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30 décembre 2011 5 30 /12 /décembre /2011 14:28
4CartVoeuxCroCo 

   
 
Opération voeux 2012  
 
 Cartes de voeux à envoyer aux structures et professionnels ayant une approche psychanalytique de l'autisme
 
 
  • Vous voulez un diagnostic précoce, une prise en charge adaptée pour votre enfant ?
…mais les professionnels que vous avez recontré vous proposent au mieux d’attendre, tout en insinuant que vous êtes à l’origine du problème ?
 
  • Vous voulez que votre enfant reçoive de l’education , pour etre inséré plus tard dans la société ?
…mais tout ce qu’on vous propose est du soin, et une insertion à vie en Hopital Psychiatrique ou IME polyhandicap ?
 

Vous pouvez leur exprimer votre ras le bol !

Envoyez des cartes de voeux aux psychanalystes et aux structures et professionnels ayant une approche psychanalytique de l’autisme.
Une maman a réalisé 2 cartes de voeux types, disponibles ici ( 4 cartes par page )
 
 
  • Vous pouvez, durant la periode des fêtes :
Imprimer ces cartes 
Les mettre dans une enveloppe timbrée, adressée à des structures à approche psychanalytique ( CMP, Hopitaux de jour, IME SESSAD etc..) ou psychanalystes de votre choix

    Où trouver les adresses ?    

 

  •     Sur le site internet de votre MDPH ou CDA departementale
  •     Sur le site internet de votre CRA
 
  • Adresses d’instituts et hopitaux, CMP à Paris    
- Coordonnées de tous les centres spécialisés ( hopitaux de jour, IME etc..) de Paris
 - Coordonnées de centres à Paris et region parisienne
 
  

 

Tous ensemble, partout en France, nous serons plus forts pour faire réellement changer la situation de l’autisme dans notre pays.
 
Plus de détails ici :
http://www.soutenonslemur.org/ 2011/12/26/action-voeux-2012/
Merci de diffuser cette opération aux associations de parents, dans les forums...
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22 décembre 2011 4 22 /12 /décembre /2011 20:15
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21 décembre 2011 3 21 /12 /décembre /2011 10:12
Serge Christin

 
Psychologue en exercice dans le secteur Médico - Social
 
 
 

En tant que psychologue en exercice dans le secteur médico social depuis 1985 j’atteste que dans ce milieu, l’imposture psychanalytique, pratique verbeuse maladive qui défie la raison et tourne le dos à la science de façon délibérée depuis un demi-siècle, occupe encore aujourd’hui une place très largement dominante.
...
Durant toute ma carrière, j’ai lu et entendu l’immense majorité des « psys » français qu’ils soient modestes ou de renom, déblatérer le genre d’inepties prononcées dans le film « Le Mur » et que s’approprient sans esprit critique les éducateurs spécialisés, travailleurs sociaux et même des rééducateurs qui abandonnent les fondamentaux de leur métier pour se livrer à ce freudo-lacanisme qui abolit toutes les frontières de compétence.

Ce délire pseudo scientifique séculaire qui fait de la France, pays des Lumières, la risée du monde est encore le socle majoritaire de tous les enseignements dispensés notamment en psychologie, dans les écoles d’éducateurs et dans les centres de formation.

Je ne connais pas un domaine au sein duquel règne et se cultive une bêtise, une ignorance et un obscurantisme aussi consternants.

Je soutiens totalement Sophie ROBERT et « Autistes Sans frontières » pour « LE MUR » qui mérite la Palme d’Or du documentaire ainsi que les Associations et les personnalités scientifiques parmi lesquelles il y a des psychologues et des psychiatres éclairés qui en ont assez de voir le destin des patients livrés à ces charlatans.

Lorsque étudiant, j’étais stagiaire en Service Psychiatrique vers 1984, j’ai assisté à la pratique du « Packing » consistant à envelopper des enfants handicapés mentaux, déficients psychiques et autistes dans des draps et couvertures ayant trempé dans une baignoire remplie d’eau et de blocs de glace.

Nous étions tous les membres de l’ "équipe soignante" disposés en cercle et invités à dire tout ce qui nous passait par la tête, à observer l’enfant grelotter mais opérant une sorte de nouvelle naissance.

J’ai honte de ne pas avoir dénoncé cette pratique stupide et barbare dont j’entends dire qu’elle est toujours d’actualité.

Je fournis cette attestation à Sophie ROBERT pour qu’elle soit produite en justice et vous fais part de la honte que mon pays et ma profession m’inspirent même si j’aime passionnément mon métier.

 
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16 décembre 2011 5 16 /12 /décembre /2011 14:46

 


Mail adressé par Thomas Legrand à autistes sans frontières, au sujet du film "le mur ; la psychanalyse à l'épreuve de l'autisme"

 

Nom : Legrand

Prénom : Thomas

Email : t.legrand@gmail.com

Code postal : 75

Ville : Paris

 

Message :

 L'ensemble des commentaires de mères d'autistes ne montre pas une grande capacité à la remise en cause... Certes, le discours des psychanalystes ne doit pas être facile à entendre pour vous. Mais quand la seule réponse que vous leur faites est qu'ils sont fous, archaïques, dépassés par la science moderne, quand vous affirmez qu'ils accusent les

pauvres mères de tout et de son contraire, vous ne faites que confirmer ce qu'ils affirment : au début de l'histoire d'un enfant autiste, on trouve en général une mère rigide (incapable de la moindre remise en cause), utilisant son enfant pour réaliser ses propres fantasmes de toute-puissance.

 

Ce documentaire montre que le discours des psychanalystes est posé et construit. La documentariste avait préparé des questions dans le but de les déstabiliser. Il aurait été intéressant de voir le propre visage de la documentariste (qui reste caché...) quand elle s'aperçoit qu'aucune de ses questions n'a l'effet qu'elle espérait : tourner les psychanalystes en ridicule.

 

Mères d'enfants autistes, répondez une par une aux affirmations des psychanalystes, avec si possible, un discours aussi posé et construit que le leur. Quand vous ne faites que répondre par la moquerie, et la foi aveugle dans ce que vous appelez un "consensus" de la "science moderne" (consensus qui n'a jamais existé, ce documentaire ne fait que le prouver (à moins d'exclure par définition les psychanalystes du certificat de "scientifique moderne")), vous ne faite que confirmer ce qu'ils affirment.

 

Certes, le discours des psychanalystes est parfois intransigeant.

Demandez-vous pourquoi. A quoi est conduit un psychologue, un observateur neutre, quand il se retrouve face à des mères montrant tant de hargne? On ne

peut pas sauver un enfant autiste en demandant gentiment à sa mère si elle veut bien accepter qu'on l'éloigne un peu de son enfant en souffrance, en

lui demandant gentiment si elle veut bien se remettre un peu en cause. Si on n'est pas ferme avec ces mères hargneuses, l'enfant autiste n'a aucune chance de s'en sortir.

 

Dernière chose : s'il y a bien un discours ridicule, c'est celui de prétendre prouver que le discours adverse est faux avec un seul contre-exemple (la famille en forêt avec la mère gentille et dynamique sous

fond de musique douce et gentille). A ce petit jeu on peut opposer beaucoup d'autres exemples. Il y a moins de deux semaines par exemple, à Martigues,une mère dépressive tue son fils autiste et se suicide :

http://www.lemonde.fr/societe/article/2011/11/13/une-mere-de-famille-de-martigues-tue-son-fils-autiste-et-se-suicide_1603127_3224.html

 


La personne qui gère le blog "psychologie, mathématqiues et choses connexes" a répondu à ce mail - 18 Décembre

 

Autismes et sophismes

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16 décembre 2011 5 16 /12 /décembre /2011 10:53

Le film "le mur" a été projeté à Privas ( Ardeche ) projection organisée par l'association AFIS

 

Compte Rendu par Yann Kindo

 

Nous avons compté 63 personnes présentes, ce qui est vraiment énorme pour un endroit comme Privas.
Il me semble qu'on pouvait distinguer trois catégories dans le public :

 

  • des familles d'enfants autistes, notamment autour d'une association locale, Acabadom. Cela a été pour nous l'occasion de rencontrer Coralie et Anneke, qui sont intervenues dans le débat, et dont on voyait bien, aux visages approbateurs dans la salle, que leur parole « représentait » celle des autres parents peut-être moins à l'aise à l'oral. Du coup, c'est la première fois que je voyais des larmes couler pendant une conférence scientifique que j'animais.

