mois ont passé : des mois pendant lesquels Rom appelait au secours, essayait de joindre les personnes payées pour l'accompagner. Des mois pendant lesquels son cancer a métastasé vers le foie.

 

Véronique, une amie habitant Paris et qui le soutenait dans son quotidien depuis des années, malgré la distance, a fait venir Rom de Orléans à Paris pour voir son médecin personnel.  Elle ne s'est pas contentée de rester en salle d'attente.

Là où son AVS attendait que Rom ait le désir de s'exprimer et renseigner le médecin sur ses douleurs, elle a fait l'interlocuteur entre les deux ; elle demandé des examens complémentaires.

Le cancer a été diagnostiqué. Enfin..

 

 

Pauline Denis et sa responsable, Stéphanie Valette,  n'ont jamais demandé des nouvelles de Rom suite à son diagnostic. Elles ne sont jamais allées le voir durant ses 2 mois et demi d'hospitalisation. Pendant tout ce temps, Pauline Denis était rémunérée par l'état... C'est Véronique qui a du les informer du décès. Elles ne sont pas venues à l'enterrement.

 

 

Comme le disait si bien Rom dans sa chanson, elles l'ont considéré comme une chose. Elles ont pris de haut les informations que Véronique leur apportait sur le handicap de Rom. Au lieu de l'écouter, elles ont persisté dans cette approche de l'autisme qui consiste à attendre que la personne autiste ait le désir de ...de quoi ? de ne plus être autiste ?

 

Aujourd'hui, Véronique écrit au médecin de la MDPH d'Orléans. Vous pouvez lire sa lettre ici.  

 

Rom a été négligé, en tant que personne, en tant qu'être humain.

Il était en danger, et les personnes censées l'aider ne l'ont pas assisté.

 

 

 

 

 

 

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26 mars 2012 1 26 /03 /mars /2012 10:42

Témoignage d'une psychomotricienne sur le forum de Doctissimo

 

 

Je souhaiterais aborder le sujet de la formation des psychomotriciens concernant l'autisme. Il est de notoriété publique sur ce forum que toutes les écoles ne se valent pas en matière d'enseignement.

Je suis moi-même diplômée de l'école de Lille. Et de ça, je ne tire vraiment aucune fierté, bien au contraire. Si j'avais su qu'il existait de telles différences entre les écoles avant d'y entrer, j'aurais été passer le concours à Toulouse.

J'ai du supporter pendant 3 ans une panoplies d'inepties, des théories farfelues sans aucun fondement, et ce surtout dans le domaine de l'autisme. En 3 ans, nous avons eu quelque chose comme 1h de cours sur les méthodes ABA et TEACCH, et c'était sans grande conviction.

D'ailleurs, l'autisme était assez peu abordé, ce que j'ai trouvé fort dommage.

 J'ai été en stage dans un CMP, et la psychomotricienne était contrainte de faire de la pataugeoire, alors même s'il y a moyen d'utiliser l'outil physique (le bassin) sans y associer les théories, le bât blesse lors des réunions de synthèse où les vidéos de séances étaient reprise par un professeur D. souvent mentionné.

J'ai rencontré énormément de professionnels fermés à toute ouverture et je voulais donner un point de vue de jeune professionnelle pour témoigner du fait que le malaise n'est pas ressenti que par les parents

J'ai remarqué que certains parents fuient les psychomotriciens de notre école, ou des autres écoles enseignant majoritairement selon les théories psychanalytiques.

Heureusement, je ne suis pas du genre à gober tout ce qu'on me dit sans remettre en question la "science" citée et j'ai recherché un peu partout des renseignements, des témoignages de familles, j'ai notamment beaucoup fréquenté ce forum.

 

A la fin de mes études, je n'ai pas pu me résoudre à postuler dans les CMP et hôpitaux de jour du Nord de la France, de peur que les cadres tentent de m'imposer leurs théories à la noix et me forcent à faire du packing et de la pataugeoire.