 

  • des acteurs du secteur médico-social local, entre autres, si j'ai bien compris, de l'hôpital de jour de Privas, mais aussi des éducateurs travaillant dans d'autres structures, ainsi qu'une quinzaine d'étudiantes de l'école de moniteurs-éducateurs de Privas, incitées à venir par un de leurs enseignants, et très studieuses (elles prenaient des notes, il doit y avoir une interro dans l'air !)

 

  • le public plus habituel de ce genre de conférences, de type « classes moyennes intellectuelles de gauche »


Deux journaux sont venus couvrir l'événement : le Dauphiné Libéré et l'hebdo ardéchois La Tribune.


Les parents avaient sans doute joué un rôle de relais pour la promotion de la soirée : ils ont appelé le Dauphiné pour dire qu'ils seront présents et qu'il fallait couvrir l'événement, et j'ai retrouvé ce matin chez ma marchande de jeux un flyer que je n'avais pas laissé : elle m'a dit que quelqu'un en avait apporté plusieurs la veille et que des clients en avaient pris.


Nous avons récolté 81 euros pour financer la soirée, dont 44 de vente de numéros anciens de la revue (à un euro pièce). Un seul regret : nous n'avions pas en stock le numéro de « Sciences et pseudo-sciences » spécial psyK, c'est vraiment trop con !!!! Il faut penser à commander en grand nombre pas seulement les invendus des vieux numéros, mais aussi des exemplaires des numéros les plus récents.

La soirée a duré de 20h15 à 22h45. Nous avons d'abord projeté en introduction les 10 premières minutes du document de bonus du DVD, à savoir une présentation par une neurobiologiste de l'INSERM de ses travaux et des connaissances scientifiques actuelles sur l'autisme. Nous avons projeté ensuite « Le Mur » (52 mn), puis Sophie Robert a introduit le débat à partir du procès qui lui est intenté par trois lacaniens présents dans le film.


Je ne vais pas résumer tout le débat, voici mes impressions sur ce qui m'a semblé significatif :

La première intervention a été faite par l'association de familles d'enfants autistes pour dire à quel point ce film et sa projection locale étaient un soulagement pour elles, permettant de médiatiser un combat qu'elles mènent depuis des années. Toute la soirée, les parents ont été très virulents à l'égard de la psychanalyse et soutenaient le développement des méthodes comportementales. C'était à la fois affectif, du fait de ce que les familles subissent à cause du pouvoir des psychanalystes, dont les présupposés sur la toxicité des mères poussent à éloigner les enfants de leur famille (Sophie Robert a aussi témoigné de tous les courriers qu'elle reçoit depuis des semaines allant dans ce sens), mais aussi, j'y reviendrai, c'était très argumenté, et les associations de familles développent un discours « expert »


La plupart des autres interventions venaient des professionnels. Quelques-uns essayaient de relativiser la portée du film : « on ne voit que 10 psyK interviewés dans le film, les autres disent sans doute des trucs mieux » ; « la psychanalyse m'a sauvé la vie » ; « plutôt que de détruire la psychanalyse il faut l'adapter au progrès de la neurobiologie, qui d'ailleurs confirment les postulats de la psychanalyse »... L'intervenant qui a sorti ce dernier argument n'a pas aimé la réponse de Sophie Robert, qui a détruit l'exemple qu'il avait pris – la théorie de l'attachement- en montrant que c'était un contresens, et il est alors sorti (ses collègues de l'hôpital de jour son restés).


On a senti un grand malaise dans une bonne partie de la salle, du côté des professionnels du secteur, ou du côté des gens éduqués dans le bain intellectuel de la psychanalyse. Plusieurs disaient qu'il étaient très choqués par ce qu'ils venaient de voir, et qu'ils allaient devoir digérer ça. Personne n'a récité le discours lacanien sur « le comportementalisme c'est du dressage au service de l'ordre néolibéral alors que la psychanalyse c'est la défense de la liberté du sujet » [il n' y aura bientôt plus que dans l'Huma et dans la revue Contretemps que l'on pourra encore lire ce genre d'âneries et que l'on verra expliquer que le bilan de la psychanalyse est globalement positif]. On sentait du côté des professionnels une vraie gêne face au parents, en leur disant que « si, si, sans abandonner la méthode analytique, on s'y met, aux méthodes comportementales, on essaie de s'y former, mais les moyens manquent, etc. ». Sophie Robert et les parents ont expliqué que beaucoup d'institut affichaient une façade comportementaliste, parce qu'une loi de 2005 les obligeaient à développer ce type de méthodes, mais qu'en réalité c'est du saupoudrage contraint et forcé, et que la pratique restait essentiellement analytique, alors que les méthodes actives nécessitent une cohérence, un personnel en nombre et une pratique intense. L'inertie dans des équipes formées par les psychanalystes fait que des éducateurs voulant se former aux méthodes comportementales et les développer peuvent se retrouver en difficulté professionnelle (ce que confirmait une participante, qui avait l'impression de prendre des risques par rapport à son entourage professionnel en disant qu'elle voulait développer les méthodes comportementales. Elle a confié ensuite à Sophie Robert que sur la base de l'affiche, ses collègues lui avaient conseillé de venir voir le film en croyant que Freud et Lacan y seraient mis en valeur.).

Dans l'ensemble, j'ai vraiment eu l'impression ( je prend peut-être mes désirs pour des réalités, mais je crois pas) que le freudisme en avait vraiment pris un coup pendant cette soirée, et qu'on a assisté en direct à des débuts de déconversions.

Je suis intervenu vraiment une seule fois dans le débat, pour donner un point de vue plus marqué « AFIS », en passant rapidement sur le caractère pseudoscientifique de la psychanalyse et en insistant sur la nocivité du combat qu'elle mène contre la science, à partir de l'exemple du retrait de l'étude de l'INSERM sur les psychothérapies sous la pression du lobby freudien.


Je voudrais conclure sur ce qui ma plus marqué sur un plan personnel et intellectuel, Traditionnellement, à l'AFIS, nous sommes très méfiants vis-à-vis des ONG scientifiques et de l' « expertise citoyenne» , en défendant le service public de l'expertise scientifique, et plus généralement des expertises étiquetées « académiques » ou « institutionnelles ». Par exemple, sur la question des ondes électro-magnétiques, nous sommes très critiques vis à vis de la mobilisation « citoyenne » de Robin des Toits and co, en les caractérisant (à juste titre) comme obscurantistes et antiscientifiques.

Pourtant, sur la question de la psychanalyse, les choses sont très différentes. On voyait bien hier soir à quel point l'institution est encore marquée par une théorie obscurantiste et antiscientifique, et que ce sont les associations d' « usagers » (ici les parents) qui réclament plus de science. Dans le débat les parents m'apparaissaient plus « experts que les professionnels, qui étaient largement sur la défensive et incapables de ou peu enclins à défendre la pratique à laquelle ils avaient été formés. Une fois n'est pas coutume, ce sont les associations « indépendantes » qui défendent le progrès... en l'occurrence celui de leurs enfants face à une thérapie qui a explicitement renoncé à toute idée de progrès.


Aussi, pour une fois, je me suis senti en phase avec des associations réclamant un moratoire : celui sur l'usage de la psychanalyse pour prendre en charge l'autisme.

 

 

 

 

 

Yann

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15 décembre 2011 4 15 /12 /décembre /2011 14:19

charlie-hebdo.jpg

 Réponse de Magali Pignard

 

 

Bonjour
Je suis maman d'enfant autiste
j'ai lu avec consternation l'article ( 14 décembre ) de Antonio Fischetti
Vous parlez de guerre de tranchée sans une seconde vous demander d'où vient cette guerre.
Voila les faits :
- L'approche psychanalytique de l'autisme est invalidée par la communauté scientifique internationale.
- Seule cette approche est reconnue par l'état Français, et encensée par des journalistes ( scientifiques ?) comme vous.
- La psychanalyse est exclue de l'autisme dans tous les pays civilisés ( sauf la France )
- La France a 40 ans de retard / autres pays en matière de prise en charge des personnes autistes
( pointée régulièrement du doigt par le CCNE, condamné par le conseil de l'europe en 2004 etc...)
Je suis désolée, mais quand un professionnel se rend compte que son approche est invalidée, et dangereuse car conduisant à de la maltraitance ( pas de traitement pour un autiste = mal traitance ) , il doit se former aux approches qui ont fait preuve de leur efficacité et qui sont régulièrement évaluées.
Se former ou passer la main.
Vous parlez de neuropsychanalyse ( spécificité franco française ?)...bref : comment continuer à faire de la psychanalyse en faisant croire qu'on s'intéresse aux neurosciences...
ou comment continuer à se rendre presentable .
La neuropsychanalyse est une non-science.
C'est l'art de ne prendre que les exemples qui vont dans le sens de la théorie posée à l'avance, tout en écartant les exemples la contredisant.
  • En gros en neuropsychanalyse: un seul exemple permet de valider la théorie
  • Et en science : un seul contre exemple permet d'invalider la théorie
Impossible de faire coïncider les deux.
 
Ce que vous faites est grave : vous contribuez à la désinformation du public, en faisant croire que la guerre vient des parents. mais non elle ne vient pas des parents : la guerre vient de professionnels haut placés visiblement incompétents qui refusent d'admettre leur incompétence, qui continuent envers et contre tout ce qui se fait dans le monde entier à affirmer que l'autisme est une psychose etc...savez vous que la France est la risée des autres pays ? Je crois bien que vous ne contribuez pas à changer cela, bien au contraire.
En fait j'ai bien envie de faire traduire votre article et de le diffuser aux états unis...( ils nous suivent et le film  sera montré à la prochaine conference internationale de l'autisme à Philadelphie )
Vous vous pensez libre "ni dieu ni maître"...mais vous êtes finalement très conformiste.
Devoué à la psychanalyse ( ou neuropsychanalyse ce qui est pareil )
Magali Pignard - scientifique
Réponse de Carole Contaud
En tant que maman d’un petit Joaquim, 5 ans, diagnostiqué autiste il y a deux ans, je me permets d’apporter des précisions sur l’article d’Antonio Fischetti autour de l’affaire opposant Sophie Robert et les trois psychanalystes qui la poursuivent en justice afin d’interdire la diffusion de son documentaire, « Le Mur, la Psychanalyse à l’épreuve de l’autisme » (CH du 14 décembre).
 M. Fischetti insiste, à juste titre d’ailleurs, sur la culpabilisation exacerbée qu’exercent les thérapeutes d’obédience psychanalytique à notre encontre, culpabilisation qui se retrouve dans de nombreux commentaires rapportés dans le documentaire « litigieux ».
 Mais je regrette que vous ayez omis de préciser à quoi est due cette culpabilisation, ni ses conséquences du point de vue des thérapies que ces psychanalystes proposent.
Ces derniers rejettent en bloc les découvertes scientifiques récentes sur les causes neurologiques de l’autisme, pourtant admises par l’ensemble de la communauté internationale et par l’OMS, et considèrent que l’autisme est une psychose causée par une mauvaise relation à la mère.
Conséquences de cette définition erronée de l’autisme, la prise en charge que propose la psychanalyse est totalement inadaptée et ne permet à nos enfants aucune progression, que ce soit au niveau éducatif (en Grande-Bretagne, 70% des enfants sont scolarisés en milieu ordinaire, en France, ce pourcentage tombe à … 20% !), au niveau de l’acquisition de l’autonomie, du langage et des capacités motrices. Sans même parler de leur insertion sociale…

 Il existe des prises en charge qui ont fait leurs preuves, partout dans le monde, mais ces dernières ne parviennent pas à s’imposer en France où, malgré nos efforts pour les faire connaître, la thérapie de type psychanalytique est trop souvent imposée, que ce soit dans les CMP, les IME, les hôpitaux de jour et les instituts spécialisés.
La « guerre de tranchées » que M. Fischetti évoque à la fin de son article est une guerre spécifiquement « franco-française » et explique nos 40 ans de retard par rapport au reste du monde dans la prise en charge de l’autisme.
 C’est pour cette raison essentiellement que nous nous mobilisons pour soutenir Sophie Robert contre la menace de censure qui pèse sur son documentaire."
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14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 10:15

 

Analyse des affirmations de Mme Eliacheff

sur le Film « Le Mur : la psychanalyse à l'épreuve de l'autisme »

 

Emission  Les Matins de France-Culture du 7 décembre 2011

 

 

« Des personnes bien intentionnées, c'est bien pire que celles qui le sont mal »

 

Jacques Lacan, Séminaire XX, Seuil, 1973, p. 64.



1. Une trentaine de psychanalystes

 

« se sont fait rouler dans la farine »

 

Mme Eliacheff reproche à Sophie Robert de s’être présentée comme journaliste travaillant pour Arte, raison pour laquelleces analystes ont accepté d’accorder de longs interviews. Mme Eliacheff souligne que tous ces analystes ont « unerenommée nationale voire internationale ». Autrement dit, ce sont des experts des profondeurs de l’âme1.

 

Celui qui connaît bien les mœurs freudiennes et lacaniennes ne s’étonne guère de la naïveté de ces personnages de grande renommée. Freud lui-même, brillant théoricien et écrivain, manquait totalement de clairvoyance quand il s’agissait d’évaluer des personnes. Les deux disciples auxquels il a accordé les plus hautes responsabilités (Adler s'est vu nommé en 1908 Président de la Société viennoise de Psychanalyse et Jung, en 1910, Président de l'Association internationale de Psychanalyse) sont devenus des « dissidents » très peu de temps après leur nomination. Rank et Ferenczi, qui furent longtemps les disciples préférés après la rupture avec Jung, se sépareront également de Freud. Ils diront que « Freud n'avait pas plus d'intuition qu'un petit garçon » (cités par Jones2). Par contre, Freud s’est toujours méfié de Jones et d’Abraham, des disciples qui lui resteront fidèles jusqu'à la mort.

 

Moi-même j’ai été le premier assistant du professeur Jacques Schotte, à l’époque Président de l’Ecole belge de psychanalyse (l’équivalent belge de l’Ecole freudienne de Paris). En 1972, j’ai défendu ma thèse de doctorat sur Freud, devant un jury composé de quatre psychanalystes et un psychosociologue (c’était l’époque où, à l’université de Louvain, le feudo-lacanisme régnait souverainement). Le jury a trouvé que c’était tellement « brillant » (en fait, tellement conforme aux dogmes freudo-lacaniens) que deux ans plus tard j’étais nommé chargé de cours à temps plein à la Faculté de médecine de l’université de Louvain. Les professeurs qui m’avaient fait nommer étaient bien sûr des psychanalystes ou des gens favorables à ce courant (c’est le système de cooptation, assurant « la reproduction »3). Comment n’ont-ils pas vu que j’allais changer d’avis en 1979 et devenir ensuite très critique à l’égard des élucubrations et des mœurs freudiennes ?

 

L’autre assistant de J. Schotte, Michel Legrand, s’est avéré être d’abord, comme moi, un freudien convaincu, puis un critique acerbe de l’idéologie réactionnaire sous-tendant le freudisme et le lacanisme4. Là encore, le Président de l’Ecole belge de psychanalyse n’avait pas du tout compris qu’il avait affaire à un futur renégat.

 

Pour revenir à Sophie Robert :

 

ou bien elle n’a pas tendu un piège (elle en est arrivée au fil du temps, en toute bonne foi, à trouver le discours freudo-lacanien de plus en plus aberrant et inefficace),

 

ou bien elle a manipulé. Mais, si cette seconde hypothèse est la bonne, il faut reconnaître que tous ces analystes de « renommée nationale voire internationale » n’ont, pour reprendre l’expression de Férenczi et Rank, « pas plus d'intuition qu'un petit garçon ».

 

Quand un(e) journaliste prend contact avec moi, qui ne suis qu’un petit Belge sans renommée internationale, je prends toujours la peine de voir via Internet de qui il s’agit (cela ne prend que quelques minutes). Si son nom n’apparaît pas ou quasi pas dans le moteur de recherche, je lui réponds que je suis malheureusement trop occupé (j’ai en effet autre chose à faire que donner des interviews sans lendemain). Actuellement, plus de la moitié de mes patients ont tapé mon nom dans un moteur de recherche avant de me consulter. Ils me parlent, en passant, de documents qu’ils y ont lus à mon sujet. Aujourd’hui, la majorité des intellectuels ont le « réflexe Google » pour ne pas perdre leur précieux temps. Comment ces analystes, champions de la pensée soupçonneuse, voire paranoïde, ne se sont-ils pas méfiés ? En vérité, ils sont tellement convaincus de leur valeur, leur Moi est tellement gonflé, qu’ils se voyaient déjà glorifiés via Arte. On les comprend : avec France-Culture et Le Monde, Arte est le média par excellence de la diffusion de la doctrine psychanalytique pour les happy few.

 

D’autre part, Sophie Robert aurait-elle présenté un document orienté, qui aurait le droit de lui jeter la première pierre ? Ceux qui ont vu des émissions d’Arte sur Freud ou sur d’autres chaînes françaises ont pu constater que les réalisateurs orientent systématiquement les documentaires dans le sens des légendes freudiennes5. Pire : ils mentent sans vergogne. J’ai montré des années durant à mes étudiants un film d’Arte sur Freud où l’on voit Mme Roudinesco et Peter Gay présenter le cas d’Anna O. comme une réussite spectaculaire de la psychanalyse, alors que tous les historiens du freudisme savent parfaitement que « la cure par la parole » avait exacerbé ses troubles au point de devoir l’envoyer dans un institut psychiatrique.