 

Aujourd'hui, je cherche des solutions de formation pour pouvoir à nouveau travailler auprès d'autistes, pour pouvoir acquérir une expérience qui me manque terriblement.

Mais je souhaitais également poster ce message, pour que les familles qui nous fuient réalisent également que nous ne sommes pas que des "psychomotriciens de Lille" et qu'avoir été dans cette école ne signifie pas être d'accord avec ce qui nous a été enseigné.

Je vous remercie tous d'avoir contribué à ce que je garde une ouverture d'esprit sur ce sujet, de m'avoir permis de ne pas être aveuglée par les principes sans fondement qu'on tentait de m'inculquer. Et j'espère que ce sujet me permettra d'échanger plus directement avec vous, notamment sur les attentes que les parents ont envers la psychomotricité. Parce que pour moi il ne peut y avoir de prise en soin d'un enfant sans concertation avec les parents.

 

 

Une jeune psychomotricienne.

 

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24 mars 2012 6 24 /03 /mars /2012 19:53

Au docteur Hervé Bentata, qui répond à un interview le 19 Mars dans le site "non-fiction"

 

     

Qui sommes nous ?

 

Nous sommes des individus avec un cerveau qui fonctionne différemment du votre.

Nous avons des compétences que vous n'avez pas. Malheureusement vous n'êtes pas encore assez évolués pour les reconnaitre, nous aider à les exploiter et pour apprendre de nous.

Nous devons apprendre de vous, car nous voulons vivre parmi vous.

Votre façon d'être, vos façons de communiquer ne nous sont pas intuitives. Nous avons besoin d'apprendre , ce qui pour vous est inné.

Nous avons besoin d'être à l'aise avec que ce qui est inné pour vous : nous avons besoin que l'on nous apprenne comment faire, comment nous comporter, pour ne pas que l'on se sente rejetés, moqués par ce qu'on ne sait pas faire, ou mal faire.

 

 

De quoi avons nous besoin concrètement ?  

 

Une différence importante entre nous et vous, c'est que comme beaucoup de choses ne sont pas spontanées, il nous faut les répéter souvent. C'est ce que vous appelez du dressage : apprendre à un enfant comment réaliser une consigne complexe en l'apprenant étapes par étapes.

 

  • Vous avez appris à écrire en répétant des lignes de lettres, car l'écriture n'est pas spontanée pour vous.
  • Nous apprenons à nous comporter, parler, laver, s'habiller, en répétant les différentes étapes jusqu'à ce que ça soit "intégré', qu'on n'ait pas trop à réfléchir. Car ce n'est pas spontané pour nous.

 

Nous apprenons, dans un programme ABA par exemple,  à gérer nos émotions et à les exprimer, à jouer, à interagir, ..à être.  Cela nous rend moins stressé car petit à petit nous avons des outils qui nous aident à vous comprendre. Nous ressentons moins le besoin de contrôler l'environnement car nous pouvons le comprendre, le gérer autrement.

   Nous avons BESOIN qu'on nous apprenne comment faire : nous sommes CAPABLES d'apprendre.

 

 

De quoi n'avons nous pas besoin concrétement ?  

 

Ce que vous proposez ( thérapie psychanalytique ) ne nous convient pas. Vous avez des idées toutes faites, des idées qui viennent des théories sexuelles des psychanalystes. Vous interprétez nos moindres faits et gestes en essayant que ça rentre dans vos idées reçues. 

Pendant ce temps, vous nous laissez nous automutiler par ce que on ne sait pas quoi faire d'autre et que c'est sécurisant pour nous.

Pendant ce temps vous n'êtes pas avec nous.

Vous êtes seulement avec vos idées reçues. Vous ne vous comportez pas en individu voulant entrer en relation avec nous. Vous savez qu'entrer en relation avec nous pourrait modifier nos comportements, et vous ne le voulez pas : vous voulez que ça vienne de nous. Si on ne nous apprend pas à intéragir et communiquer, nous continuerons à crier, taper, nous auto mutiler, car nous ne saurons faire que cela.

Nous n'evoluerons pas avec vous. Mais peut être est ce que vous voulez ?