 

Pour des détails sur Anna O, voir l’ouvrage tout récemment paru de Mikkel Borch-Jacobsen, le meilleur historien actuel du freudisme :

 

Les Patients de Freud. Ed. Sciences humaines, 2011, 224 p., 14 €

 

Pour un aperçu,

 

Taper dans un moteur de recherche : EDPH2277

 

puis cliquer sur « documents » et enfin choisir : Patiens_de_Freud.doc

 

Dès qu’il s’agit de venir en aide à un public dupé, exploité, ignorant ou naïf, victime des puissances d’argent et de pouvoir, on a le droit, si pas le devoir, de faire des documents qui aient une certaine force démasquante et même d’employer des méthodes comme la caméra cachée. Il en va ainsi pour la scientologie, l’astrologie et d’autres pseudosciences, parmi lesquelles le freudisme, le lacanisme et le kleinisme.

 

Il y a quelques jours, la première chaîne de télévision flamande a diffusé un long documentaire sur le sucre. On y voyait : d’abord une famille ayant décidé de ne plus consommer des desserts et des sodas pendant un mois, ensuite les différents méfaits du sucre, une apologie d’une petite plante (stévia) qui donne la saveur du sucre sans aucun des inconvénients du sucre de betterave, un professeur de l’université de Louvain, très convaincant, ayant fait des recherches sur cette plante, la dénonciation du lobby des producteurs de sucre de betterave qui avait entravé durant des années l’autorisation d’employer la stévia dans des biscuits et autres aliments. L’émission se clôturait sur des déclarations de la famille qui avait éliminé une grande quantité de sucre : le père avait perdu plusieurs kilos, l’aîné des garçons disait mieux dormir et les parents ajoutaient qu’il était moins nerveux. Aucun producteur de betteraves n’est apparu à l’écran. On peut trouver cela scandaleux, car que vont devenir ces braves cultivateurs de betterave si on remplace de plus en plus leur production par celle de la stévia ?

 

Si Sophie Robert est condamnée pour avoir fait un documentaire orienté, il faudra également condamner le réalisateur de ce documentaire sur le sucre, mais surtout quasi tous les journalistes qui interviewent des hommes politiques. On imagine facilement les politiciens, de gauche comme de droite, venir encombrer les tribunaux avec des histoires de « Castration » ou de leur propos.

 

 

 

2. Le soi-disant traficotage des interviews

 

Mme Eliacheff déclare :

 

« L’une de ses techniques [de Sophie Robert] a consisté à refaire hors champ une question concernant l’autisme en donnant comme réponse des phrases tronquées extraites d’un autre contexte. L’effet de ridicule est assuré mais plus grave, le message est inversé » (je souligne)

 

Sur quels faits précis Mme Eliacheff se fonde-t-elle pour affirmer que Sophie Rober a utilisé cette technique d’« inversion » ? Est-elle extralucide ? Elle ne donne PAS UN SEUL EXEMPLE. Il faut la croire sur parole.

 

Actuellement, très peu de personnes peuvent en juger. Pas même la juge au moment de présider l’audience du 8 décembre (elle n’avait pas encore visionné les rushes), pas moi et pas davantage Mme Eliacheff. En l’absence de l’examen approfondi des rushes, nous ne pouvons absolument pas en juger. Il me revient que, lors du procès, les plaignants n’ont PAS donné UN SEUL EXEMPLE CONCRET du procédé d’« inversion » qu’aurait utilisé Sophie Robert à leur encontre.

 

Mais pour Mme Eliacheff il s’agit d’une évidence. La mise en question de la doctrine et de la corporation ne peut être que l’expression d’une honteuse malhonnêteté.

 

 

 

3. Le trépied de Mme Eliacheff

 

Mme Eliacheff déclare :

 

selon S. Robert, les psychanalystes « sont les uniques responsables du retard pris par la France dans la mise en place de méthodes éducatives qui, elles seules, je dis bien seules, seraient efficaces. En réalité, ces spécialistes de l’autisme non seulement défendent, mais mettent en pratique un trépiedcomportant, comme l’un d’eux le résume, une approche éducative toujours, une approche pédagogique si possible et une approche thérapeutique si nécessaire ».

 

1° La France, en matière de traitement de l’autisme, a pris un retard considérable par rapport à la majorité des pays occidentaux. Son retard concerne également la psychothérapie et d’autres domaines médicaux. Le professeur Alexandre Minkowski, qui avait réellement une réputation internationale pour des recherches médicales de haut niveau, a décrit ce décalage de la France par rapport à d’autres pays, notamment les Etats-Unis. Pour prendre mieux la mesure des dégâts provoqués par dogmatisme des mandarins, j’invite le lecteur à taper dans un moteur de recherche : EDPH2277

 

puis cliquer sur « documents » et enfin choisir : Universites.US.versus.France.doc

 

2° Quant à recommander un « trépied comportant, comme l’un d’eux le résume, une approche éducative toujours, une approche pédagogique si possible et une approche thérapeutique si nécessaire », c’est peut-être le cas de « l’un d’eux » comme le dit Mme Eliacheff, mais ce n’est pas du tout le cas des autres. Pour confirmation, je renvoie aux parents d’enfants avec un trouble autistique et aux différents sites que des parents désespérés ont constitués pour s’épauler.

 

Ce n’est que sous la pression des événements ACTUELS que les membres de la CIPPA se sont empressés de faire le mois dernier des déclarations en totale contradiction avec ce qu’ils pratiquent réellement depuis des années et dont témoigne le film de Sophie Robert. Par exemple, Alexandre Stevens, l’un des trois accusateurs, est parfaitement explicite quant au refus de l’approche éducative des TCC :

 

« Dans le monde francophone, l’envahissement par les techniques cognitivo-comportementales est un envahissement nouveau, récent, mais très présent actuellement. La psychanalyse se bat contre cet envahissement, n’est-ce pas. Certain nombre de collègues, spécialement Jacques-Alain Miller, ont pris la tête de cette lutte, de ce combat, d’autres aussi dans d’autres mouvements, n’est-ce pas. C’est un combat très important pour maintenir vivant la dimension au fond de la subjectivité par... c’est-à-dire des singularités de chaque sujet par rapport au fond à cette idée comportementale du réglage par cases »

 

Le traitement de l’autisme illustre cette conclusion du célèbre épistémologue anglais, Frank Cioffi, qui a été un des premiers à mettre le doigt sur les mensonges de Freud (fausses guérisons, cas inventés, etc.) : « le mouvement psychanalytique dans son ensemble est l'un des mouvements intellectuels les plus corrompus de l'Histoire6 ».

 



 

4. Mais pour qui roule Mme Eliacheff ?

 

Mme Eliacheff déclare dans son émission :

 

« Mais pour qui roule Sophie Robert ? Pour une association de parents d’enfants autistes, “Vaincre l’autisme” qui mène depuis des années une véritable croisade d’intoxication contre les psychanalystes. »

 

En fait, le film se trouve sur le site d’« Autistes sans frontières ».

 

Mme Eliacheff ignore peut-être qu’il existe plusieurs associations, mais c’est très peu important.

 

Ce qui l’est infiniment plus, c’est de savoir pour qui roule Mme Eliacheff.

 

 

 

1èrehypothèse

 

Mme Eliacheff roule pour le lobby lacanien, puissant, riche (pensons seulement à l’immense fortune amassée par Lacan7 et héritée par J.-A. Miller, qui a fourni son avocat aux trois plaignants), un lobby omniprésent sur France-Culture, Le Monde et quantité d’autres pourvoyeurs de l’idéologie freudo-lacanienne.

 

Pour des illustrations de ce lobby, on lira avec profit l’article d’Esteve Freixa i Baqué

 

« Le pouvoir (pas le moins du monde occulte) des psychanalystes »

 

paru dans la revue Science et pseudo-sciences (n° 293). Disponible en ligne :

 

http://freixa.over-blog.com/article-le-pouvoir-pas-lemoins-du-mondeocculte-68132844.html

 

 

 

Ou encore, de Patrice Van den Reysen

 

« Lettre à la chaîne de télévision franco-allemande : ARTE » :

 

http://vdrpatrice.pagesperso-orange.fr/Arte.html

 

 

 

2e hypothèse, dans le style freudien : la fidélité à la mémoire de la mère

 

Mme Eliacheff est la fille de Françoise Giroud, qui a eu l’immense privilège d’être psychanalysée par Lacan lui-même, pendant 400 séances, à un prix d’ami. Il y a là de quoi vouer une reconnaissance éternelle au Gourou parisien.

 

Dans Leçons particulières, la co-fondatrice, avec J.-J. Servan-Schreiber, de L’Express, consacre huit pages à son analyse chez Lacan. En 1963, elle a entrepris ce traitement suite à une rupture sentimentale, très mal vécue parce que « l’homme qu’elle aimait avait préféré une autre femme ». A l’époque, elle était déjà amie de Lacan. Elle écrit : « Il n’est pas d’usage qu’un analyste traite quelqu’un de proche, mais il se moquait des usages. Je fus bientôt parmi ses patients » (éd. Le livre de Poche, 1990, p. 106).

 

Soulignons au passage que les dirigeants politiques et les journalistes — détenteurs du quatrième pouvoir — bénéficient toujours, chez les psychanalystes soucieux de la propagation de leur doctrine, d’un statut tout à fait particulier.

 

La journaliste de L’Express a manifestement bénéficié de grands privilèges. Elle écrit :

 

« Le prix, c'était à la tête du client. Il [Lacan] ne m'a jamais matraquée, peut-être par amitié. Certains ont rapporté qu'il expédiait ses patients en dix minutes8. Je ne suis jamais restée chez lui moins d'une demi-heure, toujours écoutée avec attention comme deux mots percutants, lâchés ici ou là, le montraient. Peut-être, dans ses dernières années, a-t-il étémoins scrupuleux, ou disons plus cynique, désenchanté » (p. 111).

 

A lire F. Giroud, on constate que le bénéfice de ses 400 séances se résume à deux choses : ne plus « crouler sous le poids des mots refoulés, des cris avalés, des conduites obligées, de la face à sauver, toujours cette sacrée face » (p. 105) ; « reconstruire avec un homme une relation harmonieuse et solide sur un nouveau diapason » (p. 109). Quelques années plus tard, elle répétera : « Quand la représentation que l'on se fait de soi devient insupportable, le remède est là. [...] Ne plus rougir de soi, c'est la liberté réalisée. C'est ce qu'une psychanalyse bien conduite enseigne à ceux qui lui demandent secours »9.

 

N’étant plus analyste freudien, je m’en tiendrai à ces hypothèses, sachant parfaitement qu’on peut en imaginer encore bien d’autres. Je m’abstiendrai d’affirmer la véritable motivation qui fait rouler Mme Eliacheff.

 

 

Jacques van Rillaer

 

Professeur de psychologie émérite à l’Université de Louvain-la-Neuve

 

& aux Facultés universitaires St-Louis (Bruxelles)

 

 

 

1 Tout à la fin de sa vie, Freud, une fois de plus, écrit : « La psychanalyse est une partie de la science de l’âme (ein Stück der Seelenkunde). On l’appelle aussi “psychologie des profondeurs” («Some elementary lessons in Psycho-analysis» (1938), rééd. dans Gesammelte Werk, Fischer, XVII, p. 14). Freud s’est défini comme un investigateur de l’âme et non comme un observateur du comportement. Pour lui, les comportements ne constituent pas un objet d’étude en soi : ils ne sont qu’un reflet mensonger et inintéressant des profondeurs de l’âme. De là, la négligence de la simple observation de comportements et l’élaboration d’interprétations délirantes, sous prétexte d’être le Champollion de l’Inconscient.

 

2 La vie et l'œuvre de Sigmund Freud, P.U.F., 1969, tome III, p. 198.

 

3 Aujourd’hui, à l’université de Louvain, le système a radicalement changé. Les commissions de nominations tiennent fortement compte de la valeur des recherches effectuées et des publications dans des revues de haut niveau. C’est ce qui explique que les nominations de psychanalystes deviennent de plus en plus rares.

 

4 Voir p.ex., M. Legrand, Psychanalyse, science, société. Maradaga, 1983, 280 p.

 

5 Pour une revue des principales légendes freudiennes, voir

http://www.mythesfreudiens.com/fiches.html

 

6 In C. Meyer et al., Le Livre noir de la psychanalyse. Ed. Les Arènes, 2005, p. 45.

 

7 Pour des témoignages sur l’assuétude de Lacan à l’argent et sur la pratique extraordinairement rentable des didactiques : taper dans un moteur de recherche : EDPH2277 - puis cliquer sur « documents »

et choisir les texte suivants : Argent.Lacan.doc — Argent.Miller.doc

 

8 L’analyse de Fr. Giroud s’est déroulée de 1963 à 1967, époque où Lacan pratiquait déjà les séances courtes, mais pas encore ultra courtes, ni les « séances zéro », où les futurs analystes lacaniens venaient simplement payer, quotidiennement, le privilège d’être membre reconnu par l’Ecole freudienne de Paris.

 

9 F. Giroud, Le nouvel Observateur, n° 1610, 14-20 septembre 1995. « Ne plus rougir de soi », s'estimer davantage : c’est un apprentissage que favorisent, avec raison, beaucoup de psychothérapies. Les thérapies comportementales et cognitives s'en sont fait une spécialité. Voir p.ex. F. Fanget : Affirmez-vous ! Odile Jacob, 2000, 222 p. — Osez. Thérapie de la confiance en soi. Odile Jacob, 2003, 288 p.

 

 

 

 

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4 décembre 2011 7 04 /12 /décembre /2011 19:02

Journal " De standaard" - Samedi 3, dimanche 4 décembre 2011, p. 21-22.

 

La psychanalyse est-elle une pseudoscience dangereuse ?

Le front antifreudien

Joël De Ceulaer

 

En France, une violente bataille juridique s’est engagée autour d’un documentaire dans lequel un certain nombre de psychanalystes de renom parlent avec assurance. Dans notre pays aussi, la lutte concernant l’héritage de Freud n’est pas encore tout à fait terminée.

Ce sont des journées de haute tension pour Sophie Robert. Jeudi prochain, la journaliste française entendra du juge à Lille si son documentaire Le Mur sera oui ou non interdit. Trois des psychanalystes qu’elle a interviewés, exigent cette interdiction parce qu’ils estiment que Robert a découpé et composé leurs propos de façon à les rendre ridicules. Robert réfute ces accusations et dit que toutes ces déclarations sont représentatives de la psychiatrie française d’aujourd’hui. « J’ai tout simplement fait mon travail » dit Robert. « Si le juge me condamne, c’est la fin de la liberté de la presse. Alors il ne m’est plus possible de travailler. Et du coup ce sera aussi la fin du débat sur la psychanalyse. Car c’est, bien entendu, ce que veulent ces psychiatres : rendre le débat impossible ».

Le Mur dure cinquante minutes et est actuellement facile à trouver — depuis dailymotion.com à youtube.com. Le documentaire est entièrement consacré à l’autisme, plus précisément à la façon dont les psychiatres français le traitent. Selon Robert, ceux-ci sont en retard de quarante ans. Elle est soutenue dans cette thèse par l’Association Autistes sans Frontières, qui proteste déjà depuis longtemps contre la manière dont les psychanalystes conçoivent l’autisme. « L’interdiction du documentaire est “une fatwa” », dit la présidente Delphine Piloquet. « La grande force du Mur est que toutes ces affirmations révoltantes sont faites par des psychanalystes eux-mêmes ».

Les psychiatres qui apparaissent dans Le Mur, parmi lesquels aussi le Belge francophone Alexandre Stevens, semblent ignorer totalement ce que la recherche scientifique a montré : l’autisme est un trouble du développement qui est l’objet d’études de recherches neurologiques. Même un non-expert voyant ce documentaire ne peut qu’être ébahi devant la vision nébuleuse, brumeuse, que présentent des psychanalystes de renom — une vision qui renvoie au penseur légendaire Jacques Lacan.

Résumé brièvement : l’autisme est, selon eux, une psychose qui apparaît chez un nourrisson qui se referme sur lui-même pour se protéger contre l’invasion du monde extérieur. C’est surtout la mère qui porte une lourde responsabilité : l’enfant court un risque important de devenir autiste si elle est trop froide ou trop distante, ou si elle souhaite la mort de son bébé au cours de la grossesse. Ou encore des choses de ce genre. « Bah, dit en riant le psychologue belge Jacques Van Rillaer, professeur émérite à l’UCL, n’essayez pas de comprendre, c’est inutile. J’ai moi-même été lacanien et j’ai passé des milliers d’heures à chercher à comprendre. Et cela ne m’a pas réussi. En définitive c’est très triste. Je me souviens encore du temps où je voyais les parents d’enfants autistes quasi comme des malfaiteurs. Quant à ce que j’avais appris à cette époque de gens comme Lacan, c’était pour moi le catéchisme.