 

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23 mars 2012 5 23 /03 /mars /2012 19:41

Elsa, 22 ans, autiste Asperger

 

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Ma fille, a appris seule le piano il y a 3 ans.

La voici aujourd'hui, jouant Beethoven, sonate en Fm, opus 2,N°1, prestissimo

C'est peut-être anecdotique, mais toujours est-il que personne ne l'a beaucoup aidée à s'en sortir.

 

Je ne raconterai pas son histoire, c'est à elle de le faire si elle le souhaite et à qui elle veut. Je ne dirai pas non plus que j'ai été une mère modèle. Elle se faisait des scarifications à l'âge de 13 ans et je ne les ai pas vues. Il faut dire que je frappais avant d'entrer dans sa chambre et que je n'entrais pas dans la salle de bain quand elle prenait sa douche. Donc, je ne les ai pas vus, ses scarifications. J'ai vu son malaise. Seulement son malaise.

 

Je dirai que les psychiatres, psychanalystes et psychologues que j'ai rencontrés ne m'y ont pas beaucoup aidé et n'ont pas diagnostiqué sa particularité avant ses 22 ans (et encore, c'est elle-même qui fit la démarche !!).

 

Je lui fit rencontrer une psychologue dès l'âge de 7 ans. Nous venions de nous séparer son père et moi et je souhaitais qu'elle bénéficie d'un soutien extérieur pour traverser cette période de rupture.

C'était aussi une enfant solitaire, qui ne parvenait pas à se faire des ami-e-s, et qui élevait des escargots dans sa chambre.

 

J'ai eu droit depuis sa prime enfance jusqu'à sa majorité à ces divers diagnostics ( j'ai même eu droit à un "signalement" pendant un an car je refusais de l'amener aux urgences psychiatriques - ce que j'ai dû faire sinon je risquais jusqu'au placement en tant que "mère indigne" -> assistante sociale appelée par son collège ) :

- à 3 ans : une puéricultrice me signale qu'elle a des problèmes psychomoteurs, mais ne sait pas d'où cela vient. Et me dit que de toute façon elle est très intelligente (alors, y'a pas de quoi s'inquiéter ma brave dame).

- à 7 ans : c'est une artiste ! -> une psychologue

Puis,à l'adolescence :

- c'est une dépression -> un psychiatre

- c'est une borderline -> un psychiatre

- attention elle est au bord de la psychose -> un psychiatre

- elle doit prendre des neuroleptiques -> un psychiatre

- elle doit être enfermée à la clinique de Tournon (centre d'horreurs que je déconseille à tous les bordelais)

- "Vous être des parents INCONSCIENTS et IRRESPONSABLES, c'est vous qu'on devrait enfermer !" -> une psychiatre chef de service quand je signais une DEROGATION pour la SORTIR URGEMMENT de la clinique psychiatrique dans laquelle elle était enfermée depuis quelques jours sur ordre d'un autre psychiatre. On la bourrait de neuroleptiques. Sa voisine de chambre faisait tentatives de suicide sur tentatives de suicide. Et les gens dans le couloir déambulaient en bavant. Bref, je ne pensais pas qu'elle irait beaucoup mieux dans cet environnement. Donc on l'a sortie (nous fûmes d'accord avec son père, cette fois).

 

- J'ai oublié aussi de dire que son père est venue la chercher entretemps pour la confier à sa soeur. Il pensait que tous les problèmes d'Elsa venaient de moi (il a trop lu d'ouvrages psychanalytiques, certainement).

 

Ensuite, j'ai pu la faire intégrer un centre de jour dans lequel se trouvaient mêlés des ados en mal de vivre : toxicomanes, en fugue, suicidaires, etc... pour qu'elle puisse d'une part poursuivre sa scolarité, d'autre part rentrer à la maison tous les soirs.

Aujourd'hui, ça va mieux.

 

Cette année c'est l'année de l'autisme en France.

 

Nous sommes très en retard et le traitement des enfants autistes est une honte.