 

Un enfant dénié

Selon Jacques Van Rillaer, le film de Sophie Robert est assurément représentatif de l’état de la santé mentale en France. « Il y a dans ce pays encore plus de cinq mille analystes lacaniens, parmi lesquels des centaines ont été formés par Lacan lui-même. Mais une bonne partie d’entre eux n’a même jamais étudié la médecine ou la psychologie. En Belgique aussi l’influence de Lacan est encore très forte. Il y a une série de psychiatres et de psychologues qui ont reçu une formation à Paris, à L’Ecole de la Cause Freudienne, dirigée par le gendre de Lacan ». Van Rillaer trouve que ces psychanalystes forment une sorte de secte. « Je les compare à des Musulmans fondamentalistes. Bien évidemment ils ne sont pas aussi dangereux, mais ils sont presque aussi fanatiques. Et ils continuent à raconter les choses les plus folles. Les théories de Lacan sont basées sur le langage. Lacan disait que les jeux de mots sont “la clé de la psychanalyse”. J’ai connu un lacanien qui a dit à une femme qu’il n’était pas étonné que son fils avait des problèmes : elle l’avait appelé Denis. Selon cet analyste, en lui donnant ce nom, elle avait laissé entendre inconsciemment qu’elle n’avait pas désiré son fils, qu’elle l’avait déni-é. Si vous allez en thérapie chez des gens comme cela et que vous souffrez d’un véritable problème, vous courez assurément le risque de voir votre problème se compliquer.

Le psychanalyste Alexandre Stevens qui, avec deux collègues français, a introduit une plainte contre Sophie Robert, dirige dans le Hainaut un Centre résidentiel pour des enfants ayant des problèmes psychosociaux : Le Courtil. Hélas, malgré des tentatives répétées, il nous a été impossible d’obtenir de lui une réaction pour le présent article. Nous avons réussi à avoir deux fois en ligne, longuement, la psychologue flamande Nathalie Laceur, qui travaille au Courtil et qui connaît donc très bien Stevens. Mais elle aussi refuse de réagir : elle ne veut rien dire sur Le mur, ni sur le procès, ni même sur les critiques générales faites depuis longtemps à la psychanalyse.

En fait, ce conflit fait rage depuis longtemps. Au cours du XXe siècle, la psychanalyse, élaborée par Sigmund Freud il y a cent ans, a éclaté en une diversité d’Ecoles. Chacune avec son maître à penser — les noms les plus importants étant Alfred Adler, Carl Gustav Jung, Mélanie Klein et bien sûr : Jacques Lacan.

Que ces penseurs aient aujourd’hui encore tellement d’impact dans des cercles académiques, exaspère des gens comme Griet Vandermassen, philosophe et membre de Skepp, le Cercle d’étude pour l’évaluation critique des pseudosciences et du paranormal. Récemment encore, dans la revue de la pensée laïque De Geus, elle a publié un article très critique sur Freud et ses disciples. Elle y évoquait un sujet de discorde au sein de l’université de Gand. Il y a d’un côté des philosophes comme Vandermassen, Johan Braeckman et Maarten Boudry. Se trouve de l’autre côté notamment l’auteur et professeur Paul Verhaeghe, qui dirige une unité de psychanalyse et de consultation psychologique à la faculté de psychologie.

 

Conflits entre professeurs

Le débat est actuel. Un de ces jours doit paraître dans le Moniteur une offre d’emploi de chercheur pour l’unité de Verhaeghe. On cherche explicitement quelqu’un qui a l’expérience de la recherche empirique dans le domaine de la psychothérapie. Ceci suscite des résistances chez les sceptiques. « La psychanalyse était dès le départ une pseudoscience, écrit Vandermassen dans le numéro de septembre de De Geus. S’en tenir à ce cadre de pensée apparaît de plus en plus absurde lorsqu’on est informé de la croissance rapide des connaissances scientifiques sur le fonctionnement mental des humains et que l’on sait, par ailleurs, ce que la critique historique a dévoilé sur la manière dont Freud a travaillé. Freud a des mérites. C’était un excellent raconteur d’histoires et un écrivain doué. Il a contribué à répandre l’idée que nous ne sommes pas aussi rationnels que nous le croyons et il a fait de la sexualité un sujet moins tabou. Il a popularisé la thérapie verbale — mais ce n’est pas lui qui l’a inventée — et il a un grand impact culturel. Tout ceci ne signifie pas que sa théorie est valide. »

D’ailleurs ce n’était guère possible, écrit Vandermassen : « Le manque d’intégrité scientifique de Freud est saisissant. Il ne modifiait jamais ses théories en fonction de critiques ou de réfutations, mais seulement quand bon lui semblait. Les disputes internes n’étaient pas résolues par des débats, mais par des scissions. Aujourd’hui encore, la psychanalyse se caractérise par des luttes internes et des divisions ». Et du point de vue scientifique, elle laisse à désirer : « Il n’y a pas de développement d’hypothèses, pas de mises à l’épreuve expérimentale, pas d’utilisation de groupes de contrôles ».

Les psychologues, mais aussi les philosophes et les autres universitaires qui continuent à prendre au sérieux la psychanalyse doivent prendre la peine de réfléchir à ceci, conclut Vandermassen : « Une formation universitaire doit apprendre aux étudiants comment se défendre contre la pensée pseudoscientifique au lieu de l’encourager. Il faut enseigner aux étudiants comment démasquer les pseudosciences au lieu de les y plonger avec insistance ».

Paul Verhaeghe, connu notamment pour son livre, récemment paru, Het einde van de psychotherpie [La fin de la psychothérapie], a répondu par un article dans le numéro de novembre de De Geus, qu’il a signé avec deux jeunes collègues : « Les critiques formulées à l’encontre de la psychanalyse sont de l’ordre d’un préjugé et non de l’ordre de la critique scientifique ». Verhaeghe estime que des sceptiques comme Vandermassen forment un chœur de personnes prévisibles et mal informées : « Ce qui n’est pas clair, c’est si les membres de ce chœur ont une quelconque expérience clinique et/ou s’ils ont eux-mêmes réalisé des recherches empiriques. Le degré de simplisme et d’arguments bancals qu’avancent les critiques flamands de la psychanalyse ne nous rendent pas nostalgiques des cours de logique de leurs prédécesseurs, mais nous font retourner avec bonheur à l’œuvre de Leo Apostel et à la façon dont il a pu réserver une place à la psychanalyse dans la philosophie d’aujourd’hui ».

 

« Efficacité démontrée »

Renseignements pris, on apprend que Paul Verhaeghe n’est pas combattu au sein de la faculté de psychologie. Hors enregistrement, on vous fait tout de même cette critique qu’un psychanalyste parmi des psychologues est comme un astrologue parmi des astronomes. Mais personne ne vous le dit tout haut. Et l’estime paraît plus importante que la critique. Ceux qui travaillent dans l’unité de Verhaeghe doivent — comme tout universitaire — être capables de mener des recherches empiriques qui répondent aux critères de la méthode scientifique. Celui qui ne parvient pas à publier dans des revues de haut niveau n’est plus pris au sérieux. Verhaeghe est considéré comme l’homme qui a réussi, à l’université de Gand, à faire de la psychanalyse une discipline empirique.

Autrefois, dans les années septante et quatre-vingts, les tensions entre les psychologues gantois étaient parfois très vives, se rappelle le professeur émérite André Vandierendonck. « Le professeur Julien Quackelbeen était un vrai lacanien », raconte-t-il. « A cause de lui, la psychanalyse est restée longtemps le cadre de pensée dominant à Gand. Je partage les critiques de philosophes comme Griet Vandermassen. Du point de vue scientifique elle a parfaitement raison : la psychanalyse est une pseudoscience. Pendant longtemps, il n’était pas permis de tester les idées de Freud. Le maître avait toujours raison. Avec Lacan, c’était encore bien pire. L’homme racontait du pur non-sens, ses théories étaient réellement néfastes. Ceci a donné lieu, dans les années septante et quatre-vingts, à beaucoup de tensions au sein de la faculté ».

Aujourd’hui ce n’est plus le cas, dit Vandierendonck. « Je comprends parfaitement que des personnes se demandent si la psychanalyse a encore sa place dans une faculté de psychologie. En même temps, je suis convaincu que la faculté a toujours le souci de voir si l’on fait correctement du travail scientifique. Verhaeghe est l’homme qui a mis ce processus en route. Son unité a beaucoup évolué ».

Tout de même, c’est un bien petit monde que celui de la psychanalyse. Ainsi Nathalie Laceur ne travaille pas seulement chez Alexandre Stevens au Courtil, elle est également assistante pour des travaux pratiques dans l’unité de Paul Verhaeghe — mais sur ce point elle préfère ne rien dire au téléphone.