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23 mars 2012 5 23 /03 /mars /2012 09:12

Je suis un jeune adulte autiste de 23 ans. Jusqu'en 2009, je n'étais pas diagnostiqué,j'ai été rangé dans la catégorie des dysarmoniques évolutifs. Mes parents ont su que j'étais autiste en regardant Ray Man notamment pour les regards aux plafonds, le manque d'habilité sociale, les difficultés pour communiquer.

 

J'ai traversé toute ma vie,sans fautes scolaires,sans aucun aménagement spécifique jusqu'en 2008.Du primaire jusqu'au Baccalauréat tertiaire option comptabilité et finances, en passant par le brevet des collèges, l'énergie familiale a permit un bon investissements scolaire et à compenser le rejet social persistant.

 

Quand j'ai commencé mon cursus d'expertise comptable en classe préparatoire, mes difficultés se sont aggravées et même répétées : je suis parti chercher mes réponses un peu partout.

Je suis allé de cabinets de psys en psys,aucun n'a pu me diagnostiquer,me confortant ainsi face à un mur d'échec.

 

Que ne fut pas ma surprise quand je découvris sur internet l'existence du syndrome d'Asperger. En lisant l'article en question, c'était mon portrait tout craché et c'était plus ou moins le corollaire après ma naissance prématurée. Vent ensuite le livre de Tony Attwood, Ben X. Le diagnostic s'établira au CRA de Limoges,après une lettre récapitulative de mon parcours.

 

En même temps que mon diagnostic se précisait et que mes parents et moi même déculpabilisions,il a fallu mener de front le deuxième semestre. Dans la foulée,j'ai pu me trouver un stage chez une experte comptable bienveillante.

 

Conscient que le diagnostic et la reconnaissance MDPH n'était qu'une étape,il me fallait me trouver un endroit ou je puise poser des questions et progresser. J'ai pu ainsi connaître l'association SAtedi ou j'ai connu le président. La particularité de SAtedi : ceux qui décident sont TED et non pas NT ( Neurotypique, non autiste ) comme dans une majorité d'associations en France.

 

Au gré de mon acceptation,les examens se passent grâce à un tiers temps précieux pour les écrits. Le stage est un franc succès au prix d'un investissement intensif. Mon réseau s'enrichit du docteur Macé : spécialiste national du Syndrome d'Asperger.

 

Ma deuxième année se poursuit avec ses exigences d'assiduité et de travail accru. Je m'accroche autant que je peux, je met en place des stratégies très strictes pour me forcer à suivre le rythme. Le jeux vidéo call of duty modern warfare 2 ainsi que quelques musiques adéquates avec du sport arriveront à me faire passer le cap du 1er semestre. J'arrive même à faire mieux au deuxième semestre. Coup de maître de ma part,les UV les plus difficiles sont validés avec 10.75 points d'avance notamment en finance d'entreprise,comptabilité approfondie,droit des sociétés. L'informatique est validé au prix d'un travail acharné à l'aide de livres spécialisés. Je réalise mon stage dans un grand cabinet d'audit ou je me perfectionne un peu plus dans la tenue de comptabilité pendant un mois.

 

Quand à ma troisième année,elle se poursuit avec quelques turbulences: un enseignement en contrôle de gestion défaillant,un mémoire prenant et exigeant(ça use la finance),les évènements dans le monde arabe. L'environnement familial est un peu perturbé suite a certains choix de ma grande soeur.

 

J'arrive à valider mes derniers écrits au prix d'une préparation intensive et détaillée. Ma soutenance se passe très bien.

 

Je me met ensuite à chercher un contrat de professionnalisation pour mon master en comptabilité : les entreprises contactés se défilent tous par un "nous ne pouvons pas y donner une suite favorable".

Ce revers me déçoit et me met en colère : pourquoi moi, Asperger,je n'aurais pas de contrat alors que les autres ,neurotypiques,en auraient un?

 

Je dois me rendre à l'évidence:mon CV doit être revue et ma stratégie changée : la haute vienne ne peut pas répondre à mes demandes. Je vais alors sur des grandes villes, notament la région parisienne. Je démarche plusieurs écoles,j'obtiens plusieurs entretiens qui ne seront pas concluants pour diverses raisons" trop qualifié pour le poste", "pas le profil adéquate",etc...

 

J'essaie alors de me chercher un emploi de comptable. Je démarche plusieurs entreprises en faisant de nombreux allers et retour à Paris. Je tiens face aux tests de recrutements et aux consultants RH. Mais l'opérationnel ne me veut pas. Soit je suis trop spécialisé en finance,soit je ne suis pas assez expérimenté,soit on a préféré des candidats internes. J'ai été démarché lors de la semaine de l'emploi et du handicap ainsi qu'après l'évènement handiday.

 

J'essaie aussi la voie contractuelle du ministère des finances publics. Dix candidatures pour deux réponses positives et huit refus. J'apprend d'ailleurs que la majeur partie des postes sont pourvus par le concours.

 

Je n'ai pas parlé d'Asperger,ni d'autisme lors des entretiens.

 

Et puis je me suis trouvé un stage au service comptable d'une entreprise de santé que ma mère connaît via son travail de médeçin.

 

Que dire sur les traitements proposés?

 

D'une façon générale, j'observe beaucoup de gesticulations.

Des gesticulations de la part des tenants de la méthode psychanalytique,prouvée pour être inefficace depuis trente ans, invalidée internationalement, et qui plus est très coûteuse.

Des gesticulations des autres qui veulent dresser les autistes via des méthodes comportementales, pour se conformer à des normes.

Ces gesticulations ne permettent ni un débat serein,ni aux uns et aux autres de s'y retrouver. Mon expérience me démontre qu'avec un Syndrome d'Asperger, le travail sur le comportement ne doit pas être l'objectif. Il faut aussi que la personne s'épanouisse, exprime son potentiel, tout en arrivant à être avec les autres et non pas contre eux.

 

Je me souviens très bien de ces périodes déprimantes ou l'aspect comportemental était un objectif et le reste était ignoré. Il me fallait alors faire la distinction entre ce qui relève effectivement des impératifs sociaux et des impératifs personnels. L'arbitrage n'est pas évident surtout lorsqu'on est habitué au déni de soi même et aussi des autres.

 

La lecture d'ouvrages de sciences humaines peut aider pour comprendre pourquoi le monde d'aujourd'hui en est où il en est. Pourquoi nous demande-t- il en permanence de nous adapter sans nous permettre pas d'utiliser nos potentiels pour nous valoriser?

 

C'est ce que nous semble être ce monde,en apparence impitoyable et injuste. J'utilise alors ma curiosité,ma spontanéité pour découvrir les autres facettes : un monde qui évolue plus vite, des codes variables, certaines caractéristiques encore conservés.

 

Je me suis aussi tellement ouvert pour me confronter à la réalité que je me sens moins en retrait. Bien sûr mes traits qui font de moi quelqu'un quelque part "spécial" n'ont pas trop disparu.

 

Je suis arrivé là grâce à ma volonté d'aller de l'avant et de vivre et aussi grâce à mes parents,ma famille. Sans volonté ni envie de vivre malgré les nombreuses embûches,je en serais pas en vie aujourd'hui. Sans famille et parents actuel ? Peut être que j'aurais eu une vie sociale plus riche mais moins de possibilités scolaires...

 

Peut être que j'aurais été dans un autre pays ou qui sait un autre destin m'aurait attendu.

 

Quoi qu'il arrive,je veux vivre même neuro-atypique. Je ne vais pas céder aux embûches,ni aux caprices de la défaite,du renoncement. Je vais continuer de faire valoir mes intérêts d'aller de l'avant. Jusqu'a nouvel ordre en France,nous ne vivons pas en dictature. Dieu merci, si les hommes ne sont pas assez fou pour se massacrer entre eux, je ne risque rien. Tout au plus des réticences du monde du travail mais je les briserai avec de l'aide,c'est certain.