Paul Verhaeghe veut bien nous recevoir. Il ne veut pas réagir au film « Le Mur » (« Je n’ai pas vu le film »), il ne veut pas davantage parler du traitement de l’autisme (« ce n’est pas ma spécialité »), mais il veut bien encore réagir aux critiques incessantes des sceptiques. « Pour commencer, dit-il, “la” psychanalyse ça n’existe pas. De plus, je pense pouvoir faire moi-même de meilleures critiques à Freud que celles que font des gens comme Vandermassen. Dans mon unité, on fait des recherches qui paraissent dans des revues de haut niveau. L’efficacité de la psychanalyse a déjà été plusieurs fois démontrée. Malgré tout, il y a encore des personnes qui attaquent Freud de façon infantile. C’est une tarte à la crème ».

Selon Verhaeghe, un glissement de paradigme s’est opéré en psychologie au cours de la décennie passée : « Le modèle de la psychologie clinique a été remplacé par le modèle des sciences du comportement ». Avec toute une série de conséquences, dit-il : on utilise à tort et à travers des étiquettes — songez seulement à l’épidémie du trouble déficit de l’attention avec hyperactivité — et l’impact de l’industrie pharmaceutique sur la santé mentale est énorme. « Je propose que ces philosophes moralistes protestent plutôt contre cela », dit-il en ricanant. « En fin de compte, c’est ça leur mission ».

 

Du divan au prozac

Autrefois tout le monde passait par le divan. Aujourd’hui tout se monde se met au prozac. Sur ce point, Walter Vandereycken, psychiatre et professeur à l’université de Leuven [université de Louvain flamande], donne raison à Verhaegen sur un point. « Depuis des années, il y a en effet une lutte entre le courant psychanalytique et les sciences cognitives du comportement », dit l’auteur de Psychiaters te koop [Psychiatres à vendre], le livre dans lequel il dénonce l’impact de l’industrie pharmaceutique. « Mais en Flandre cette lutte appartient en grande partie à des temps révolus. Les sciences du comportement sont surtout une tradition anglo-saxonne. Cela explique que c’est surtout le monde francophone qui se cramponne à la tradition psychanalytique. En France, on n’a pas été capable ou on n’a pas voulu suivre ces chercheurs anglophones. »

« A cela il faut ajouter, dit Vandereycken, que la psychanalyse séduit fort les jeunes, parce qu’elle fournit un cadre de référence attrayant. Elle donne à penser, et pas seulement au psychologue. Vous trouvez chez des auteurs comme Freud et Lacan comme toute une vision du monde. Vous entendez parfois des étudiants dire que la thérapie comportementale a moins de profondeur ».

Selon Vandereycken, les parents flamands ne courent plus le risque d’entendre des psychiatres leur faire endosser la responsabilité de l’autisme de leur enfant. « Chez nous, fort heureusement, c’est devenu impensable. »

Si la France est prête à un renouvellement et à des formes de psychothérapie fondées scientifiquement, c’est ce que l’on le verra après le jeudi 8 décembre à Lille, quand le juge aura prononcé son jugement sur Le Mur de Sophie Robert. Comme il est absurde qu’un juge semble devoir prendre parti, indirectement, dans une dispute scientifique : en plus de la question de la liberté de la presse, toute une vision du monde est en jeu.

 

 

Traduction : Jacques Van Rillaer

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3 décembre 2011 6 03 /12 /décembre /2011 15:32

           

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Les parents d'enfants autistes, soutenus par la communauté internationale, se rassembleront contre l'interdiction du film "Le mur ; la psychanalyse à l'épreuve de l'autisme"
  •  Le 8 Décembre à Paris, 14h devant l'Ecole de la Cause Freudienne ( ecole des plaignants ) - 1 Rue Huysmans 75006
             En présence de Florentine Leconte, la femme d'Henri Leconte                   
            
  • Le 8 Décembre à Lille, 14h, devant le tribunal de grande instance - 13 Av du peuple Belge

 

 

 Arriver en avance sur les lieux , à 13h30 - Organisation
 
 
  Nous voulons construir un mur avec des briques en mousse ou carton, ou briques de lait...et sur ce mur afficher les photos de nos enfants.
Chaque personne peut apporter          
                       
- une brique en mousse, ou autre..
- une photo  format A4 ou A5 ( plus petite ) de votre enfant , plastifiée.
 
si jamais le mur est trop petit pour afficher les photos, on pourra  par exemple perforer en haut la photo et la faire tenir sur la fermeture eclair de votre manteau avec une épingle à nourrice ( un peu comme les forfaits de ski..)
- ciseau, colle, patafix, scotch, perforeuse, epingles à nourrice.
           

Chaque personne peut imprimer plastifier une ou des affiches , pour en faire des panneaux ( à mettre sur du carton et attacher à un baton en bois )

Les affiches ont visibles ici ; https://picasaweb.google.com/100095587500375682952/5Decembre2011#

 

 

 
            mag-avec-photo-de-julien.JPG
              
                     
                     
Contact rassemblement Paris : Béatrice Bolling Tel : 06 88 24 64 14 @ : beabolling@yahoo.fr

Contact rassemblement Lille : Arnaud Ribert Tel : 06 77 14 78 13 @ :arnaud.ribert@yahoo.fr

 

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2 décembre 2011 5 02 /12 /décembre /2011 20:29

Article paru sur le site de l'observatoire de zététique

Documentaire « Le Mur ou la psychanalyse à l’épreuve de l’autisme » : les psychanalystes jettent le masque

 

 

 

« La psychanalyse n'est pas une science. Elle n'a pas son statut de science, elle ne peut que l'attendre, l'espérer. C'est un délire — un délire dont on attend qu'il porte une science. On peut attendre longtemps! Il n'y a pas de progrès, et ce qu'on attend ce n'est pas forcément ce qu'on recueille. C'est un délire scientifique. »
Article Ornicar ? de Jacques Lacan, dans le Bulletin périodique du champ freudien, 1978, 14, p. 9.

« Le point fondamental de mon attitude en tant qu'analyste c'est le fait d'abdiquer l'idée d'une progression. »
Un psychanalyste dans « Le Mur ou la psychanalyse à l'épreuve de l'autisme »

Dans un reportage de 52 minutes intitulé « Le Mur ou la psychanalyse à l’épreuve de l’autisme » [1], (Océan Invisible Production), destiné à faire le point sur la conception psychanalytique de l’autisme, Sophie Robert recueille les conceptions de dix pédopsychiatres et psychanalystes [2], dont quelques-uns parmi les plus grands spécialistes français.

Trois des psychanalystes interviewés, appartenant à l'École de la Cause Freudienne, assignent Sophie Robert en justice et demandent de faire interdire la diffusion du film [3]. Un article paru dans Rue89, le 4 novembre, analyse les termes de l’assignation et met en évidence les manquements à la loi auxquels se sont livrés les plaignants, comme de demander par l’intermédiaire de leur avocat les rushes, ce qui est une « atteinte au secret des sources des journalistes » protégé par la loi du 4 janvier 2010. [4]

Si Jacques Lacan est lucide lorsqu’il affirme que la psychanalyse est un « délire scientifique », comment se fait-il que, 33 ans plus tard, les psychanalystes refusent encore d’abandonner leur vision pseudo-scientifique de l’autisme ? Comment se fait-il qu’ils refusent de reconnaître contrairement à la communauté scientifique internationale, que l’autisme est un trouble neurologique d’origine probablement génétique, qui entraîne un handicap dans la relation sociale, qu’il y a « des » autismes et non pas « un » autisme, qu’il faut parler plutôt de « troubles envahissants du développement » et non pas, comme ils le soutiennent, de « psychose », résultant d’une prétendue « toxicité maternelle » et relevant de la psychiatrie ? Le documentaire de Sophie Robert tente d’apporter quelques éléments de réponse à ces questions en s’appuyant sur le discours des psychanalystes eux-mêmes.

Avant Bruno Bettelheim et sa théorie psychanalytique de l’autisme, Kanner et Asperger s’étaient interrogés sur la possible origine organique de l’autisme.

En 1943, Léo Kanner avait décrit l’autisme comme un trouble affectif de la communication et de la relation n’atteignant pas l’intelligence. Il avait reconnu qu’il s’agissait d’un trouble inné dont les parents ne pouvaient être jugés responsables. En 1944, Hans Asperger, convaincu d’une origine organique de l’autisme, avait émis l’hypothèse que les troubles autistiques sont des « psychopathies » pouvant aller « de la débilité au génie ».