 

 

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19 mars 2012 1 19 /03 /mars /2012 10:05

J'ai lu hier dans l'express un interview du Psychiatre Hervé Bokobza, fondateur du collectif des 39

 

     Extraits de réponses commentées

 

  • Ces ( parlant des associations de parents) opposants sont en réalité très minoritaires et extrêmement militants.

 Nous sommes 200 associations, regroupant 30 000 familles. Nous sommes militants car nous ne voulons pas que notre enfant ait le même avenir que les enfants d'hier qui sont passées dans les mains des psychanalystes, et qui sont aujourd'hui en HP sous neuroleptiques, dépendants de tout, vulnérables.

  

  • Ils sont manipulés par le lobby des comportementalistes.

 Quelles preuves avez vous, sur quoi vous basez vous ? C'est de la diffamation.

  

  • ...des méthodes extrêmement violentes, importées des Etats-Unis[...] C'est du dressage.

Voila des propos extrêmement violents, et calomnieux. Allez voir des vidéos de cette méthode de jeux  dont vous parlez, et dites moi où est la violence ?

 

  • Ces professionnels jouent sur l'illusion.

 Ces professionnels apprennent aux enfants à être autonome, à ne pas se rouler par terre ou s'automutiler, à lire, à gérer leurs émotions...est ce que ces faits sont illusoires?

 

  • ...si les parents satisfaits de la psychanalyse ne s'expriment pas, c'est qu'ils ont honte

Honte d'avoir un enfant autiste ? Mais pourquoi auraient ils honte, ils n'en sont pas responsables. à moins que vous leur fassiez croire le contraire ? 

 

  •  Ces gens-là ne se posent aucune question concernant leur enfant. Ils refusent, par exemple, qu'on leur demande s'ils l'ont vraiment désiré.

 Encore de la calomnie, voire insulte....et pourquoi devrait on répondre à une question pareille ? Quel rapport avec le syndrome de l'autisme ?

 

  • C'est dans la relation avec l'enfant qu'il se passe quelque chose. Or cette relation n'est possible qu'avec la psychanalyse.

Relation du genre " poser ses fesses à coté de l'enfant et attendre qu'il se passe quelquechose." ? Du genre à attendre que l'enfant désire sortir du monde dans lequel il est ? Les psychothérapeutes non psychanalytiques ne peuvent pas avoir une relation avec l'enfant ? Et les parents, ils n'ont pas de relation ?  Vous affirmez des choses, en demandant qu'on vous croit. Vous vous prenez pour dieu ou quoi ? On vous a cru pendant des années, on voit ce que ça donne aujourd'hui en regardant les adultes.

 

  • Nous allons rentrer en résistance

Des personnes qui noyautent tout un système ( de santé ) et qui font pression régulièrement sur les parents, je n'appelle pas cela de la résistance, j'appelle cela de l'oppression. et nous, parents, continueront de résister, oui, résister, pour que notre enfant ait la possibilité de vous échapper.

 

  • La psychiatrie française, que le monde entier admire...

Alors là..il faut sortir de votre monde, il est temps.

 

 


 

Nous, parents d'enfant autistes et membres d'association, en avons plus qu'assez que nos associations représentatives soient assimilées au regroupement d'une élite de parents militants à la solde de lobbies comportementalistes. C'est de la diffamation !

Nous en avons plus qu'assez qu'on assimile le travail éducatif que les professionnels et nous parents menons pour aider nos enfants (à parler, à être propre, à manger avec une cuiller, à s'habiller seuls), à du dressage et à une forme de maltraitance. !

Nous en avons plus qu'assez qu'on attribue notre "problème" de parent d'enfant autiste à notre refus de parler du fait d'avoir désiré ou non notre enfant. Nous nous sentons insultés.

Tous ces propos sont honteux, prononcés par le porte parole d'un collectif de "médecins", donc de formation scientifique. Des médecins qui refusent d'être évalues.

C'est contraire au code de déontologie médicale.

Si ces personnes refusent la science, qu'ils aillent faire autre chose.

En attendant je demande aux associations de porter plainte pour diffamation

 

 

 

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