Bruno Bettelheim rompit avec cette conception organique et imposa une conception psychanalytique de l’autisme. Se fondant sur son expérience des camps de concentration, il avait établi une analogie entre les prisonniers des camps et l’enfant autiste. Celui-ci aurait, selon lui, reçu de ses parents, et principalement de sa mère, le message inconscient selon lequel tout le monde se porterait mieux, s’il n’existait pas. En réponse à ce message, l’enfant « choisirait » de s’enfermer dans une « forteresse vide », titre de son ouvrage (1967) consacré à ce problème.

À la fin des années 60, la psychanalyse perd sa suprématie un peu partout dans le monde, sauf en Argentine et en France où elle trouve paradoxalement un nouveau souffle sous l’influence d’un psychiatre charismatique, Jacques Lacan.

Les psychanalystes interviewés par Sophie Robert confirment la survivance de cette conception. Répondant à ses questions, ils reprennent en chœur les grands thèmes chers à Bettelheim, Lacan, Klein, Dolto… Ils développent, pour rendre compte des troubles du langage, de la communication et de l’expertise sociale de la personne autiste, les thèmes psychanalytiques de la « mère frigidaire », de la « toxicité maternelle », de la « mère vorace et castratrice » (cf. l’analogie avec le crocodile au début du film qui symbolise le « ventre de la mère », les « dents de la mère ») de la « folie maternelle », de la « mère incestueuse », de la « mère mortifère », etc. La mère est d’après eux toujours « trop » : trop froide, trop chaude, trop vide. Pour résumer, la maternité est psychogène par nature. En face d’elle se dresse « la loi du père » qui lui interdit jouissance et inceste !

Lorsqu’on leur demande comment ils conçoivent l’attitude psychanalytique auprès de l’enfant autiste dont on sait que la thérapie est fondée sur la parole, alors même que parole et communication sont handicapées chez ces patients, l’un d’entre eux ne craint pas de dire : « Disons que quand on reçoit un enfant autiste, on pratique une psychanalyse qui est une pure invention. On se trouve en face d’un sujet qui, la plupart du temps, ne dispose pas du langage. ». Un autre : « […] avec un enfant autiste, j’en fais très peu. Très peu, ça veut dire quoi ? Que je pose mes fesses, que je me mets à côté de lui et j’attends qu’il se passe quelque chose, et j’oublie, j’essaie d’oublier tout. […] » Et quand on les interroge sur les résultats qu’ils attendent de la psychanalyse, l’un répond : « Je ne peux pas répondre à ça. Ce n’est pas une question de psychanalyste, ça ! » Et un autre : « En attendre ? Le plaisir de s’intéresser à une bulle de savon. Je ne peux pas vous répondre autre chose. »

En contrepoint de ce discours psychanalytique, Sophie Robert a interrogé, dans deux vidéos « Bonus », Monica Zilbovicius, psychiatre, directrice de recherches à l’INSERM (Unité INSERM 1000, Hôpital Necker, Paris). Avec une grande sobriété, celle-ci décrit les avancées de la connaissance scientifique dans ce domaine à l’aide des outils, tels que les mesures de flux sanguin dans le cerveau, l’ « Eye Tracking » ou « tracé du regard », et l’IRM qui permet de détecter l’anomalie de structure dans le cerveau des enfants autistes dans la région temporale supérieure (sillon temporal). Elle dit : « Nous sommes donc dans la recherche sur le cerveau. »

Monica Zilbovicius confirme donc que l’autisme n’est pas une psychose, que le tableau de psychose est très spécifique de rupture de la réalité avec des hallucinations et des idées délirantes. Cela, dit-elle, ne concerne pas du tout la problématique de l’autisme.

Dans le film « Le Mur », le discours des psychanalystes s’interrompt par moments pour laisser place aux témoignages de familles touchées par l’autisme de leur enfant, comment elles ont organisé leurs vies pour donner à leur enfant les moyens de progresser grâce aux programmes TEACCH, PECS et ABA, qui s’appuient sur les sciences cognitives et comportementales. Ces programmes ont été mis au point depuis plus de 30 ans aux États-Unis mais sont très peu développés en France, essentiellement à cause du combat que les psychanalystes mènent contre eux. L’un d’entre eux dit : « Dans le monde francophone, l’envahissement par les techniques cognitivo-comportementales est un envahissement nouveau, récent, mais très présent, actuellement. La psychanalyse se bat contre cet envahissement. »

Les psychanalystes refusent de reconnaître l'avancée des connaissances scientifiques sur l'autisme et empêchent les programmes fondés sur les neurosciences de se développer en France. Les parents d’enfants autistes et les enfants autistes paient lourdement leur obstination. L’un des psychanalystes interviewés le dit clairement : « Dans le monde francophone, l’envahissement par les techniques cognitivo-comportementales est un envahissement nouveau récent mais très présent actuellement. La psychanalyse se bat contre cet envahissement, n’est-ce pas ? Un certain nombre de collègues, spécialement Jacques Alain Miller, ont pris la tête de cette lutte, de ce combat. D’autres aussi, dans d’autres mouvements. C’est un combat très important pour maintenir vivante la dimension de la subjectivité, c’est-à-dire des singularités de chaque sujet par rapport à cette idée comportementale du réglage par case. » Et un autre psychanalyste de conclure : « Donc le dialogue avec les neurosciences, c’est pas simplement nous-mêmes nous informer du résultat et de faire valoir que ça ne change pas ce qui est notre pratique fondamentale, c’est aussi d’essayer de pouvoir faire vivre l’humanité sans avoir de trop grands espoirs dans les différentes bonnes nouvelles qui sont publiées tous les jours et qui sont faites pour essayer de maintenir justement un taux de bonnes nouvelles dans un environnement où on en a fort peu. »

Le film « Le Mur ou la psychanalyse à l’épreuve de l’autisme » est un bon moyen de faire connaître au grand public les obstacles, « le mur », auxquels se heurtent ceux qui sont concernés par l’autisme. Souhaitons que la plainte de ces trois psychanalystes ne freine pas une nouvelle fois les progrès dans la connaissance de l’autisme et dans le développement des structures nécessaires pour accueillir et socialiser les enfants qui en sont atteints. [6]

 

Brigitte Axelrad

 

Notes :

[1] En totalité, Sophie Robert a interrogé une trentaine de psychanalystes et conduit 27 interviews. Elle a fait appel à des chaînes télévisées pour leur vendre une série de plusieurs fois 52 minutes et, finalement, elle a obtenu une aide d’Autistes sans frontières pour aboutir au documentaire « Le Mur ou la psychanalyse à l’épreuve de l’autisme » de 52 minutes, diffusé depuis septembre sur le site de l'association et téléchargeable aussi sur Vimeo. Pour empêcher les autres volets de voir le jour et pour interdire la diffusion du Mur, trois psychanalystes ont porté plainte contre elle, et l’ont assignée à comparaître devant un tribunal le 8 décembre 2011.

[2] Les psychanalystes interviewés étaient : Dr Alexandre Stevens PsyK ECF – Psychiatre en chef de l’institution Le Courtil à Tournai. Prof Pierre Delion PsyK – Chef du service de Pédopsychiatrie du CHU de Lille. Dr Geneviève Loison PsyK lacanienne – Pédopsychiatre référent – Lille. Prof Daniel Widlöcher PsyK – APF – Ancien chef du service de psychiatrie – Hôpital de la Pitié Salpêtrière – Paris. Dr Aldo Naouri Pédiatre – Analyste – Essayiste. Prof Bernard Golse PsyK APF - Chef de service de pédopsychiatrie de l’Hôpital Necker de Paris. Esthela Solano PsyK ECF Psychologue clinicienne. Yann Bogopolsky PsyK Kleinienne. Laurent Danon-Boileau Linguiste MODYCO CNRS PsyK SPP Centre Alfred Binet Paris. Eric Laurent PsyK ECF Enseignant formateur en PsyK.

[3] Voir l'article sur le site de Rue 89 Autisme : « Le Mur », docu qui dérange des psys français.

[4] La loi du 4 janvier 2010 est accessible sur le site legifrance.gouv.fr

[5] Voir les dossiers et articles publiés sur le site de l'OZ : « L’autisme, énigme pour la science et cible pour la pseudo-science », « Le packing, la camisole glacée des enfants autistes » et « Le « packing » confirmé par le Haut Conseil de la Santé Publique ! ».

[6] Autisme.info a réalisé une interview de 23 minutes de Sophie Robert disponible en ligne sur Dailymotion. Dans le Cercle Psy (Sciences humaines) du 23 novembre 2011, Sophie Robert a été interviewée par Jean-François Marmion.

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